III. — La part de la protection
Laissant en dehors les boissons, quoiqu'elles - il
aussi frappées par la douane, je cherche quelle ' la
part des droits de douane dans le régime a^ itaire.
100 kilogr. de blé = 100 kîlogr. de pain ; donc
600 kilogr. au droit de 7 fr. = 42 fr. par an. 42 fr. 20 fr. les 100 kilogr. de viande sur pied=0 fr. 35
pour le kilogr. de viande nette (120 X 0,35). 42 Lard : 4 kilogr. X 1^ = ^8 kilogr., au droit
de 25 fr. les 100 kilogr 12
Pommes de terre : 22 kilogr. X i2 = 264 kilogr.
au droit de fr. 40 les 100 kilogr 1 05
Œufs : 80 douz. à 60 gr. Tœuf = 57 kil. 600,
au droit de 6 fr. les 100 kilogr 3 45
Soit, en chiffres ronds, 100 francs.
Si je rapproche ce total des droitfe de douane du
budget alimentaire le plus élevé, soit celui de 744 francs
par an, je constate que la répercussion des droits de
douane représente plus de 13 p. 100 (près de 1 sur 8)
du prix de Talimentation d'un ménage ouvrier dans
une grande ville. Si on l'appliquait au budget le plus-
bas, on trouverait — ^j — =16 p. 100,
Si je déduis le total des droits de douane du prix de la nourriture donné ci-dessus, je trouve les différences suivantes :
Coût de la nourriture
Sans la douane
Manœuvre .... 560 fr.
Ouvrier de métier. 560
Manœuvre (Seine). 644 Ouvrier de métier
(Seine) 644
Avec la douane
660 fr.
Salaire
825 fr.
Part p. 100 de la nourriture
Sans la Avec la douane douane
La part du droit de douane prélevée sur le salaire est d^autant plus grande que le salaire est moins élevé.
ir remédier à cet inconvénient, l'ouvrier qui reçoit
1< aire moindre n'a qu'un moyen : c'est la privation.
s doute, le droit de douane ne joue pas toujours
c Hement. Pour le blé, le droit de 7 francs ne joue
complètement que lorsque la récolte est mauvaise ; alors la différence entre le prix du marché de Londres et celui de Paris le dépasse. M. des Essars a calculé, pour une série d'années, que la'diflFérence moyenne entre les cours des deux places était de 4 fr. 90 *.
Mais si la taxe sur le blé ne joue pas complètement, les droits entraînent pour d'autres articles une majoralion qui en dépasse le taux.
M. des Essars a relevé pour quarante-six articles le prix de catalogue de grandes maisons d'épicerie à Paris et à Londres et, supposant que l'acheteur eût acheté une unilé de chacun des articles qu'il a pu identifier, il a trouvé qu'il aurait dépensé 109 fr. 95 à Paris et 84 fr. 09 à Londres, soit exactement 30,78 p. 100 de plus à Paris qu'à Londres I Mais, dans les prix français, il faut compter 11 fr. 34 de droilsde douane et d'octroi et seulement, dans les prix anglais, 1 fr. 57, de sorte que finalement à Paris le prix net de la marchandise est de 98 fr. 01 et de 82 fr. 52 à Londres, soit encore un écart de 16 francs ou de 19 p. JOO au détriment de Paris.
Certes, dans l'écart de 30,78 p. 100 entre les prix de Paris et de Londres, il y a autre chose que les 11,66 p. 100 des droits de douane et d'octroi; mais la protection, agit dans l'espèce, en gênant le commerce et en faisant prendre aux marchandises le chemin des marchés libres de préférence à celui des marchés protégés, ainsi qu'en obligeant les détaillants à faire une avance de droits sur laquelle ils prélèvent leur bénéfice, comme sur le prix de la marchandise elle-même.
La comparaison du prix du pain et de la viande en France avec celui des autres pays montre de quel poi l'alourdit notre système douanier.