‹ La comédie socialisteChapitre 105 sur 199 · L'APOLOGIE DE LA CAPITULATION · texte numérisé non relu

L'APOLOGIE DE LA CAPITULATION

Un capitulard. — La théorie de la capitulation. — Rmdeur d'attitude et faiblesse de caractère. — Riposte de M. Léon Say. — Nécessité de livrer des batailles. — « 11 y a deis jours où on peut faire des concessions, il y a des jours où elles tuent. »

Si le général Cavaignac avait pu entendre le discours de son fils, du 31 décembre 1894, il n'aurait pas manqué de lui dire :

— Je te renie. Si tu es le fils d'un général, c'est du général Dupont, le capitulard de Baylen; car ce que tu as l'ait, c'est la théorie de la capitulation quand tu as (lit : <^ De pour que l'adversaire n'enfonce les portes, il faut les lui ouvrir ! »

Car voilà les propres termes de M. Cavaignac. La raideur de son attitude ne sert qu'à dissimuler la faiblesse de son caractère.

bdis que ce fils de guerrier faisait cette théorie de

, ce fut un fils d'économiste, économiste lui-

iy qui n'avait rien de raide dans la tournure, qui

y trop d'esprit et l'intelligence trop ouverte pour se pr des airs ténébreux, jugeant que, si les idées profondes, l'art de l'orateur et de Técrivain est de

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les amener à la surface fft de les rcDdre visibles à tous, ce fut H. Léon Say qui fit enlendre, avec une bonne humeur, pleine de simplicilé, des paroles de courage et de netteté.

IlditàM. Cavaignac:

— On ne perd pas les batailles quand on ne les livre pas; mais le résultai est exactement le mAme, si on livre la forteresse.

Cette vérité indiscutable allait plus loin que M. Cavaignac : elle s'adressait au gouvernement lui-même.

M. Léon Say enferma le gouvernement dans ce dilemne :

-^ Vous ne laisseï! pas les socialistes ouvrir une pharmacie municipale à Roubaix, et vous leur donnez un impôt progressif sur les successions qui est le point de départ de leur fiscalité de confiscation : pourquoi refuser une chose secondaire el accorder une chose principale ?

- Il fit entendre un certain nombre de paroles dont chacun doit peser la gravité :

Nous sommes arrivés à un tournant de la politique; vous êtes séparés de très peu de mètres du précipice...

II y a des jours où on peut laire beaucoup de concessions, des jours où elles fortifient; il y a, au contraire, des jours où elles tuent.

On ne pouvait mieux indiquer, en quelques mots, l'art de la politique.

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