LA MÉVENTE DES VINS Ô
♦On assista à ce spectacle étrange de voir des viticulteurs du Médoc partisans dès droits de douane et nommer comme député un protectionniste ardent. Cependant, les grands crus dé Bordeaux, le Château- Yquem, le Haut-Brion,leChâteau-Margaux, leChâteau- Larose, le Château-Laffitte, etc.. n'ont pas besoin de protection contre des vins équivalents : ils ont besoin d'expansion.
On faisait en entrepôt des coupages de vins d'Espagne ou d'Italie avec des vins français. Ils étaient très bien faits et continuaient à entretenir la clientèle française. On a supprimé cette faculté. Alors on est allé faire les coupages à Rasages en Espagne.
M. Méline avait dit aux viticulteurs : « Je vous protégerai. Donc, vous pouvez faire les vins que vous voudrez et en aussi grande quantité, que vous voudrez. Vos compatriotes seront obligés de les boire. » Ces conseils furent écoulés. Les viticulteurs de l'Hérault et d'autres départements du Midi plantèrent un cépage qu'on appelle l'Aramon. 11 produit beaucoup de vins, qui ne contiennent que 4, 5, 6 degrés d'alcool et ne se conservent pas. Autrefois, les vins forts du Midi servaient à rehausser les petits vins du centre. Maintenant ces vins ont besoin d'être rehaussés eux-mêmes. On a continué d'importer dans ce but de 6 à 9 millions d'hectolitres par an. Il 3^ eut quelques récoltes abondantes et on entendit des doléances amères sur la mévente des vins. Selon Une locution railleuse, « le Midi bougea ». Mais, malgré tous ses efforts, les mani- ^'^'•♦ations véhémentes de ses députés, il fut impossible
Gouvernement de forcer les Français ou les Étran-
s à consommer les vins trop faibles et qui ne se
servent pas.
résultat des droits sur les vins est un exemple
frappant des illusions et des déceptions que provoque la politique protectionniste.
Il n'y a jamais de mévente des vins que le producteur peut conserver, parce quil y a plus d'années de production médiocre que de grande production , comme quantité et comme qualité.