DISCOURS DE M. BALFOUR
tières premières; et M. Balfour admira le phénomène unique de voir une importante dépulation de Tindustrie agricole venir demander le maintien d'une taxe sur la matière première qu'elle emploie.
M. Balfour donna un argument sans réplique à cetle délégation quand il. mit en parallèle le régime économique de la France et celui de TAngleterre. Il dit :
Maintenant, considérons nos plus proches voisins de l'autre côté du canal. Les Français sont, comme nous, à Tavant-garde de la civilisation. Ils sont une nation industrielle d'un type élevé, ils sont une démocratie absolue, et cependant les taxes frappent chaque sorte d'aliment, non seulement pour les dépenses nationales, mais pour les dépenses locales. Ce système ne serait pas toléré dans notre pays pendant une heure. Contre lui la population se lèverait en masse.
M. Balfour ajouta que cependant il ne considérait pas que « l'Angleterre dût rester une cible passive ; qu'il était possible qu'elle fût amenée à établir des tarifs de représailles », si, par exemple, un gouvernement étranger donnait des primes au fer et à l'acier^ comme les nations du Continent en donnaient au sucre.
Il parla aussi des rapports économiques de la Métropole avec ses colonies, mais pour dire : « Lier plus étroitement les intérêts économiques de l'Angleterre et de ses colonies est extrêmement difficile. » En tout cas^ un mouvement de ce genre doit « provenir non des représentants d'une ou deux industries, mais d'un mouvement général d'opinion. »
« Si on veut revenir à une politique protectionniste^ il faut le dire. »
[. Chaplin s'empressa de répondre qu'aucun de ceux faisaient cette démarche ne songeait à un retour s la protection.
Au moment où M. Balfour tenait ce langage, connaissait-il le programme qu'exposait M. Chamberlain à Birmingham? S'il le connaissait, pourquoi raillait-il le système fiscal français?