LA SURPRODUCTION
Productions aimilairea. — Le désir de consommer el te pouvoir d'acheter. — La production ae sur&bonde pas. — La loi des débouchés.
Cependant M. Méline manque d'enlhousiasrae pour cet excès d'exportalion, et, dans son habitude de tout dramatiser, il s'écrie:
" Plus les débouchés de la vieille Europe se rétrécissent, plus elle construit les usines, plus elle augmente sa production ; et au lieu de se réfugier dans les spécialités où elle excelle, elle s'est jetée dans la grande fabrication courante, qui est à la portée de tout le inonde, et pour l'écouler, elle se voit aujourd'hui acculée aux expédients les plus ruineux (p. 24).
1 La seule question qu'on ne se pose pas, est de savoir s'il y a suffisannment de consommateurs pour faire les frais de cette orgie productrice » (p. 27).
Je dénonce M. Méline à lui-même. S'il reconnaît que tous les peuples n'ont pas tous les mêmes aptitudes de production, il parle' comme un libre-échangiste; et rqnoi donc tous les peuples de la vieille Europe se t-ils mis à fabriquer les mêmes produits? Pourquoi ■ils tous cru utile de fabriquer des filés de coton à prix supérieurs à ceux auxquels ils auraient pu les
acheter en Angleterre? Pourquoi ont-ils tous cru utile de fabriquer de la fonte plus ou moins onéreuse pour ceux qui en font usage? Pourquoi ont-ils tous voulu établir des types de ce qu'on appelle la grande industrie, parce que ce genre de production exige de grands établissements, si peu de place qu'elle tienne dans la vie économique de certains peuples? Pourquoi? Mais parce que des hommes comme M. Méline, ont répété sur tous les tons: « Je préfère donner mon argent à nos ouvriers plutôt qu'à des étrangers, parce qu'il reste dans le pays et profite à tout le monde, au lieu d'enrichir les voisins. » Pour que chaque pays se suffise à lui-même, M. Méline, en France, et tous les Colbertisles de tous les pays, ont mis des droits de douane, destinés à supprimer la division du travail entre les nations. Non seulement, ils ont surchargé le marché de produits identiques, mais ils ont partagé l'industrie de leur pays en deux catégories: la catégorie des industries privilégiées et la catégorie des industries tributaires; et celles-ci, étant obligées de se servir des produits des premières, n'ont pas le choix de leur outillage et de leurs matières premières, et doivent payer les prix surélevés par la protection *.
Il n'y a pas sui'prodjiction, parce que chaque habitant de 1 Europe, à plus forte raison de la planète, est arrivé à la saturation de ses désirs; car nul n'a pu encore assigner des bornes aux désirs humains. On peut dire do chaque homme que ce ri'est pas le désir de consommer qui lui fait défaut, m,ais le pouvoir d'acheter.
Actuellement, s'il y a 1.600 millions d'êtres humains qui s'agitent sur le globe, on est au-dessous de la vérité, en estimant que 1.550 manquent des objets indir
1. V. ci-de9?us, Li^re II : Les Industries Protégées et les I tries Tributaires.
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LA SURPRODUCTION in
: pas seulement au conforlable, mais aux taires soins de propreté.
larler que d'une industrie, chère à M. Méliae à la très grande majorité des Français, estjn de nos compalriotes porte des chaussettes ouchoirs de poche et de serviettes de lable?
luction ne surabonde donc pas. » Le terme ction signifie simplement qu'il y a des protrouvent pas assez d'acheteurs, it ne trouve pas de débouchés pour lea raies : ou il ne répoudà aucun besoin, alors un qui constituent la valeur disparait; et la ite pas;
l'abondance de ce produit est dispropor-
besoins ou an pouvoir d'achat des consom-
ars l'offre dépasse la demande et les prix
Méline s'écrie qu'il y a surproduction et
s Colbertistes, ses semblables, qui l'ont pro-
•.e qu'ils ont méprisé la loi économique sui-
^boucké d'un produit est en raison des Irais
anls.: intensité de la demande, rareté des
bondance des équivalents.
La pléthore de certaines marchandises sur un point,
elles correspondent à des besoins, ne provient pas de
ur surabondance, mais de la rareté de leurs équivalents,
sultanl, soit du coût de la production de ceux-ci, soit
ts obstacles, naturels comme l'espace, artificieh comme
le protectionnisme et le fisc, qui s'opposent à leur échange .
Tout l'etfoTt des Colbertistes a eu pour résultat de
diminuer la demande, de multiplier les identt</ues et de
T 'fier les équivalents dissemblables; avec son incon-
s nce habituelle, M. Méline attribue aux économistes,
q n'ont cessé de lui crier casse-cou, sa propre infir-
D ', en disant : « Chacun marche à l'aveugle ».
Il continue, puisqu'il dit: « La crise durera tant que l'équilibre ne sera pas définitivement rétabli entre la production et la consommation par une réglementation méthodique de la production d'après les possibilités des différents marchés » (p. 49).
M. Méline laisse le foyer sous la machine ; puis il serre le frein. Si elle ne cassait pas, ce serait bien étonnant.
Au lieu de supprimer ou de réduire les tarifs de douane qui sont la cause de cette surproduction, M. Méline propose de faire limiter cette surproduction par des cartels, qui sont eux-mêmes les résultats de la protection. Il dit aux industriels : « Je vous ai donné des droits pour vous pousser à la surproduction, maintenant faites des cartels pour la restreindre. » 11 laisse la cause, mais il demande d'en détruire les effets. A qui? A ceux-là même qui, croyant à M. Méline et à ses œuvres, font ce qu'il les a provoqués à faire.
M. Méline s'indigne contre les syndicats ouvriers qui veulent limiter la production de leurs membres; qui veulent supprimer la production des non syndiqués; qui poussent leur amour de la restriction jusqu'à la grève ; et cependant la grève est un moyen efficace pour la limitation de la production, puisqu'elle l'a supprimée.
Ce que M. Méline trouve fort mauvais de la part des syndicats ouvriers, il veut que « les patrons » le fassent. 11 n'entend pas que les ouvriers quittent tout seuls leur travail, mais il trouve fort bon que des industriels le leur enlèvent au moins en partie, en restreignant leur production.
Il est enthousiasmé des 290 cartels qui exis :
Allemagne, et il « les voudrait innombrable. •
France.
Il voudrait délivrer Tindustriel « du ver ronf
iPRODliCTlON tO*
;nl un industriel ne doit pa& ima leurs.
irimer la concurrence de l'extéil supprimer la concurrence à :, et quel est, en réalité, son lient des jurandes et des mat-