LES ASCÈTES DU SOCIALISME
Le Télégramme de Toulouse avait publié un menu <iu dîner auquel avaient pris part MM. Jaurès, Millerand, Pelletan et autres, avant la réunion faite à propos de Carmaux au mois de septembre 1895.
Or, le lendemain parut une note furibonde dans la Petite République^ intitulée : Calomnies!
Un de ses rédacteurs s'écriait avec indignation : « Je donne ma parole d-honneur qu'il n'a paru sur la table ni huîtres, ni perdreau, ni foie gras, ni vins d'extra. »
En le prenant sur ce ton, à propos de ce menu, exact ou non, le rédacteur de la Petite République ne s'est pas aperçu qu'il condamnait Jaurès, Millerand, Pelletan, tous les socialistes authentiques et lui-même à ue jamais manger ni perdreau, ni foie gras, et à ne pas boire un verre de vin fin.
Car, si dire que ces messieurs, ensemble ou séparément, ont mangé du perdreau, du foie gras et bu du vin extra est une calomnie aux yeux du rèds^el^wt à^\^
Petite République, il considère donc cet acte c< coupable et déshonorant pour tout socialiste.
Si les ordres socialistes ont des avantages leurs chefs, ils comportent aussi des obligations, lesquelles Thypocrisie.
LIVHE V