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LE PAIN EN FRANGE

par le tarif de douane, et cependant exagérée avec le blutage actuel, de 100 kilogr. de- blé = 100 kilogr. de pain.

D'après Y Enquête agricole de 1892, nous trouvons comme département représentant le plus grand excès de production en blé par rapport à sa population, celui d'Eure-et-Loir, qui a 906 hectolitres par 100 habitants. Si je convertis les hectolitres en quintal au poids de 75 kilogr,, je trouve 780 quintaux.

Mais 75 sur iOO habitants seulement ont besoin d'être pourvus de la ration d'un kilogr. par jour. La proportion se trouve ainsi relevée d'un quart et est portée à 875 quintaux pour 100 habitants ou 875 kilogr. par habitant.

Or la ration type nous donne 3^0 kilogr. par an. 11 y a donc excès de olo kilogr. par an.

Si nous faisons le même calcul pour les autres départements, nous constatons que tout département qui ne produit pas au moins Shectol. 37 de blé par habitant est condamné à une alimentation insuffisante ou est obligé d'en importer des départements qui en produisent en plus grande quantité. Or, il y a 43 départements sur 87, soit la moitié, qui se trouvent dans celte situation (Statistique agricole, année 1892, la récolte étant de 117.500.000 hectol.).

La moyenne de la production du froment, pendant la période décennale, a été de 114.320.000 hectol., évalués par la Statistique agricole de. 1902, à 8.800.000 tonnes. Je n'en déduis pas les 5 ou 6 millions de quintaux emnloyés pour des usages industriels ; je ne suppose p non plus qu'il y en ait une certaine quantité e loyée à la nourriture du bétail. Je n'en déduis q ^a quantité nécessaire pour la semence que YEnq décennale estime à. i million de tonnes.

Ce million de tonnes déduit, il reste donc, sur 8 millions 800.000 tonnes, 7.800.000 tonnes à la disposition de Talimentation.

Nous avons donc, d'après la formule donnée plus haut : 1 kilogp. de pain par jour = 360 kilogr. de pain par an X 30.000.000 de rations = 10.800.000 tonnes, et, par conséquent, un déficit de 3 millions de tonnes de froment, soit de près de 29 p. 100.

11 est vrai qu'il y a des grains inférieurs qui entrent pour une part dans l'alimentation humaine; d'après la moyenne décennale de 1893-1902 le seigle a donné 1.590.000 tonnes; Torge 971.000 tonnes, mais elle n'entre guère directement dans la ration alimentaire; l'avoine, 4.115.000 tonnes, mais elle ne convient pas en France à l'alimentation humaine ;le sarrasin 554.000 tonnes, mais il représente l'alimentation la plus misérable.

La récolte des pommes de terre a été pendant cette période décennale de 12.148.000 tonnes; mais on peut estimer que l'alimentation des animaux, les usages industriels, la distillerie, la semence en prennent 5 millions. D'un autre côté, d'après le tableau donné par M. Armand Gautier*, sur 100 parties fraîches les blés français et étrangers donnent en moyenne 12,64 de matières albuminoïdes; les pommes de terre 1,3. En un mot, pour obtenir la même quantité d'albuminoïdes, il faut 972 tonnes de pommes de terre là où il ne faut que 100 tonnes de froment. En un mot pour obtenir l'équivalent des substances protéiques, fournies par 1 million de tonnés de blé, il faudrait9.720.000 tonnes de pommes de terre.

Il manque 3 millions de tonnes à la récolte du b* i 29 p. 100. En comptant le seigle et le sarrasin, co^ 3

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