‹ La comédie socialisteChapitre 116 sur 199 · LE PARTI DES SAINTS · texte numérisé non relu

LE PARTI DES SAINTS

Le saint demandé. — M; Léon Bourgeois. — Politique manichéenne. — Les bons et les mauvais. — L'école tendre. — « Le parti des saints! »

M. Paul Desjardiûs publiait, il y^ a deux ou trois ans, une brochure dans laquelle il demandait « des saints ». Il nous faut des saints, répétait-il sur tous les tons.

H. Léon Bourgeois a mis quelque temps avant d'entendre cet appel; mais il Ta entendu et il s'est déjà présenté à Lyon, le 12 janvier 1896, comme l'homme de la politique de la main tendue qu'il oppose à la politique du « poing fermé », comme si jamais quelqu'un avait vu un poing ouvert.

Depuis, il a répété avec diverses variantes ce programme politique et, en juillet 1896, à Lisieux, il opposa la politique d'égoïsme à sa politique...

Ceux qui sont avec lui sont des gens vertueux, compatissants aux souffrances humaines, toujours occupés à chercher les moyens de les soulager : lui-même n'a jamais eu d'autre préoccupation ; c'est un saint Martin, qui non seulement a plus d'une fois partagé son manteau, mais l'a donné tout entier. &^\i\^m^\iV.

3i4 LA COMKDIE SOCIALISTE

comiiK^ los bon nos œuvres valent d'autant plus qu'elles sont plus ignorées, jamais personne n'en a rien so. C'est un Vincent de Paul qui recueille les petite onfanls. X'a-l-il pas été ministre de l'instruction publique? CVst un saint, M. Léon Bourgeois, le saint demandé par M. Paul Desjardins. II est à la tète do parti d(\s saints, comme le prouvait M. Doumer. M.Doomer, n'ayant rien à donner lui-môme aux déshëritéSt n'hésitait pas à prendre aux autres pour les gratifier de ses bienfaits, si douloureuse que pût être pour lui cette obligation.

M. Ricard est un saint qui n'aurait point hésité à sacrifier à sa vertu tous ses adversaires politiques et M. Cavaignac était convaincu qu'il avait pour mission de purifier la Babylone moderne.

Tous ceux qui ont attaqué le ministère Bourgeois sont au conirairo des gens égoïstes et immoraux. Ceux qui oui repoussé l'impôt sur le revenu ont prouvé qu'ils ne voulai(Mii pas être généreux avec l'argent des autres. Ceux qui n'ont point admis les procédés de M. Ricard dans ralîaire Rempler sont des esprits de ténèbres. Tous les adversaires de M. Bourgeois obéissent au génie du mal, ils appartiennent à « l'école dure ».

M. Bourgeois, lui, appartient à l'école tendre. Il a le cœur si tendre qu'il ne peut se consoler de n'être plus au pouvoir, d'où il pouvait répandre ses bienfaits sur ses vertueux amis.

Qu'on lui rende le pouvoir et il tendra la main toute large h ceux qui l'auront aidé à le conquérir. Une sera point ingrat.

Il aura pour eux la politique de la main ouverte arec les deniers des contribuables que M. Doumer promettait de pressurer d'autant plus qu'il aura Tàme plus tendre.

Page 1