LA MÉVENTE DES VINS
Le renoncement à un monopole naturel. — Le Médoc et la protection. — Le conseil de M. Méline. — L'Aramon. — Pas de mévente pour le bon vin.
Le midi de la France, les départements producteurs de vin, la Gironde à l'ouest, l'Hérault à Test avaient été à la tête du mouvement libre-échangiste. Quand le phylloxéra réduisit la récolte des vins en France, elle dut recourir aux vins espagnols et italiens. Au fur et à mesure que les 1.900.000 vignerons reconstituaient leurs vignobles, ils réclamaient l'exclusion des vins étrangers. La loi du 11 janvier 18921es imposa à 1 fr. 20 au tarif maximum, à fr. 10 au tarif minimum, par degré alcoolique et par hectolitre de liquide pour les dix premiers degrés et à un payement, par chaque degré en sus, d'une taxe de douane égale au montant du droit de consommation de l'alcool.
Jusqu'au moment où les viticulteurs s'avisèrent de se protéger, le monde avait cru qu'il n'y avait du vin qu'à Bordeaux. Ils renoncèrent à ce monopole traditionnel, et ils apprirent aux étrangers qu'il y avait en Italie et en Espagne des vins qui étaient bons et à bc marché, puisque les producteurs français étaient oblig'^ de se protéger contre eux.