II. — « Tue IMPERIAL TARIFF COMMITTEE » ET LE COTON
La commission, chargée de Tétude du coton par 17mperial Tariff Committee^ institué par M. Chamberlain pour soutenir sa thèse protectionniste, a publié son rapport en juin 1905.
Quelques jours avant sa publication, M. Chamberlain s'écriait à Saint-Helens : « L'industrie du colon est stationnaire ». Et le rapport de sa propre commission, cite des chiffres qui prouvent le contraire : en 1892- 1894, les exportations de l'industrie cotonnière montaient à 65.400.000 liv. sterl. ; en 1903, à 73.300.000 liv. sterl. ; en 1904, à 83.900.000 liv. sterl., soit une augmentation de 28 p. 100.
Cependant, Y Impérial Tariff' Committee a trouvé le moyen de justifier dans une certaine mesure les allégations de M. Chamberlain; en exceptant les cotons filés des tableaux de comparaison qu'il publie et en les arrêtant en 1902. De cette manière, laugmentalion des exportations anglaises n'est que de 25 p. 100: l'augmentation de celles des nations concurrentes a été de 66 p. 100. Mais il faut voir à quels chiflres se rapportent les pourcentages. Or, en 1902, si on exclut les fils de coton, comme V Impérial Tariff Committee^ on tro
1. Voir les rapports de la Commission des Valeurs de Dot de M. G. Roy et le Diclionnaire du commerce.
que l'exportation totale des tissus de coton de TAllemagne, de la Hollande, de la Belgique, de la France, de la Suisse, de l'Italie, de TAutriche, des États-Unis, a été de 39.641.000 liv. sterl., tandis que l'exportation de l'Angleterre a été de 65.054.000 liv. sterl., soit de 63 p. 100 en plus.
Le total de la quantité des filés de colon gardés pour la consommation intérieure a élé *.
Moyenne annuelle 1886-1890. 253.000.000 livres. — 1900-1904. 287.000.000 —
Soit une augmentation de 15 p. 100.
Tous les ans, paraît un tableau du nombre des filatures, de leurs pertes, de leurs bénéfices et de leurs dividendes moyens. De 60 en 1884, elles se sont élevées au nombre de 90 en 1904 : pendant celte période, 15 années ont donné 2.689.000 liv. sterl. de bénéfices, tandis que les pertes des six autres années se sont élevées à 266.786 liv. sterl. Le bénéfice net pour l'ensemble de l'industrie a donc été de 2.423.000 liv. sterl. ou par an de 116.000 liv. sterl. soit 2.900.000 francs, ou 320.000 francs par filature. Une industrie, dans ces conditions, n'est pas une industrie ruinée.