LE PACTE
Quoique M. Pouyer-Quertier eût reçu le nom de Marquis de Pain Cher, il n'osait proposer de relever le droit sur le bJé. Les agrariens craignaient de provoquer un violent mouvement d'opinion. On vient de voir combien ils étaient modestes en se contentant d'un droit de 15 francs par tête de bétail. Mais les industriels dirent aux agriculteurs : « Soutenez-nous. Volez les droits que nous vous demandons; et en invoquant le mot de liberté des tarifs, nous mettrons en dehors des tarifs conventionnels les produits agricoles. Appuyez nos prétentions, nous nous engageons à appuyen ensuite les vôtres. » Le marché fut conclu; et quand le tarif de 1H81 fut entré en vigueur, les agriculteurs rappelèrent aux industriels leurs promesses. Ceux-ci ne se montrèrent pas très empressés à les tenir. Ils attendirent jusqu'à la veille des élections de 1885; et le 28 mai le droit de fr. 60 par quintal métrique de blé fut porté à 3 francs.
Mais, dès 1881, les producteurs de porcs avaient eu satisfaction, non pas il est vrai par une augmentation de droits votée par le Parlement, mais par une prohibition administrative établie sous un prétexte hygiénique.
On trouva un médecin qui fît déclarer par le Conseil supérieur d'hygiène que les jambons américains donnaient la trichine. Jamais un cas ne s'était présenté en France. Qu'importe? Le Gouvernement, par le décret du 18 février 1881, soumit l'introduction des lards et jambons américains h des formalités telles qu'en fait, il en prohiba l'importation jusqu'en 1890. Les prétextes hygiéniques sont une honte pour les hommes qui font îr la science à couvrir des intérêts protectionnistes^