ET LA FRANCE
L'échange des marchandises remplacé par celui des mauvais procédés. — Dénationalisation des industries.
Au lendemain de la guerre 1870-1871, la majorité réactionnaire de l'Assemblée Nationale rêvait de réparer les désastres de la guerre franco-allemande en déclarant la guerre à ritalie pour rétablir lepouvoir temporel du pape*. Le parti républicain eut le tort, alors qu'il pratiquait une politique anticléricale en France, de continuer sa politique d'hostilité à l'égard de l'Italie : D'où la Triple-Alliance qui réalisa ce paradoxe que Sa Majesté le très catholique empereur d'Autriche devint garant du maintien de la capitale de l'Italie à Rome contre la République Française laïque. Les relations économiques suivirent le sort des relations politiques. Le 15 novembre 1886, l'ambassadeur italien à Paris dénonça le traité de commerce du 3 novembre 1881, pour le l®'' janvier 1888. Le Gouvernement Italien proposait de nouvelles négociations qui retardèrent la r ^ure jusqu'au 2 février 1888. Le 28 février, le Gou-
ves Guyot. La Séparation de VE^jlise et de VEtat, Discours P ncé à Saint- Jean-d'Angély. [Alliance républicaine^ 1 broch.)
vernement Français frappa cer laines marchandises italiennes de droits différentiels et le 29, le Gouvernement Italien lui rendit la pareille. Les navires des deux pays étaient réciproquement soumis à des surtaxes. On remplaçait rechange des marchandises par celui des mauvais procédés,
Les effets s'en firent immédiatement sentir. Le total des échanges qui s'était élevé à 500 millions de francs en 1887 tombait à 300 millions en 1888. Les gouvernemenis trouvèrent que cette baisse était excessive : et, au fnois de janvier 1890, la guerre de tarifs fut remplacée par Tapplication du tarif général ou du tarif maximum de chacun des pays. Le 6 mai 1897, le Gouvernement Italien fît des ouvertures à la France pour établir entre les deux pays des relations d'après la clause de la nation la plus favorisée. La France excepta de l'application du tarif minimum les soieries et les vins, ceux-ci restant frappés de droits différentiels et demanda des réductions au tarif conventionnel de l'Italie sur certains produits. L'Italie accepta et l'accord fut conclu le 21 novembre 1898. Le projet de loi qui le consacra fut adopté à la presque unanimité par la Chambre et le Sénat à la fin de janvier 1899.
Voici quels ont été les résultats de cette guerre de tarifs d'après les chiffres de la douane française : les exportations des produits italiens en France, qui, en 1887, représentaient une valeur de 307.709.000 francs, tombèrent en 1888 à 131.738.000 francs, soit une baisse de 57 p. 100.
Les exportations de la France en Italie baissèrent de 50 p. 100 : de 326.188.000 francs en 1887 ^ 155.514.000 francs en 1888 et à 160.833.000 fra en 1897. Les exportations de lainages français tf bèrent de 20.082.000 à 3.081.000 francs; les expo?