‹ La comédie protectionnisteChapitre 89 sur 265 · Statistique agricole de 1892, p · texte numérisé non relu

Statistique agricole de 1892, p

j'ai négligées et ne sauraient modifier le pourcentage de plus de 2 ou 3 p. 100 au maximum.

Ajoutons l'appoint du poisson dans Talimentation animale. D'après la statistique des pêches pour 1899, 1900, 1901, les produits des diverses pêches maritimes varient enlre 260.000 et 280.000 tonnes ; en y ajoutant les pêches d'eau douce et les pêches dont les produits ne sont pas connus, nous obtenons environ 300.000 tonnes.

Mais il faut déduire de ce chiffre environ 40.000 tonnes exportées, dont 28.000 de morues grâce à un système de primes. On peut donc dire que l'adjuvant apporté à la consommation par le poisson ne dépasse guère 250.000 tonnes. Si on compte largement 300.000 tonnes, et si l'on évalue, ce qui est exagéré au moins d'un tiers, que la qualité nutritive du poisson est égale à

celle de la viande, nous avons 1.608.000 tonnes. La ration nécessaire étant de 3.240.000 tonnes, le déficit

est de 1.632.000 tonnes ou de 53 p. 100.

Quand il faut 100 kilogr. de nourriture animale, nous

n'en avons que 47.

La Statistique agricole de 1892 évalue le produit

d'une poule à 80 œufs par an et à 2.885 millions d'œufs I la production totale (p. 316). Si on estime le poids de

l'œuf à 60 grammes (coquille comprise), nous avons

pour l'ensemble de la France 173.000 tonnes d'œufs.

M. Armand Gautier estime que de 1890 à 1899 la ; consommation moyenne des œufs, par chaque Parisien,

sans distinction d'âge ni de sexe, a été de 10 kilogr.

d'œufs. Si on fait entrer dans chacune des 3.240.000 ra-

lio mimales 10 kilos d'œufs le déficit de Talimen- I *at en matière animale serait encore de près de

me

nge ajoutait le fromage comme succédané de la

viande à raison d'une detni-livre de fromage pour une livre^de viande, et les travaux modernes confirment cette proportion, qui est cependant exagérée pour le fromage frai s. En 1892, la production du fromage a été de 136.650 tonnes. Ne comptant pas les quantités exportées, je double ces 136.650 tonnes et je les ajoute à la ration de viande et de poisson, 273.000 tonnes.

Je ne parle pas du beurre qui, très riche en graisse, ne contient presque pas de matière protéiques.

Que Ton ajoute tous les succédanés possibles à la quantité de viande de l30ucherie et de porc, constatée par la Statistique agricole^ on trouve toujours uq déficit oscillant autour de 50 p. 100. Nous pouvons donc affirmer quen France nous n'avons que la moitié de la nourriture animale nécessaire.

Page 1