‹ La comédie socialisteChapitre 65 sur 199 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

« Paris debout. » — 1,055 francs divisés entre 6,000. — Les frères Poyaud et Marins plus forts que Jaurès. — M. Jaurès d'après UD graphologue. — Un lâcheur !

La Petite République^ en convoquant la réunion au Tivoli-Vauxhall le \^^ septembre 1895, avait intitulé son article : Paris debout !

Si, le 31 août, les deux millions et demi de Parisiens, y compris les vieillards, les femmes et les enfants, étaient debout, ils n'étaient pas, à coup sûr, au Tivoli-Vauxhall.

Les manifestants étaient bien six mille, annonçaient le lendemain les journaux officiels du socialisme et du boulangisme réunis, et ils proclamaient qu'à la fin de la réunion, ils étaient dix mille.

Résultat : 1,055 francs de recettes. « Paris debout » n'est pas généreux.

M. Jaurès, après avoir soupesé cette escarcelle, resta quelque temps silencieux. Il laissa les frères Poyaud et Marins chanter dans les cours, avec la tolérance de ja Préfecture de police, et « les frais payés », verser à la caisse.

Si les frères Poyaud et Marins avaieul cow\\\i\iL^^

ils auraient ramassé autant et plus que M. Jaurès.

M. Faubert se sentait humilié pour celui-ci 'et se demandait si un des frères Poyaud, à moins que ce ne fût Marins, ne le remplacerait pas, comme dépoté de Carmaux; car il aurait pu dire aux électeurs de Jaurès :

— Je ne vous avais rien promis, et je vous ai donné. M. Jaurès vous a tout promis, et que vous a-t-il donné?

Notre bon ami M. Faubert, que préoccupe Jaurès et qui a foi dans la graphologie, s'est procuré un de ses autographes et est allé le soumettre à un graphologue aussi intelligent que prudent.

Voici le résultat de la consultation que M. Faubert m'a communiqué et que je publie tel qu'il lui a été remis :

L'écriture de M. Jaurès révèle une intelligence très vive, mais sans grandeur, beaucoup de facilité et de « superficialité ». Il a une tendance à s'emballer, à accentuer son action à mesure qu'il agit, par suite à ne pas toujours remarquer suffisamment les obstacles. C'est un impulsif qui se détermine non pour la raison principale qui semble devoir l'exciter, mais à cause de l'incident le plus imprévu. Il est impossible de savoir ce qu'il fera dans une circonstance donnée, car il manque d'esprit logique.

Son activité est grande, mais son énergie est faible. Il a besoin d'exagérer ses manifestations actives, au début, en guise d'élan. Et même ainsi, il reste souvent en route.

Comme caractère, il est un grincheux et un rageur. Il est très susceptible et irritable, mais il a un côté expansif qui est très attachant.

Gomme tous les sensibles très intelligenfs, il a la nature riche, à la fois compliquée et insaisissable, aux réactions inattendues, et il n'en faut pas plus pour expliquer son prestige sur son entourage.

H. Jaurès « exagère sa manifestation active au début », mais « il reste en route ».

Peut-être le graphologue eût-il été encore plus exact, s'il avait dit : — Il laisse les autres en route. Débrouillez-vous comme vous pourrez.

Lui, pris de la papillone, s'en va ailleurs.

— Un lâcheur! quoi! dirait un de ceux qui l'applaudissaient au Tivoli-Yauxhall, à la condition de ne pas payer.

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