‹ La comédie protectionnisteChapitre 22 sur 265 · GOBDEN ET LE TRAITE DE · texte numérisé non relu

GOBDEN ET LE TRAITE DE

D'ap^è^ VAct 55 de Georges III, du 23 mars 1815, rimportation des blés venant des pays étrangers était prohibée quand le prix du blé anglais n'atteignait pas 80 sh. par quarter, soit 45 fr. 84 les 100 kilogrammes. ' A. partir du 15 juillet 1828, cette prohibition cessa. Mais le droit était de 20 sh. 8 d. quand le prix du blé était de 67 sh.; à 66 sh. et au-dessous, par chaque shilling de diminution, le droit de 20 sh. 8 d. était augmenté d'un shilling.

Depuis 1820, surtout, date de la pétition des marchands de la Cité, rédigée par Tooke et qui est restée comme une admirable démonstration de la nécessité du libre-échange, un mouvement libre-échangiste s'était produit : Pelham Villiers déposa quatorze fois un bill de rappel des Corn laws. Il était appuyé par le colonel Tompson,' avec qui Cobden fonda, en 1839, VAnticornlaw League. Pour atténuer l'importance de son action, le Gouvernement abaissa à 51 sh. le prix du blé étranger au-dessous duquel le droit ne serait plus que de 20 sh., soit 11 fr. 40. En 1842, le taux du droit fut maintenu, mais on décida de ne l'appliquer que lorsque le prix du blé serait de 51 sh. et au-dessous. Il y avait alors un tarif préférentiel : quand le blé venait d'une possession anglaise située hors d'Europe, le droit était de 5 sh., si le prix du blé était au-dessous de 55 sh. Enfin vint la loi du 26 juin 1846, proposée par sir Robert Peel, qui brisa définitivement la politique protectionniste. Mais on a une tendance à croire que les libreéchangistes ont agi par coups de théâtre. Or, la transition fut fixée à deux ans et demi. Une échelle mobile fut jnue. L'acte de 1846 spécifie que, lorsque le prix du nt sera de 48 sh. le quarter (27 fr. 50 les 100 kilogr.), ] ^Jt sera de 10 sh. (5fr. 73 les 100 kilogr.), avec une ( 'Mon jusqu'à 4 sh. si le prix du blé s'élève jusqu'à

30 LES VARIATIONS DU TARlf DES DOUANES

53 sh. et au-dessus. Ce droit ne devait disparaître <}ue le 1*' février 1849. A cette date, il fut abaissé à i sh. par quarter, soit fr. 573 les 100 kilogr. C'était bien le libre-échange. En 1854, il fut, pour raison de comptabilité, établi à 3 d. par cwt (le cwt, quintal anglais, = 50 kilogr. 8), soit 60 c. les 100 kilogrammes. En 1869, .ous les droits sur les céréales furent abolis.

Le droit de 3 d. par cwt fut rétabli en 1902, comme impôt de guerre; mais il a été supprimé en 1903 par M. Richlie. Quand M. Chamberlain s'attaque à Tœuvre de Cobden et essaye de la faire tourner en ridicule, il n'ose que l'égratigner. Dans son discours de Glascow du 6 octobre 1903, il proposa un di*oit modeste de 2 sh. par quarter, soit 1 fr. 13 les 100 kilogrammes. Pour nous, en France, aujourd'hui, il représenterait un succès libre-échangiste.

La politique libre-échangiste s'accordait avec la transformation des moyens de transport. Au lieu d'essayer de lutter contre les chemins de fer, les navires à vapeur et le télégraphe électrique, la politique libre* échangiste leur donnait le maximum d'effet utile.

La politique constante de l'Angleterre a été de supprimer, dans le tarif, les petits droits vexatoires et inutiles au point de vue fiscal.

Le Gouvernement anglais continua à épurer le tarif.

L'Angleterre allait avoir, par l'expiration d'annuités de la dette, 53 millions de disponibles. Michel Chevalier parla à Cobden de la possibilité d'un traité de commerce. Cobden répondit : « Le Parlement n'en voudra pas. » Michel Chevalier insista, alla voir M. Gladstone .' et tout en lui déclarant qu'il n'avait aucun man officiel, l'assura qu'en échange d'une forte réduc* sur les vins, il obtiendrait la suppression de proh tions et un tarif conventionnel dont aucun droif

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