‹ La comédie protectionnisteChapitre 111 sur 265 · DISCOURS DE M. BALFOUR · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. BALFOUR

Angleterre en plus que Tannée précédente; que les meuniers avaient vendu 200.000 tonnes d'issues en plus ; que leur offre avait ^baissé de 15 à 20 p. 100 le prix des tourteaux et des autres matières alimentaires pour le bétail.

M. Balfour fît remarquer que, pendant les trois mois qui avaient précédé la taxe, la situation avait été la même que pendant les trois mois qui l'avaient suivie : et après une période de six mois, la taxe n'avait paru exercer aucun effet. Dans les années de 1893 à 1895, l'importation du blé avait passé de 65 millions de cwts à 81, tandis que l'importation de la farine était tombée de 20 millions de cwts à 18. Cette baisse ne pouvait résulter d'une différence entre les taxes sur la farine et sur le grain, puisque ni l'une ni l'autre n'existait.

Cependant, en demandant le maintien de Ja taxe sur le blé, les meuniers ne se trompaient pas sur leurs intérêts, car ils en retiraient un avantage.

Quand sir Michaël Hicks Beach avait établi le droit de 3 d., il avait calculé que, s'il imposait la farine au droit de 4 1/2 d., le meunier anglais en subirait un léger préjudice; donc, il l'avait porté à 5, et à ce taux de 5, le meunier en recevait un léger avantage.

11 ne l'avait reçu que parce que sir Michaël Hicks Beach n'avait pas pu trouver une concordance parfaite entre le droit sur le blé et le droit sur la farine ; ce qui est le cas normal chaque fois que l'État intervient pour établir une taxe sur la matière première et sur le produit; mais le chancelier de TEchiquier, répéta M. Balfo , n'avait pas eu pour but de donner une protection à meunerie : donc, si elle avait profité de cet avanta , elle n'avait pas le droit de se plaindre, qu'en le Si ^rimant le gouvernement manquât à un engage-

ment pris à son égard de lui assurer une prime contre| la meunerie américaine.

M. Balfour, allant plus loin, dit aux meuniers que, sil le droit sur la farine n'était que de 4 1/2, comme if serait onéreux, ils n'en demanderaient pas le maintien Us ne contestèrent pas. Il ajouta que, la Chambre dei Communes n'était pas protectionniste, qu'elle étail opposée à la politique de primes, et que si le droit su! le blé était maintenu, celui sur la farine serait certaine^ ment abaissé.

Cependant, M. Balfour répéta que la taxe, imposée Tannée précédente, n'était pas protectionniste ; elles agriculteurs qui, pour en demander le maintien, ln| donnaient ce caractère, prouvaient qu'ils sont bienj modestes.

La moyenne de la production du blé, pendant la dernière décade, ayant été en Angleterre de 27 hectol. à l'hectare, soit à peu près de 21 quintaux à l'hectare, ils lieraient leur prospérité à une taxe leur donnant environ 13 francs par hectare I

Voilà ce que pourrait produire la taxe pour le blé acheté! M. Balfour ajouta :

C'est une taxe sur la matière première que les fermiers emploient dans leur industrie; on a parlé des issues de la meunerie, mais avec la petite prime que donne le drawback actuel, la meunerie des porfs de Leith ou de Hull, ne les envoie pas aux fermiers anglais, mais les embarque pour les cultivateurs du Danemark et de la Suède. Le fermier anglais ne consomme pas seulement des issues, il consomme du grain, et on a calculé que des 2.500.000 liv. sterl. produits par la taxe sur le blé, Tagricul leur anglais en a acquitté presque le quart, 582.000 liv. sterl.

Or, excepté les industries qui font usage du si i, aucune autre en Angleterre ne paie de taxe sur ses i-

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