VI. — Contre les automobiles françaises
11 est curieux d'entendre un prime minister a is
parler comme Colbert et comme M. Méline : « J é--
fère donner mon argent à nos ouvriers plutôt ''"' es
étrangers. » Les partisans de la l'iscal Reform se sont montrés de simples Colbertisles.
« 11 faut donner de Touvrage aux ouvriers; garder notre argent pour le travail national. » Les protectionnistes anglais répètent Colbert sur tous les tons.
En 1903, au lendemain du manifeste de Chamberlain, Tun d'eux, et non des moindres, me dit avec aplomb :
— Nous importons pour 4 millions de liv. st. d'automobiles de France par an...
— D'abord. Il y a une erreur de fait. Vous n'avez importé Tannée dernière que pour 255.000 de liv. st. d'automobiles.
— Cette année, nous en importons davantage.
En effet, en 1903, l'importation s'est élevée à i. 995.000 liv. st. et en 1904 à 2.636.000 liv. st. Mais au moment où mon interlocuteur me parlait, il ne pouvait connaître ces derniers chiffres: et on voit que même avec eux, son affirmation comportait encore une exagération de plus de 40 p. 100. Je l'indique parce qu'elle montre la grossièreté des moyens employés par les leaders de la Fiscal Reform, même à l'égard de leurs partisans. On avait donné ce chiffre à ce gentleman et il le répétait de bonne foi sans l'avoir vérifié.
— Du reste, peu importe, repris-jé. Vous vous plaignez d'importer des automobiles. Eh bien! Mais faites-en.
— Nous ne pouvons pas en faire, si nous ne sommes pas protégés^
- Alors vous déclarez que les automobiles que vous ez seraient plus chères et moins bonnes que celles
vous achetez en France. Dans ce cas, vous avez nd intérêt à les acheter en France.
Oh! moi, cela ne m'empêcherait pas d'acheter les
miennes en France. Qu'est-ce que cela me ferait de les payer un peu plus cher? Et cela donnerait de Fouvrage à nos ouvriers!
— Pas pour celles que vous achèteriez, puisque vous dites que vous continueriez d'acheter les vôtres en France.
— Oui. Mais nos ouvriers, à Tabri de la protection, pourraient arriver à construire aussi bien, et alors ils auraient de Touvrage.
— Mais sous Tabri delà protection, ils peuvent avoir à meilleur marché qu'en France, les aciers, les bois, les cuirs pour la carrosserie, et vous payez votre huile moins cher. Les Anglais ont là une protection efficace, que leur enlèverait la protection; et des tarifs de douane, loin d'augmenter ces facilités, commenceraient par les enlever. Quelle vertu leur attribuez-vous donc pour supposer qu'ils assureraient à vos constructeurs une habileté qu'ils n'ont pas atteinte?
— Mais nos mécaniciens sont aussi habiles que les Français.
— Oui.
— Donc, ils pourraient tout aussi bien construire des automobiles que les ouvriers français.
— Sans doute les ouvriers anglais sont capables de construire les' pièces mécaniques d'un automobile aussi bien que les ouvriers français; mais si, comme vous le dites, ils ne les construisent pas aussi bien, ce n'est pas de la faute du free trade. Cela vient de ce que les constructeurs, les ingénieurs et les industriels anglais ne se sont pas encore appliqués à cette industrie.
— Ehl pourquoi? C'est parce qu'ils ne sont pas tégés. S'ils étaient protégés, ils auraient eu de la F
rite pour y engager des capitaux.
— Ce n'est pas pour cela que Tindustrie des automobiles ne s'est pas plus développée en Angleterre. En réalité, Tindustrie des automobiles n'est pas encore une industrie. C'est un sport. Voyez la rapidité avec laquelle s'élèvent et disparaissent les marques. Une maison ne fabrique pas en même temps 500 automobiles d'un type avec les mêmes cylindres, les mêmes boulons, des pièces interchangeables. On transforme perpétuellement les types d'automobiles. Je connais des amateurs qui en achètent une tous les ans. On veut avoir le dernier châssis, celui qui a remporté Iç prix de telle ou telle course ; et la France ofiFre les plus belles routes du monde pour faire des records de vitesse que ne supporteraient pas les routes anglaises plus étroites et plus tortueuses et que n'admettent pas des mœurs moins tolérantes. Quand l'automobilisme deviendra une industrie faisant, par grandes séries, des voitures d'un type qui ne variera pas tous les ans, alors l'industrie anglaise retrouvera, pour cette industrie comme pour les autres, tous les avantages du libre-échange. Mais croyez-vous que ce soit la protection qui ait fait inventer l'automobile en France? Croyez-vous que ce soit elle qui en ait développé la construction? Elle l'a gênée, car elle gêne l'approvisionnement en métaux de ses constructeurs ; elle en rend plus cher le prix de revient ainsi que le prix de revient de sa carrosserie.
— Enfin nous importons vos automobiles. Il vaudrait mieux que nos ouvriers les fissent.
— Vous croyez que le droit de 10 p. 100 proposé par M Chamberlain les fera faire; mais s'il joue, il rehauss« de 10 p. 100 les fers, les aciers, toutes les matières p: tiières de la construction : le prix de l'automobile s« plus élevé ; donc le nombre des acheteurs sera restï *. Singulière conception que de demander à payer
des droits pour augmenter ses débouchés ! Ce ne sont pas des droits de douane qui assurent du travail aux ouvriers, ce sont les débouchés. Les chefs d'industrie ne font que l'avance des salaires; ce sont les consommateurs qui les paient; plus ils paient cher, et moins ils peuvent acheter comme quantité et comme variélé.
VIL — Les importations et le tra^vail national.
Dans son discours à Newcastle, le 20 octobre 1903, M. Chamberlain disait: « En trente ans, l'importation totale des objets fabriqués qui auraient pu être faits dans ce pays a augmenté de 86 millions, et le total des exportations a baissé de 6 millions. Nous avons ainsi perdu 92 millions, c'est-à-dire que 92 millions de liv. sterl. de fabrication qui auraient pu être produits ici sont allés à l'étranger. Le Board of Trade a calculé que les salaires comptaient pour moitié dans les produits manufacturés. Nous avons donc perdu chaque année, pendant trente ans, 46 millions de salaires qui auraient donné de l'ouvrage à près de 600.000 hommes à 30 sh. par semaine, qui auraient assuré leur subsistance à eux età leur famille, c'est-à-dire à 3. millions de personnes.»
J'ai reproduit cet argument démagogique dans toute sa grossièreté. M. Chamberlain aurait dû le compléter en disant: « Les machines enlèvent de l'ouvrage aux ouvriers, du pain à la femme et aux enfants. Détruisons les machines. »
11 ne l'a pas osé. Pourquoi donc ? La machine chasse l'ouvrier de l'atelier. Elle supprime le travail. R, idrez-vous qu'elle le déplace seulement? Soit. is c'est exactement ce que fait un produit étra r. Comme la machine, il représente une diminu*' le
l'effort, car s'il ne présentait pas des avantages de qualité ou de prix, il ne serait pas importé. Donc, dans le pays importateur, on peut Tavoir plus facilement que si Ton essayait de le produire.
Supposons que ce produit coûte iOO francs. Admet* tons que dans le pays importateur on pût faire l'identique pour 150 francs. Le produit ainsi obtenu aurait donc coûté 50 pour 100 plus cher que s'il avait été acheté à l'étranger.
Il est acheté. Voilà donc 50 francs qui deviennent disponibles pour faire d'autres travaux, d'autres achats ou pour payer des salaires employés à fabriquer un autre produit. Ces 50 francs ont gardé leur pouvoir d'achat. Si un droit de douane avait prohibé ce produit, ces 50 francs n'auraient pas pu être employés à cet achat, et, par conséquent, contribuer à la part de salaire qu'il comporte.
Sans doute, l'importation d'un objet fabriqué venant d'un pays étranger peut supprimer un certain travail; la machine aussi ; cette importation ou cette machine peuvent provoquer des crises professionnelles, locales, pénibles pour ceux qu'elle touche. Faut-il supprimer la machine? — oui, en vertu du raisonnement de M. Chamberlain sur l'importation.
Voici dix hommes qui tournent une roue pour élever de l'eau. Ils gagnent un petit salaire, mais ils le gagnent. Ils ont fait cela toute leur vie. Ils se sont mariés, ils ont eu des enfants avec la conviction qu'ils pourraient toujours le gagner. On apporte une pompe à vapeur. Un mécanicien l'accompagne. Il va gagner deux le salaire d'un de ces malheureux manœuvres ; les à, leurs femmes, leurs enfants réduits à la misère. >ompe à vapeur doit être prohibée pour maintenir Positions acquises.
274 LE PROGRAMME CHAxMBERLAIN
En 1846, les défenseurs des corn laws tenaient exactement ce langage. Supposons qu'ils eussent triomphé, que l'Angleterre eût gardé son tarif et son acte de navigation. Est-ce que son territoire agricole aurait suffi à nourrir sa population? Est-ce que son industrie, sa marine, sa construction de navires, son commerce, son marché financier auraient pris l'extension qui ont donné une si grande avance au Royaume-Uni sur toutes les autres nations?
Si M. Chamberlain le croit, alors pourquoi ne propose- t-il pas le retour à ce beau temps, y compris la défense d'exporter des machines qui n'a dispara qu'en 1842 ?
Si l'augmentation des exportations avait supprimé le travail dans les Iles Britanniques, depuis 1860, les salaires auraient dû baisser. Ils ont augmenté. Donc la demande de travail a été supérieure à l'offre.
Si l'augmentation de l'importation avait enlevé le travail aux ouvriers anglais, ils se seraient exportés eux-mêmes. Ils ne sont pas séparés par la langue des habitants des États-Unis ; et ils ont encore à leur disposition le Canada et l'Australie, où ils sont chez eux.
De 1854 à 1860, l'émigration annuelle était en moyenne de 134.000, soit de 48 pour 10.000 habitants du Royaume- Uni.
L'émigration nette pour la période 1893-1899 est de 35.000, soit de 13 p. 10.000 ; de 1901 à 1903, elle a remonté à 106.000, soit 21p. 10.000.
Si l'augmentation des exportations avait raréfié le travail, elle aurait augmenté le paupérisme ; je ne prends que les chiffres des hommes, adultes vali (à l'exclusion des vagabonds pour l'Angleterre e Pays de Galles).
Vagabonds
Si les ouvriers anglais ont un péril à redouter, il ne vient point du free trade ; il vient de Tesprit de restriction qui s'est manifesté souvent dans les 7 rade [/nions, John Burns*, tout en constatant leur supériorité, leur donne un mauvais conseil dans son Mémorial de 1897 où il disait aux fabricants de chaudières et aux constructeurs de navires en grève : « Qu'avez- vous à redouter? vous pouvez demander huit heures de travail et des payements supplémentaires. »
La tactique des Trade Unions est la même que celle des protectionnistes. « Appliquée jusqu'au bout, disait Herbert Spencer, elle a pour but de surtaxer toutes les catégories de salariés, au profit de chaque autre catégorie de salariés. » M. Chamberlain voudrait surtaxer 80 p. 100 des ouvriers au profit des 20 p. 100 qui travaillent pour l'exportation ; mais ils ne sont pas toujours les mêmes, et cette surtaxe, loin de leur ouvrir des débouchés, les leur fermerait.
Vllï. — RÉSISTANCE DES OUVRIERS ANGLAIS
A LA Protection.
Le 25 août 1903, M. Chamberlain écrivait à M. Welds-
ford, candidat à Creeves pour les élections générales :
e suis convaincu que ma politique fiscale, dès qu'elle
a entièrement comprise, aura l'approbation des
Voir les Conflits du Travail, p. 73.
ouvriers de ce pays. Tout leur intérêt est d'être constamment employés à de bons salaires. »
Les ouvriers sont d'accord sur ce dernier point; mais ils sont en complet désaccord avec M. Chamberlain sur les moyens qu'il leur offre pour y parvenir.
La question de la Fiscal policy, de la politique fiscale, fut discutée le 8 septembre 1903 au congrès des Trade Unions de Leicester.
La résolution « condamnant fortement le programme Chamberlain » fut déposée et soutenue d'abord par M. J. Sexton, de Liverpool, au nom des iVational Bock labourers. Elle fut appuyée par M. Holmes, de Cardiff, délégué des Railways Servants, par M. Michaels, délégué des Cahdrivers de Londres.
Comment M. Chamberlain aurait-il pu expliquer à tous les employés des transports, à tout le personnel occupé par la marine marchande en Angleterre que des droits sur l'alimentation augmenteraient leurs salaires? Développeraient-ils le mouvement des ports, des chemins de fer, des voitures? Par quel miracle élèveraient- ils le taux des salaires des ouvriers et employés qui y sont occupés, alors qu'ils auraient certainement pour résultat, soit un recul, soit au moins une stagnation dans la circulation des choses et probablement des personnes?
Mais ce ne furent pas seulement des délégués des importantes Trade Unions des chemins de fer et des docks qui condamnèrent le programme Chamberlain. Le secrétaire du Trade Unions Council de Londres, M. Macdonald, avait pu provoquer un moment quelques illusions aux protectionnistes anglais, en donn t une adhésion au Programme Chamberlain qui avait é largement exploitée par le Birmingham TariffCommi, . M. Macdonald ne vint pas s'expliquer au Congrès 3
jcicester où il fut violemment attaqué par plusiei irateurs, oolamment par M. Harvey, de la Miners . Xeration.
Sauf N. Mosses de Leeds qui, tout en se déclar; jbre-échanpiste de naissance, d'éducation et de e( rictioa, n'aurait pas fait h d'objection à une enquête ! 'importation des objets fabriqués » et un ou de ïrateurs qui émirent de timides déclarations dans même genre, tous les autres proclamèrent, avec fa !t l'appui, les bienfaits du Hbce-échange.
— D'où viennent les pauvres étrangers qui pn guent le Swealing System, sinon de nations prolégél iOù est donc la nation protégée dans laquelle l'ouvr se trouve dans les condilions de bien-être de l'ouvr anglais? Les salaires, dans les jours du pain clier Angleterre, étaient de 30 p. 100 plus bas qu'ils ne tsont aujourd'hui et les objets d'alimentation sont ■30 p. 100 meilleur marché.
Est-ce qu'en Belgique et en Allemagne, a dit M, C' ran, les ouvriers éclairés ne sont pas contre les tai douaniers? Pas de taxe sur l'altmenlation du peup Tel a été le mot d'ordre lancé par M. J. Sexton et qu été ratifié par un vote rendu à l'unanimité, moins de voix.
La veille, le 7 septembre, les journaux publiaient National prolest against Preferenlial tariffs, très en gique, très agressif contre M. Chamberlain, sigrê ] 94U des hommes les plus considérables parmi cciix i se trouvent à la tête des Trade Unions et des socié coopératives. Sur 13 membres du Labour party au P lenr-nt, l'i l'avaient signé. Les signatures administn ves es coopératives représentaient 2.022.000 menibr un jpilal de 26 millions de livres sterling, un chil d'à ^nres, en 11102, de 53.319.000 livres sterling.
Au congrès des Trade Unions^ tenu au mois de septembre 1905, la question a été de nouveau posée : le programme Chamberlain a été repoussé par 1.256.000 voix contre 26.000.
Quelques-uns des tableaux publiés dans le Mémorandum du Board of Trade^ demandé par M. Chamberlain, n'ont point été de nature à exercer de séduction sur les ouvriers anglais. Si on prend les groupes d'ouvriers, exclusion faite des ouvriers agricoles, on trouve que les salaires ont suivi la progression suivante (!•' vol p. 275) :
Royaume-Uni
Etata-Uuis
Allemagne Groupe
France
ItaUe
Moyenne
des
Ouvriers
Dans
Principaux
de tous
princ. met.
de
les
métiers
les miStiers
assurés
métier
manaf&ct.
D'après ce tableau, les salaires ont monté plus vite dans le Royaume-Uni qu'aux États-Unis. Il est vrai qu'on peut dire qu'ils ont, dans un moindre espace de temps, monté encore plus vite en Allemagne.
Mais quel est le taux respectif de ces salaires? En voici la moyenne pour quatorze métiers :
Moyenne du taux des salaires par semaine.
Royaume-Uni États-Unis Allemagne France
Dans la capitale*.
Dans toutes les
autres villes. .
sh. d.
sh. d.
sh. d.
si
LES ARGUMENTS POUR LA " FISCAL REFORM '' 279 Rapport p. lOO aux salaires du Royaume-Uni,
Royaume-Uni États-Unis Allemagne France
Dans la capitale.' 100 179 57 86
Dans toutes les autres villes. . 100 193 63 63
En Allemagne, les salaires sont inférieurs de plus d'un tiers dans les villes ordinaires et de 43 p. 100 dans la capitale.
L'ouvrier anglais sait qu'en vertu du libre-échange, il peut avoir tous les objets manufacturés et tous les objets d'alimentation, au meilleur marché. Il ne voit pas de raison pour renoncer au free trade. Il préfère aller tout simplement à sa société coopérative.
Une fois que M. Chamberlain a trouvé un argument, il le tient toujours pour bon, quelque réfutation qu'il ait subie. Le 3 juin 1905, à Saint-Helens, M. Chamberlain célébrait avec enthousiasme la situation des ouvriers cotonniers dans les nations protégées et espérait qu' « il pourrait, avec leur aide, établir la même condition pour les ouvriers anglais auxquels il s'adressait ».
Le lendemain, le rapport sur le. coton de V Impérial Tari ff commit lee leur montrait le bonheur que leur promettait M. Chamberlain, en disant que « dans ces pays, le travail est du surmenage avec de bas salaires », et que ces pays comptent sur ces bas salaires pour faire concurrence à l'Angleterre.
Les enquêtes faites à propos du Programme Chamberlain ont confirmé la vérité des constatations qui SI"' ent :
*.s salaires peuvent être (fautant plus élevés que les w '.ères premières sont à plus bas prix,
Îew-York est prise comme capitale des États-Unis.
Us peuvent être d'autant plus élevés que l'outillage est plus puissant et que les transports sont à plus bas prix.
La politique du libre-échange est la politique du bon marché^ donc la politique des hauts salaires, car ils peuvent piélever, dans un prix de revient égal, toute la pari qu'aurait prise la protection^.
Le Mémorandum a essayé de déterminer la part des salaires de Tindustrie britannique engagés dans le commerce d'exportation (T. 1, p. 360). On peut estimer entre 40 et 60 p. 100, soit 50 p. 100, la part des salaires dans les objets fabriqués exportés, dont la moyenne annuelle a été pour la période 1900-1904, de 232 millions de liv. sterl. Ce serait donc 116 millions de salaires. On peut y ajouter 10 p. 100 pour répara- 4ion3, travaux secondaires, etc. On a, en chiffres ronds, largement comptés, de 120 à 130 millions de salaires.
D'après des enquêtes, très sérieusement faites depuis 1880, on estime que le total des salaires industriels se monte dans le Royaume-Uni de 700 à 750 millions de livres sterling.
Par conséquent, la part des salaires engagée dans le commerce d'exportation des produits fabriqués représente moins de 20 p. 100, un cinquième.
Par conséquent, M. Chamberlain veut bouleverser toute l'industrie anglaise pour augmenter peut-être d'un dixième le cinquième du tolal des salaires.
Nous retrouvons toujours là ce merveilleux système qui consiste à sacrifier la majorité à une minorité, et à compromettre les conditions normales de l'industrie en vue d'avantages aléatoires.