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LE SOCIALISME ET LES PETITS COMMERÇANTS

n'en croient mie et font saj];emenl, car on promet, d'aulre part, aux habitants des villes, de supprimer les taxes indirectes. L'impôt foncier, comme l'impôt des patentes, comme l'impôt sur le revenu, a cet avantage — dans l'état économique présent — d'être loyal.

Le petit propriétaire comprend-il que la solution finale est son expropriation ?

M. Albert Goullé ajoute logiquement :

Déjà, de nos jours, l'Etat est facteur, marchand de tabac, entrepreneur de transports, fabricant de poudre. Jl deviendra, par la force des choses, meunier, laboureur, éleveur de bestiaux, etc.

Et M. Albert Goullé continue :

Si grands que puissent être les abus du fonctionna lismB, ils sont quand même moins nombreux et moins graves que ceux de l'escroquerie réciproque dénommée commerce.

En conséquence, c'est parmi les fonctionnaires que devraient se recruter les partisans du socialisme, car il représente l'extension de leur nombre et de leurs attributions. Dans la société « communautaire » idéale, où tout sera service public, chacun sera fonctionnaire, et les gens qui ont eu cette belle conception de l'avenir sont les mêmes qui ne cessent de se plaindre des fonctionnaires et de l'administration actuelle!

Cette contradiction ne les arrête pas, car ils ont comme arrière-pensée que, dans ce bel état de choses, ce seront eux qui seront au pouvoir et que tout marchera d'autant mieux qu'il sera entre les mains des plus ignorants, des plus violents et des moins scrupuleux.

M. Albert Goullé conclut :

En somme, on arrive au communisme. Appelez-le col-

lectivisme, appelez-le mutuellisme, déguisez-le de tel nom qui vous paraîtra devoir choquer moins les timoré», il est l'unique aboutissant.

Pour atteindre à ce bonheur, quelques efforts seront nécessaires, mais on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs. On ne fera pas non plus la révolution sociale sans casser quelques tètes de bourgeois.

La Révolution n'est pas une amusette, c'est la bataille des dénués contre les nantis et il y faudra des énergiques •comme fut Emile Eudes.

En vérité, à ces socialistes qui ont le goût dépravé de la force, il leur faut des généraux, généraux de riusurrection, à défaut de généraux réguliers. Eudes était leur grand homme parce que, par deux fois, il €Ut rhonneur d'être condamné à mort.

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