‹ La comédie socialisteChapitre 41 sur 199 · LE PROGRAMME DE SAINT-MANDÉ · texte numérisé non relu

LE PROGRAMME DE SAINT-MANDÉ

beaucoup savent que « la réunion de lïnstrument de production et du produit intégral de leur travail » ne fait pas Taisance.

M. Millerand indiqua les trois points nécessaires pour caractériser un programme socialiste :

L'intervenlion de TEtat pour faire passer du domaine capitaliste dans le domaine national les diverses catégories des moyens de production et d'échange au fur et à mesure qu'elles deviennent mûres pour Tappropriation sociale; conquête des pouvoirs publics par le suffrage universel, entente internationale des travailleurs.

Des toasts furent ensuite portés par MM. Paschal Grousset, Pierre Baudin, Jaurès, Vaillant, Prudent-Dervillers, Jules Guesde. Ce dernier dit :

Nous demandons des gages à ceux que nous accueillerons, car il faut nous connaître, savoir qui nous sommes, pour exercer une action sur un pouvoir qui est à la veille d'être conquis soit par les voies ordinaires, soit par les voies violentes, si Ton veut attenter à nos libertés.

Je bois, dit en terminant M. Jules Guesde, à l'union socialiste qui va mettre en deuil la réaction capitaliste, cetle réaction qui avait déjà escompté notre désunion. Je bois au collectivisme libérateur!

Les discours prononcés par MM. Millerand et Jules Guesde, dans cette cérémonie, ont reçu le titre de « Programme de Saint-Mandé ».

Quelques jours après, le groupe de l'Union socialiste de la Chambre adopta, non sans discussion, et par 26 voix seulement contre 14 et 18 abstentions, l'ordre du jour suivant:

Le groupe socialiste de la Chambre affirme sa volonté de continuer sa lutte de tous les jours contre les gouvernements de réaction. 11 proposera ou soutiendra les réformes immédiates qui pourraient, même sous le régime

capitaliste, améliorer la condition des travailleurs. Il n'entend lier par aucune formule étroite la liberté de se» membres et le développeihent même du socialisme. Mais^ pour dissiper des équivoques fâcheuses, il déclare nettement qu'en conformité avec la pensée essentielle les socialistes de tous les pays et avec la tradition socialiste française, depuis la Révolution, il entend abolir le régime capitaliste lui-même et mettre un terme à l'exploitation de rhomme par Thomme, au moyen de la conquête du pouvoir politique par le prolétariat, de la substitution de la propriété sociale à la propriété capitaliste et de l'entente internationale des travailleurs.

Tel est donc le programme minimum de la majorité de rUnion socialiste.

Dans son discours du 15 mai 1897, au banquet Emile Dubois, H. Millerand ayant paru faire quelques réticences pour transformer le socialisme fermé en socialisme ouvert, le lendemain la Petite République déclara que le programme de Saint-Mandé tenait toujours. Dont acte.

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