ET DES PETITS PROPRIÉTAIRES
Le petit commerçant et le petit patro4 sont des exploiteurs. — La naïveté des petits commerçants qui s'allient aux socialistes. — Les petits propriétaires. — Tous fonctionnaires. — Un but imlque : le communisme. — Nécessité de la guerre sociale.
Nous recommandons aux petits commerçants, aux petits propriétaires et aux petits cultivateurs, un article publié par M. Albert Goullé, dans la Petite République (novembre 1893).
Voîci comment il traite le petit commerçant :
Le petit commerçant, le petit patron, n'est pas un déshérité, mais un exploiteur qui s'efforce à devenir gros. S'il vient au socialisme, c'est après faillite, ou parce que la faillite est proche. Jusque-là le socialisme n'a pas de pire détracteur.
Bon nombre de petits commerçants, dans les élections de Paris en 1893, ont patronné des socialistes, qui leur témoignent leur reconnaissance de cette manière.
Mais dans leur haine contre les grands magasins, ces
petits commerçants se croyaient de très habiles politiques en nommant des hommes dont le programme comporte la suppression des intermédiaires.
Pour « donner une leçon au gouvernement )), ils se sont offerts généreusement en holocauste à MM. Millerand, Goblet et leurs amis, grands partisans des privilèges aux sociétés coopératives, de la transformation du service de Talimentation en services municipaux, et de réglementations draconiennes sous prétexte d'empêcher le client d'être empoisonné et volé par le marchand.
Beaucoup de ces t< petits commerçants » ont prouvé, en se faisant socialistes et propagateurs du socialisme, que, comme Martine, ils aimaient à être battus jusqu'à la mort.
Si M. Albert Goullé les traite d' « exploiteurs », ils peuvent se plaindre d'avoir été exploités par ses amis.
Quant aux petits propriétaires, que MM. Jaurès et Millerand veulent séduire, cet enfant terrible leur montre l'incohérence du socialisme qu'on leur présente :
De même pour le « petit cultivateur », sur le misérable sort de qui il est de mode de verser des larmes. Croyez-vous que vos émollientes phrases réussiront à lui cacher que la préoccupation première de la commune reconstituée sera de rentrer en possession du sol national? Certes, il vivra mieux et peinera moins lorsque l'agriculture, service public, et le plus important de tous, sera scientifiquement pratiquée. Mais y aura-t-il seulement des fermiers, petits ou grands, alors? Ne fera-t-on pas appel à la population des villes pour les pressants travaux de chaque saison?
Si vous tenez à faire de l'apostolat parmi les paysans, dites-leur la vraie vérité. Vous leur parlez du prêteur hypothécaire ; ils sont là-dessus renseignés mieux que vous. Vous leur promettez de les décharger d'impôts; ils