‹ La comédie protectionnisteChapitre 108 sur 265 · LA CHARITÉ ET LA JUSTICE · texte numérisé non relu

LA CHARITÉ ET LA JUSTICE

clusion qu'il faut tirer de ce fait est tout autre. Ce fait prouve que des geus protégés par TAssistance, habitués à vivre par elle, avec un minimum d'effort, n'essayent pas de s'en dégager ni d'en dégager leurs descendants. Se considérant comme les rentiers de l'Assistance, ils estiment qu'elle a des devoirs à leur égard en échange de leur soumission et de leur assiduité quémandeuse. J'oppose au sentimentalisme verbal et de parade, inconsistant et incohérent, les fortes paroles que prononçait M™* Ashurst Venturi à la conférence de la Fédé-

[ ration pour V Abolition de la Prostitution réglementée^ tenue à Neuchâtel en 1878 :

« Certes, des œuvres de charité qui ont pour but d'apporter des secours à des malheureux sont fort louables, mais il faut les laisser aux âmes tendres et pieuses, de même que, sur un champ de bataille, le soin de relever les blessés est laissé aux faibles, tandis

'que les vigoureux et les vaillants doivent combattre. L'œuvre de la Fédération est une œuvre de justice, non de charité ; et la justice est la charité suprême, car elle a pour but de substituer sa certitude aux hasards de la pitié et de la philanthropie. En détruisant une mauvaise loi, une organisation vicieuse, on fait plus pour l'humanité qu'en apportant des secours à ceux qui en sont victimes ; car, si les secours peuvent soulager les misères individuelles, ils laissent debout, quand ils ne contribuent pas à l'entretenir, l'état de choses qui les

' a provoquées* »

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