CHAPITRE m
LEà ÉTONNEMENTS DE M. MÉLINE
Le béûéfice de la protection. — Les exportations de liquides. — En faveur de la balance du commerce.
Pour appliquer ce beau système, en vertu duquel l'Angleterre aurait fait faillite depuis longtemps et la Russie serait l'Étal le plus prospère du monde, M. Méline, en France, Bismark, en Allemagne, et les autres colbertistes de la fin du xix^ siècle, ont mis des barrières de douanes autour de leurs frontières, de manière à empêcher les produits étrangers d'entrer et à permettre à des fabricants d'établir plus chèrement des produits qu'on aurait pu se procurer à meilleur marché au dehors, et, de plus, à ajouter à leur prix de vente une partie tout au moins du droit de douanes.
Un industriel avisé calcule la marge de bénéfices que cette combinaison lui assure; et TafTaire serait excellente, son calcul serait juste, si, à côté de lui, il n'y avait pas dix, vingt, cent, mille industriels et capitalistes qui font exactement le môme raisonnement; ils établisseot des usines, achètent des outillages, et ils s'aperçoivent au bout de quelques mois que, s* ' tarifs protecteurs les ont protégés contre la concurr intérieure, ils l'ont provoquée.
Je suppose qu'un produit anglais ait une valei
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la douane française. Les protecnu â fr. 50 de droits de douanes. Ils e leur produit 7 fr. 30, mais celle nombre des acheteurs. Un industriel oduit pour une fabrication destinée
obligé de faire entrer celte majoraians son prix de revient, et, comnie i, il ne peut soutenir la concurrence bligé d'y renoncer et il n'achète pas
voir d'achat est diminué; il ne peul t avec 7 fr. 50, au lieu d'en acheter es. Cette cherté diminue le nombre es. Elle rétrécit le débouché.
5 de la protection sont obligés de ; les acheteurs manquent; ils sont au dehors. Mais, la proleclion inléle produit au delà de la frontière. Là, loncurrence du monde entier, et s'il iltat de la protection, il y a bien des I soit inférieur à l'identique prove,e fabriquent naturellement. C'est un produit factice qui coflte d'autant plus cher qu'il vaut moins. Pour s'en débarrasser, il faut vendre à tout prix. ■ La protection a organisé la crise '. En 1904, M. Mélinc, au Congrès des Tilateurs de coton, était obligé de con.sl:^ler que « les droits protecteurs ont poussé à la création de nouvelles usines »; et ies cotonniers, les Glateurs de lin, les métallurgistes sont obligés d'exporter à perle au deliors pour dégorger le marché.
V. Yves Guynt. ies Industries, les Salaires et Irs Droits de I mes. Journal de la Société de statistique de mars 190i, et cire IL Les Industries Protégées et les Industries TriÔu-
Au lieu de se réjouir de ce résultat, il s'en plaignait; et, cependant, vendre à Tétranger à perte est la réalisation du rêve de tous les colbertistes qui font acte de foi à la Balance du Commerce. Quand leurs compatriotes vendent 10 ce qui a coûté 20 à produire, les tableaux de la douane ne le constatent pas, mais la valeur des exportations dépasse certainement celle des importations qui viennent en retour.