IX. — Le Dumping
Le Dumping a été le plus grand argument invoqué par les chamberlainistes. Ce mot d'argot s'applique au fait, pour une industrie protégée, d'écouler au dehors, à très bas prix ou à perte, des marchandises qu'elle vend beaucoup plus cher sur le marché intérieur.
Les cartels allemands ont recours au Dumping.^ mais comme Ta montré Raffalovich dans son livre sur les Trusls^ Cartels et Syndicats^ c'est pourle plus grand dommage de leurs compatriotes*. On avait dit que lorsque les affaires des grands trusts des États-Unis se restreindraient, ils inonderaient l'Europe de leurs produits. Le phénomène ne s'est pas produit.
Quand V United States Steel Corporation a subi une dépression, il n'a pas inondé l'Angleterre.
L'Angleterre est le Dumping ground de toutes les nations, répétaient les chamberlainistes : et la proportion des produits manufacturés, importés relativement àTensemble du commerce, donnait un démenti à leurs affirmations.
Quand Jes cotonniers français des Vosges, encombrés de marchandises, les ont vendues à perte à Manchester, ils ont fait du Dumping-, mais c'était à leur préjudice et ils savent trop bien que s'ils répétaient souvent des opérations de ce genre, ce serait leur ruine, pour qu'ils les systématisent.
M. Chamberlain et ses caudataires ont tous répété la
théorie du Dumping exposée par M. Byng, mais ils n'ont
cité de faits ou, quand ils ont cité des faits, ils ont
ivé leur légèreté en se trompant lourdement. Je ne
que le cas suivant, mais il est typique.
oir infràj livre YlII.
Un personnage considérable, M. Alexandre F. Acland Hood, le Conservative Whip^ dit, à la fin du mois de novembre 1903, dans un Unionisi meeting tenu à Wellington :
Un de mes grands amis fait de grandes affaires dans le commerce des glaces. En France, on a fait un tarif contre lui. Les chemins de fer de TÉtat transportent les glaces exemptes de tout tarif de Paris à Calais.
On me demanda ce qu'il y avait de vrai dans cette assertion. Je répondis que le chemin de fer de Paris à Calais n'appartenait pas à l'État, que le tarif des glaces était de 22 francs la tonne et que TÉtat ne donnait pas de primes à l'exportation des glaces.
M. Alexandre Acland Hood n'a jamais essayé de contester cette rectification,' par cela même qu'elle était incontestable; mais alors qui était « son grand ami?» Je pense qu'il l'a perdu, car ce « grand ami » l'avait outrageusement trompé.