CHARRIER
« Il n'y a plus de
« Vous croye la vôtre : Vous ne vi comme nous faisions. - Vous le sou ! comme ni — Vous ave nous avions ios lionnaire de la \ du
comme nous ; l'hérédité comme nous. — Voilà pour les ressemblances. Voulez-vous passer aux différences ? — Notre ostentation avait quelque grandeur, notre impertinence quelque grâce ; nous avions d'autres convictions que notre intérêt ; enfin, nous ne payions qu'un impôt, j'en conviens, mais c'est le seul que vous ne payez pas, vous autres.... l'impôt du sang (4). »
« L'honneur n'existe plus, vous l'avez avantageusement remplacé par la légalité. Il a bien encore dans sa juridiction la dette de jeu; mais que la loi la reconnaisse, et l'honneur restera les bras ballants devant le Code, comme l'ancienne machine deMarly devant la nouvelle (2).... Le duel n'est pas de votre temps. Mettez-vous tout bonnement sous la protection de la loi. Elle est admirable,laloi ! Elle n'admet pas le diffamateur à la preuve du fait î ... . (3) L'argent est l'unique divinité de l'époque ; quant à moi, j'adore l'argent partout où je le rencontre: les souillures humaines n'atteignent pas sa divinité ; il est parce qu'il
(i) Les Effrontés, p. 17.
(ï) Les Effrontés, p. 20.
(3) Les Effrontés, p. 25.
- ISfi est.... — De mon temps ce n'était qu'un demidieu Ce qui m'amuse dans votre admirable
Révolutionc'estqiiVlli'W' s'e t pas aperçue qu'en abattant la noblesse, elle abattait la seule ch qui pût primer la richesse. Quatre-vingt-neuf s'est fait aux profits de nos intendants et de leurs petits ; vous avez remplacé aristoci I ploutocratie: quant à démocral vide de sens tant que vous n'aùn Mi.
comme ce brave Lycurgue. une m l'ai-
rain trop lourde pour qu'un puiss avec. »
Enfin, pour terminer ce triste tabl sociétéqui manque, selon le ni ; iité.de grandeur,d'honneur,de de politesse, et il pourrait ajouter de jetons-lui un dernier repr lui de ra
rialisme, d'athéi gée i
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Il y a malheureusement du vrai, beaucoup de vrai dans ces critiques de la civilisation moderne, mais elles porteraient plus juste si, au lieu d'être faites au nom d'un régime déchu, du privilège des anciennes castes, elles l'étaient au nom do l'avenir, de la liberté, de l'égalité, du progrès.
En résumé, le personnage du gentilhomme, tel que l'ont façonné les écrivains modernes, doit son principal éclat au privilège delà naissance, privilège d'où semblent nécessairement découler aux yeux du spectateur moderne le courage brillant, l'héroïsme chevaleresque, l'honneur, l'esprit fin et délicat assaisonné d'ironie, le goût des belles choses, le désintéressement. A ces qualités très-réelles joignez le regret du passé , le mépris du présent, un orgueil indomptable, l'amour du plaisir et de la prodigalité, et vous aurez le Léandre moderne, le type favori de l'époque actuelle en matière dramatique.
Ce type, quelque bon accueil qu'il reçoive du public, quelque choyé, l'été et carrosse qu'il puisse être par les écrivains de nos jours, ne me semble rien porter en soi de réel, de sérieux, de durable. Il ne représente la vérité, ni pour le présent, ni pour l'avenir. Ses traits principaux sont empruntés au passé, et une société
vivante doit trouver h elle mêm • ' ■ (en de l'homme idéal que sa lii1 rature m ■' on relief et pro ose pour modèle.
Le héros d'une époque, tra siècle, hors du milieu dans lequ toujours déplacé, si c s n'es! ridic et Amadis de se trora
lieu, '!';' pelle
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si parf comme des i véritable de l'homme dramatique, il est enc rons pins loin de quelle lacune cetl c d' m :
en rapport avec :
dans notre théâtre n
Le Bourgeois.
En parlant du gentilhomme, j'ai exposé les causes de la décadence de la bourgeoisie, je n'y reviendrai pas.
Je me bornerai à faire observer ici que, par un de ces enfantements prodigieux qui sont le fait du génie, Molière a créé d'un seul coup dans M. Jourdain le prototype de tous les ridicules, de tous les défauts, de tous les vices du bourgeois.
La gentilhomanie, tel est le fléau de la classe bourgeoise, telle est la cause unique et peut-être irrémédiable de sa décadence, de sa chute.
Les qualités, les vertus de la bourgeoisie, celles qui constituaient sa raison d'être, étaient l'amour du travail, la simplicité de la vie, l'esprit de progrès, l'indépendance du caractère.
En s'alliant aux vieilles choses, aux vieilles
institutions , aux vieilles idées, le liuurgeui i renié ses vertus, abjuré ses mérites, pour k faire sottement le champion d'une cause qui n'est pas la sienne : il est devenu l'aile gauchi' d'une urinée dont la noblesse forme l'aile droite et le clergé la tête.
Si, du moins, dans cette alliance, dans cette coalition le bourgeois était admis sur la pied d'égalité I mais il n'en est pas, il ne peut p \s en être ainsi; ses soi-disant alliés; le prêtre et le noble, sous peine d'abdication, doivent cun>erver la prééminence : à l'un l'infaillibilité! le droit divin, à l'autre le privilège de la nais ance. Il ne reste au bourgeois que l'honneur de marcher en si illustre compagn e et de ver îub-
sides.
Le bourgeois a bien parfois le sentiment de cette situation humiliante et comique; delà une certaine irritation pa alliés et
des velléités accidentelles d'indépendance, mais au fond il craint tellenftnl ' i e trouver seul, il a un tel amour des lisières béni,- . t arm u avec lesquelles on le dirige, qu'à la première menace de ses alliés il fait silence dans les ran. marche au pas de Riarge pour le triompha d bonne cause.
Chose triste à dire, ce fameux tiers, qui devait être tout, et qui finira par n'être rien, courbé aujourd'hui sous le triple joug du clergé, du gouvernement et des préjugés, a complètement abdiqué et abjuré. Par crainte de ce même peuple dont elle a été si longtemps la fidèle alliée et comme la tête, la bourgeoisie, renonçant à son initiative propre, renie sa pensée, celle de l'Encyclopédie, répudie ses propres principes, ceux de 89, et n'a plus de foi que dans l'absolutisme, le privilège et la superstition. Pour résumer notre pensée en deux mots, la classe intermédiaire iend à disparaître : il n'y a plus désormaiqu'une classe supérieure et une classe inférieure, la bourgeoisie se meurt, la bourgeoisie est morte. I! devait en être ainsi, puisqu'elle n'a plus de raison d'être, puisqu'après avoir écrasé les castes dominatrices, elle prend ajourd'hui main leur cause et relève leur drapeau.
Que d'humiliations, de dégoûts, de déboires subit le bourgeois dans le cours de cette latte qu'il soutient contre lui-même, dans cette série de stériles efforts auxquels il se condamne pour s'élever vers les sommets où trône cette noblesse, objet éternel de ses aspirations, de sa convoitise.
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rtin de la Besnardie Sarthe. II se toujours, grâce a::
héraldique, pour mystères et qui, moyenna nables. auroi généalogique. Si vou exemple, ils vous , de;: d'un certain Hui i Pereims et d'A pif e moiselle Moul tonneau, baron de Gon auprès du roi Louis X \' i
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celui qui n'ose pas renier le nom de son père, une façon naturelle de se rapprocher de la noblesse, c'est de choisir un gendre titré. La chose est toujours facile si l'on peut offrir une dot de quelques millions, et c'est ainsi que l'on voit les plus belles fortunes de France, les plus laborieusement acquises, aspirées successivement par la pléiade altérée des jeunes fils de famille assez heureux pour avoir hérité d'un titre sonore et suffisamment authentique.
Il y a donc non-seulement honneur, mais encore profit très-réel à être gentilhomme : la jeunesse de nos jours ne le sait que trop et ne se gêne pas toujours pour le dire tout haut. Si la bourgeoisie a hérité des privilèges de la noblesse, celle-ci à son tour hérite de plus en plus de l'esprit mercantile du bourgeois :