LA POLITIQUE DE M. FRANÇOIS COPPEE
aïeux*. Et toujours, comme les vrais bourgeois de Paris, il repousse avec violence tout ce qui nous vient de l'étranger, les mots anglais, les mets exotiques, les modes et les mœurs américaines. Vive le haricot de mouton de nos grand'mères ! Vive la musique de Boïeldieu! 11 déclare (non sans raison) que la moitié des spectateurs qui vont écouter la Wal/^yrie ont Tair de s'y pâmer par snobisme, mais n'y entendent goutte et s'y ennuient ^ Et il proteste contre cette admiration de commande. Et il épanche sa mauvaise humeur sur Wagner, sur Ibsen, sur Mœterlinck, sur les Norvégiens, les Suédois, les Flamands qui tournent la cervelle aux jeunes littérateurs.
Le poète. — Il ne saurait disparaître, fût-ce au cours des brûlantes polémiques. Il surgit çà et là, entre deux lamentations sur les maux du siècle, et module un air de flûte infiniment agréable. Tantôt il chante la mélancolie des cloches bretonnes, conviant à la prière les veuves et les filles des pêcheurs :
Sonnez, sonnez, cloches de Bretagne! C'est vous qui avez raison. Sonnez pour appeler les pauvres, malgré leurs faiblesses et leurs vices, et pour leur parler de repentir et d'espéranee! Dites-leur qu'il est une miséricorde supérieure à la justice et toujours prête à leur pardonner leurs fautes. Sonnez dans vos clochers à jour.
\. Mon franc parler, p. 107.