II. — L'augmentation dïs la population urbaine
ET l'augmentation DE L'aLÏMENTATÏON ANIMALE.
L'augmentation de la consommation de la viande est une conséquence du bien-être ; et si, dans les villes, je trouve que la consommation de la viande n'a pas augmenté de la même quantité que la population, une conclusion s'impose : c'est que la viande est trop chère et que les droits de douane, qui ont été constamment augmentés depuis 1881, ont leur part de responsabilité dans cette rétrogradation de la consommation.
A Paris, la consommation de la viande de bouc^«'*»e a diminué relativement à la population.
LA VIANDE EN FRANGE iZ9
Poçu- Consommation Popu- Consommation lalion -— -^.-x^-*^ — * lation totale p. 100 p. 100 partéte
habitants tonnes kil.
1880. Recensement
de 1876 1.988.000 149.600 » " » 79
1902. Recensement
de 1901 2.657.000 ,165.500 33 10 62
Recensement de
Ainsi tandis que la population a augmeiilé de 33 p. 100, la consommation de la viande n'a augmenté de 1880 à 1903 que de 8 p. i 00 ; et la loi de douane du 31 juillet 1903 n'a pas été étrangère au recul de la consommation de 1903 sur 1902.
11 faut ajouter à la viande de boucherie la consommation du porc, de la volaille et du gibier, du poisson : cette consommation a-t-elle augmenté plus rapidement ou moins rapidement que la population?
Porc et charcuterie Volailles et gibier Poissons
Consom- Consom- Consom- Gonsom- Gonsom- Consommation mation mation malien malien mation totale p. 100 totale p. 100 totale p. 100
L'augmentation de la population étant de 33 p. 100, celle du porc était restée inférieure en 1902 ; elle est devenue un peu supérieure en 1903. Il est probable qiie le porc a été substitué à la viande comme aliment à
illeup marché dans un certain nombre de ménages,
îompensalion des 4.000 tonnes de viande en moins.
e du poisson est resté stationnaire de 1880 à 1903.
'augmentation de la consommation de la volaille
-et du gibier dépasse, seule, raugmentation de la population : mais c'est là une consommation de luxe.
La ration annuelle du Parisien adulte n'est que de 87 kilogr. de viande au lieu des 108 kilogr. du soldat. Elle a subi un recul.
J'ai fait auprès des maires d'un certain nombre de villes de France, dont la population s'est le plus développée, une enquête pour comparer le développement de la consommation de la viande de boucherie et de l'alimentation animale. (V. le tableau ci-contre.)
On remarquera qu'à l'exception d'Angouléme, l'augmentation de la viande de boucherie et de l'alimentation animale n'a augmenté que dans les villes où la consommation était très faible.
Mais, sauf à Bordeaux, à Angoulême et à Nîmes, nulle part la consommation n'atteint les 108 kilogr. qui, à 300 grammes par jour pour les 3/4 de la population, constituent le type de ration du soldat.
A Toulouse, le chiffre de la viande de boucherie est d'une petitesse stupéfiante : 483.000 kilogr. pour 127.000 habitants, 3 kilogr. par habitant !
Je sais que l'on peut dire que l'habitant des campagnes qui vient à la ville est habitué à consommer moins de viande que l'habitant de la ville qui s'y trouvait déjà. Par conséquent la progression de l'alimentation animale pourrait, pour ce motif, présenter un certain retard sur la progression du nombre des habitants. Même en tenant compte de cette observation, on trouve une si grande différence dans certaines villes comme Lyon, Marseille, qu'il est difficile de ne pas admettre qu'il y a diminution dans la consommât et qu'il y a une corrélation entre ce résultat et la hauj du prix de la viande.
Or, les droits de douane sont un des éléments
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