‹ La comédie moderneChapitre 5 sur 6 · ESTELLE · texte numérisé non relu

ESTELLE

Oui, j'eus quelques malheurs, la Bourse a dévoré

Tous les amis en qui j'ai le plus espéré;

Aussi, pour éviter les coups de cette espèce,

J'en prends un à la hausse et prends l'autre à la naisse (i) .

Que deviennent au milieu de tout cela le prestige de la femme, 13 bon ton, la politesse, la courtoisie, lés égards? Hélas! il n'en saurait être question, et les femme- s'en plaignent avec autant de raison que d'amertume :

Est-ce que nous avons aujourd'hui quelque empire 1 C'était bon autrefois : — Je me suis laissé dire Qu'on s'occupait alors des femmes, qu'on tâchait De leur paraître aimable, et qu'on les recherchait. En ces temps reculés, qui semblent des chimères, On parle des salons où trônaient nos grand'mères ; Leur vœu fut un arrêt, leur parole une loi ; Leur sourire, le prix de ce galant tournoi;

(1) La Bourse

On dit que le respect prof s femmaa

Avait poli les mœurs, sans amollir les "unes, Et que c'était le temps di Qui faisaient accomplir les grande Alors régnaient aussi les ails, que l'on Lédaig Les arts, associés toujours à uotre régne ; On mettait à causer d'un livre, d'un tabl D'un marbre, à discuter les principes du ! La même ardeur qu'on met, en dix-huit cent du A discuter les cours et causer de la n ;r Pleurons l'amour ! l'amour est tué par le jeu

Le jeu flétrit les nobles instincts; tons le

sentiments généreux, la chaleur, l'élan, l'enthousiasme, disparaissent à son eonî

Je crois que l'air mauvais qu'

Des instincts généreux peut ai i

Que le contact de l'or enlève ;'i ce)

Ce duvet délicat, jeunesse de l'honneur,

Et qu'un fruit se corrompt, quand une main gi

Déflore le velours de sa fine po

C'est par là qu'à mes yeux, la B

Plus que par tout l'argent qu'on y peui

Une perte d'argent se répare et s'oublie;

Maisqui réparera la noblesse avilie !

Veut-on maintenant connaître 1»' portrait du gentilhomme de Bourse, du type idéa de I>on

(I) La Iiount

ton et d'élégance, tel que le conçoivent les spéculateurs ? Voici sa description faite par un Faiseur à un jeune novice qui demande à se former :

Allez chez mon tailleur ; ayez une voiture ; Achetez des chevaux qni soient de race pure ; Nommez votre jument miss Horn ou miss ïhunder ; Parlez du sport, du turf, en gentleman-rider ; Donnez de bons soupers ; causez de toute chose, D'un air froid, dédaigneux, la bouche à moitié close; Tournez en ironie et les grands sentiments Et ces stupidités qu'on nomme dévoùments; Point de convictions ; rien n'est si ridicule, Mon bon; l'enthousiasme est d'un esprit crédule. Rien n'est bien, rien n'est mal pour qui sait réfléchir ; 11 ne faut de l'ardeur qu'à vite s'enrichir. N'étudiez jamais ; la journée est trop pleine Pour employer une heure à quelque étude vaine ; Vous seriez plus savant, mais mal coiffé parfois, Et pourriez oublier de vous montrer au bois. De l'aplomb, de la morgue; et ma foi, je veux n'être Qu'un sot, si dans un mois l'on vous peut reconnaître. Vous serez, en tout point, gentilhomme accompli.... Sauf en un seul ; vraiment c'est un étrange oubli. C'est là l'essentiel... Soyez des nôtres. Ça soir, venez souper avec Estelle et d'autres; Nous aurons Maria; si vous vous entendez, Rien ne manquera plus aux titres demandés (1).

(i) La Bourse*

Du reste, cette vie de faciles plaisirs, de débauches, d'émotions factices n'empêche onger au mariage et de caresser l'heureo pective d'une dot :

On va de la maîtresse à la riche ht i :

Oh! la dot! mais chez nous on n'en fait pas litière;

Nous ne ressemblons pas aux fats du temps j i lis,

Qu'emportait le plaisir, en jeunes éto irdis;

Non, non; dans nos excès, notre humeur po3iti\ .

Caressa d'une dot l'utile perspective :

Nous allons à l'orgie, oui , mais sans passions,

Et mêlons la débauche aux spéculations.

L'homme fait la femme : tel amant, te I tresse, et à cette profession de foi d'un gentilhomme de Bourse, sa maîtresse, Estelle, répond

avec indignation :

Les galantes façons! Cette aimable jeunesse

Donne aux femmes le temps que la Bourse lui

Telles sont les ardeurs donl ils sonl enflamm

Et puis ils se plaindront '!>• n'être ;

De quel front osez-vous , cœurs glacés que voi

Nous reprocher i s mœurs

Pourquoi flétrissez- vous, d1)n I I

La fille corrompue et non le c :

Et cependant, quel esl le plus digne de bl

Du riche libertin qui marchandi m

Ou de celle q-ù, riche, eût chastement vécu, F>t, pauvre, cède à For par qui tout est vaincu. Voas engouffrez chez nous, dit-on, voire fortune ; Oh ! l'on peut sur ce point être sans crainte aucune Voiïs n'êtes pis enclins aux prodigalités : C'est en agiotant que vois vous endettez , Et, hasardant des fonds qui ne sont pas les vôtres. Quand vous vous ruinez, vous ruinez les autres (t).

Chacun désire ce qu'il n'a pas. Le besoin de considération ronge, dévore les spéculateurs. Malgré lout le bruit qui se fait autour d'eux, iis savent, à n'en pas douter, la médiocre estime dont ils sont l'objet et cette pensée ne laisse pas que de troubler leur triomphe : «Je voudrais, dit Jean Giraud, de la Question d'Argent, je voui arriver à me faire une autre société que relie que je vois. Le matin, ça va encore : il vient des hommes à peu près comme il faut, pour que je leur fasse gagner de l'argent; car l'argent est l'argent, voyez-vous; ça attire toujours;... mais ces gens viennent chez moi comme ils vont chez ieurs maîtresses : en se cachant. Quant à ceux qui viennent ouvertement me visiter, et même qui se vantent de méconnaître, il faut voir ce que

(\) Bourse, acte H, se. i.

c'est!... un tasde bonshommes qm me boi mon vin, qui fument mes cigares, quim'em] i tent mon argent et qui détournent Flora d devoirs: et les lettres qu'on m'écrit, et les qui ont fait des découvertes el qui veulenl s'aa socief avec moi : et le chantage du suicid qui vont se poignarder si je ne leur envoie 10,000 francs; et les aveux que je recoi infamies dontjesuisleconfident!...Non... il n'y a qu'un homme qui a fait fortune tout à coup qu' puisse savoirce qu'il y a d àParis(4). »

Et si ailleurs ce même Jean Giraud, oubliant les inconvénients de sa position , déclare l'homme le plus considéré est celui qui plus, et ajoute que ce qui prouve le mieux la p sance de l'argent, c'est qu'un eelle où iise trouve, accidentellement ait eu la patience de l'écouter si longtemps, lui, le fils d'un jardinier, qui n'a d'autres titres à c qu'une grande fortune, il s'attirera la leçon vante de la part de M. deCa monde, un véritable hon/ièl pense que les théories de M. Giraud sort n

(\) Question d'Argm', acte 11

seulement dans le monde où M. Giraud a vécu jusqu'à présent, qui est un monde de spéculation dont le but unique doit être l'argent. . . A mesure que vous entrerez dans le monde qui vous est à peuprèsinconnu, monsieur Giraud, vous acquerrez la preuve que l'homme qui y est reçu n'y est reçu que pour sa valeur personnelle. Regardez ici, autour de vous, sans aller plus loin, et vous verrez que l'argent n'a pas cette influence que vous lui prêtez. Voici Mme la comtesse Savelli, qui a 500,000 francs de revenu, et qui, au lieu de dîner avec des millionnaires qui assiègent son hôtel tous les jours, vient dîner chez M. et Mme Durieu, de simples bourgeois, pauvres à côté d'elle, pour le plaisir de se trouver avec M. de Gharzay, qui n'a que i,000 écus de rente, et qui, pour des millions, ne ferait pas ce qu'il ne doit pas faire ; avec M. deRoncourt, qui a une place de 1,500 francs, parce qu'il a abandonné toute sa fortune à des créanciers qui n'étaient pas les siens, et qu'il pouvait ne pas payer ; avec Mme de Roncourt, qui a sacrifié sa dot au même sentiment d'honneur et de solidarité Maintenant, monsieur Giraud, si nous vous avons écouté si longtemps, c'est que nous sommes tous gens bien élevés, ici, et que, d'ailleurs, vouspar-

liez bien; mais il n'y avait là aucune flatterie pour vos millions, et la preuve, c'est qu'on m'a écouté encore plus longtemps que vous, moi, qui

n'ai pas, comme vous, un billet de mille ti à mettre dans chacune de mes phrases 1 1). »

Et ce pauvre M. Roussel, de Ceinture dm a spolié ses actionnaires, il a réduit àla Faillite des entrepreneurs, en leur retirant tout à coup un crédit sur lequel ils comptaient, puis profitant de leur désarroi, il a tacheté à vil prii l'immeuble construit par eux ! M. Roussel est certes bien un honnête homme, la loi était poui lui, il a gagné tous ses procès, et cependant il voit refuser la main de sa fille par un pauvre gentilhomme dont l'éclat du nom sans tache aurait rejailli sur le sien.

« Ce qui me sépare de mademoiselle rotre fille, lui dit M. de Trélan, c'est sa dot plus encore que votre réputation. La mie assez pure pour braver le contact de la vôli si vous étiez pauvre; mais je deviendrais le complice de votre fui tune en la partageant. On peut sacs honte tendre la main à un homme

(i) Question d'argent, acte!

d'une réputation... douteuse, mais non à son argent. » Sur quoi Roussel, resté seul, s'écrie : « Les bras m'en tombent ! C'est un échappé des Petites-Maisons ; le meilleur est d'en rire. Voilà que je ne suis pas un honnête homme, maintenant, moi qui ai trois millions 1 II est drôle, ce monsieur I (Se tournant vers la porte par oh est sorti Trélari) : J'avais le droit pour moi, entendez-vous ! Je me suis toujours conformé aux lois de mon pays! Jesuis en règle; si vjus n'êtes pas content, allez vous promener, idiot t ... Ma parole, il y a des gens pour qui l'on n'est honnête qu'à la condition de mourir pauvre !... »

Cependant, du moment qu'une voix venue du dehors a réveillé la conscience assoupie de Roussel, Fin fortuné millionaire n'a plus de repos, sa vie devient un supplice : parle -t- on devant lui d'une fortune mal acquise, il croit qu'il s'agit de la sienne; chaque allusion à une friponnerie lui semble un fait personnel ; partout il voit des allusions blessantes, la considération se dérobe sous lui , et par-dessus tout il tremble que sa fille ne s'aperçoive de quelque chose, ce coup-là le tuerait, elil donnerait maintenant toute sa fortune pour avoir perdu ce maudit procès qui Ta commencée : «Ah! s'écrie-t-il

avec amertume, en voyaifl la douleur concei

deCalixtequi ne peu; è] i celui qu

quel courage ! quelle Lionl pauvre chèn

enfant ! Aurais-jepu prévoir, quand j'an

dot, que j'élevais une barrière entre lu bonheur

et toi! Dire que si j'éLais an petit empto

ou quatre mille francs, M. de Trélao épouserait

Calixie ! Ce serait un mariage inespéré; je

serais le plus heureux des pères, el elle la plus

heureuse des femmes. (Fermant les yeux a

un silence.)Je prendrai- ma retraite po ir n'ai

plus autre chose en tète que m

Quelle vie charmante ! Je loue une chambre an

quatrième, à côté de ma fille; tous li

après mon dîner, je vais passer la so .

elle, si elle est seul.' ; s'il vient d , je

m'esquive discrètement, parce que moi

a beau ne pas avoir d< s, itfautmén

toutes choses; et puis, ;

fait? On me câlinera

tous les jours

miserai pour leur acheter de t<

joujou Que me faut-il

par an, un habillem ' :

orel à mon âge on d seul habiU a

Ce doux rêve du vieillard est interrompu par des domestiques qui apportent des loyers, des fermages, des sacs d'écus, des liasses de billets de banque. La vue de toute cette richesse, dont l'impuissance à faire le bonheur est si bien constatée aux yeux de Roussel, l'irrite, le met en fureur : « Avec ces gens-là on ne peut pas oublier une minute qu'on est riche. Ah ! gredin d'argent ! ma fille n'épousera pas celui

qu'elle aime , je n'aurai pas de petits-enfants

Gredin d'argent 1 gredin d'argent I (Undomestique apporte un nouveau sac.) Encore 1 tonnerre de. . . ! qu'on me laisse tranquille ! (77 prend le sac et le jette à terre avec fureur, le sac se répand, le domestique s enfuit.) Toute cette fortune maudite va donc me crever sur la tête aujourd'hui ? Cette maison pavée d'écus 1 (Menaçant le ciel du poing). Quand on pense qu'il y a des gens qui n'ont pas le sou f Quelle injustice (1)! »

On le voit, comme dans Esope et Florian, la morale vient ici à la suite de la fable, et il en est de môme dans la plupart de nos pièces modernes sur le même sujet.

(l) La Ceinture dorée.

Ce procède doctoral, cette forme mor trice assez peu dramatique en eux-mêmes, onl de plus l'inconvénieni de ne rien prouver, puisque l'auteur désireux de ne pa9 renvo spectateurs sous L'impression d'un dénoûment trop lugubre, a toujours soin d'atténuer les conséquences de sa donnée et de finir i ; comme il l'a commencée, par un sourire.

Le spéculateur moderne ne succomb comme Turcaret sous la honte, le mépris publics et sous la juste sévérité d'un châtiment môrit après quelques instants d'angoisses, il triomphe en fin de convie, et puisqu'il doit en être ainsi, j'aime mieux le voir s'épanouir avec le cynisme naïf et la franche gaîté de Mercadet, que l'entendre comme Roussel, Montjoie et leurs pareils, faire parade d'un repentir douteux, dans des sentences vertueuses mouillées de larmes qui me semblent toujours des larmes de crocodile.

La Courtisane

Les anciens naturalistes affirment que du limon le plus impur, de la fange la plus immonde fécondés par les rayons ardents du soleil, peuvent naître, brillants de vie et de fraîcheur, des êtres organisés, des fleurs odorantes, des insectes aux vives couleurs. Ainsi, des bas-fonds de la société, produit hybride de la corruption et de la misère, de l'or et du plaisir, s'élance un jour ce papillon étincelant et dangereux, plein de force et de fragilité , d'attrait et de répulsion que l'Evangile appelle la vierge folie, les Anglais la femme de plaisir et que nous nommons la courtisane.

Dire l'origine de cette créature factice, fruit déplorable d'une civilisation imparfaite , est chose impossible. Fille-même connaît-elle cette

— 10fi — origine, et si elle la connaît, par bonté pai pudeur, par calcul, ne la tiendra-t-ene pa gneusement cachée? — Elle sort toujours <i*ui endroit obscur et le plus souvent fangeua . voil ce que l'on peut dire pour invoquer 1 1

pitié; on peut ajouter qu'elle est ordinairement chassée ou tirée de son réduit originaire pajr la faim, les mauvais traitements, ta contagion de l'exemple, la séduction grossière et immonde quelquefois aussi, et alors elle est moins excusable, par la, paresse, par l'ambition, par la du plaisir, ou simplement, hélas 1 par une disposition morale plus commune qu'on ne pense, par la nostalgie du vice.

Cette première période, a sez précaire, misérable d'ordinaire au point de vue matériel, est cependant la plus heureuse de son existe C'est pour elle le printemps , I d l'âge de la liberté, du plaisir, de l'insouciance, c'est le temps qu'elli era plus lard

s'écriant: « Oh I les douces chan ons de ta jeu- « nesse! le beau temps d i leguingamp

« et des châles de barégel les bals de la chau- « mièrel les dîners du Moulin-R re-

* mier moulin par-dessus lequel on j< « bonnet! Figurez-vâus use jeu»

— Wfl —

a passé toute sa vie dans une soupente, et qui « s'échappe un jour a. travers champs pour faire « connaissance avec le plaisir, le soleil et la fai- « néantisef — Cordon, s'il vous plait! » (I).

La chrysalide, en dépouillant son ancienne enveloppe, en déployant ses ailes, change de nom. La jeune fille ainsi émancipée reçoit un nom de guerre ou plutôt de plaisir, que lui donnent ses admirateurs et la mode du jour. On l'appelle Frisette à cause de l'ondulation de ses cheveux, Rose-Pompon parce qu'à un petit air décidé elle joint une grande fraîcheur; Rigolette pour son rire franc et joyeux ; Bobinette, Marionnette parce qu'elle saute, danse, tourne toujours ; Mimi-Pinson parce qu'elle gazouille et chante comme un oiseau, ou bien encore Musette, Musette si inconstante que ses amours sont une chanson en beaucoup de couplets dont l'étudiant Marcel est le refrain (2).

Des étudiants, des artistes, des jeunes écrivains qui forment alors sa société, elle apprend des bons mots, des saillies, des couplets joyeux ou

(1) Le Mariage d'Olympe, acte II, se. ix.

(2) La Vie de Bohême.

mélancoliques qu'on aime à lai laire redire an

printemps, dans la verdure :

Tous deux assis sous la tonn Nous boirons ce petil vin cl tir Où ta chanson mouille son aile \vanf de ^envoler dans l'air l

Un reflet de poésie éclaire el ré ouil i aurore de cette existence donl lasuite, si elle aune • sera si misérablement prosaïque, Ce n'esl encore la courtisane, la femme vénale, c'est la grisette, la vierge folle, la fille de plaisir, ivri de joie, de gaîté, d'air, de lumière; les jeunes poètes lui adressent leurs premiers fers el d< vent en souriant ses grâces naïves et presqu'en fantines :

inette, en fail de n.itur. , Tu ne sais rien Qu'aller manger une frii Au lac d'Enghien.

0 i te promener, 1 i 1 > r- - el I D ms le bateau

d'Asnière Qui vonl Bur l'e i i

, i Marge

Mais on aime tes gaîtés fraîches

Et sans souci, Quand on voit rire tes dents blancheSj

On rit aussi ; Et ton œil, miroir de ton âme

À, triomphant, Toutes les grâces de la femme

Et de l'enfant (l).

Mais le printemps n'est pas éternel, l'oiseau ne chante pas toujours, la gaîté la plus expansée a sa monotonie. Bobinetîe, Frisette, charmants jouets, amusantes marionnettes, peuvent un instant enivrer les sens, mais sont impuissantes à combler le moindre vide de l'esprit ou du cœur :

S:ir le sentier glissant des faciles amours. C'était, sous d'autre i noms, Bobinette toujours! C'était le môme vin, c'était la même ivresse ! (2)

Si les adorateurs de ces demoiselles se lassent, elles aussi, et plus vite encore peut-être, se fatiguent de la société amusante, intelligente mais pauvre des étudiants et des artistes. On se

(1) A. Rolland et du Boys, le Marchand malgré lui

(2) Id. Id. Id

plaint de leur inconstance, on letn demande d'aimer toujours , mais toujours est bien I et les rubans coûtent bien cher I « l'.ll restenl avec nous, dit le peintre Marcel, tapi qu'elles ontduccôur, et elles nous quittent dès qu'elles ont de l'esprit (1). » Or. il vient toujours an moment où Frisette tient h honn sur de prou qu'elle a de l'esprit : ce jour-là, oublieuse anciennes amours, elle s'envole

Vers les horizons bleus des roh

L'étudiant délaissé, qui trouve en rentranl

sa mansarde vide, a tout le loisir, en pleurant l'infidèle, d'utiliser ses leçons de ph

L'étude, l'amitié, le plaisir, parfois aussi 1.

poésie, plus encore que la i int, et après avoir pleuré, maudit, il pardonne en souriant :

Allez, vous qui

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