II. Mauvais accueil fait à cette proposition
Le 29 novembre 1892, au moment où je venais de Toir 197 députés voter pour l'amnistie, à propos de la grève de Garmaux, sur la proposition de M. Terrier, Toici le langage que je tenais.
Laissons de côté ces questions de détail. La question qui se pose actuellement est plus haute.
C'est une question analogue à celle qui s'est posée pour les républicains lors de Tavènement du boulangisme. Tout d'abord, il y a eu, pour quelques-uns d'entre eux, incertitude : où était le devoir? Lors de la formation du ministère Rouvier, une réunion de l'extrême gauche, des hommes qui, plus tard, ot\\. ç,q\sv-
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battu le boulangisme, lui lançaient Tanathème, parce qu'il n'avait pas conservé le général Boulanger au ministère (le la guerre.
Aujourcriiui, pour tous les républicains, il s'agit de savoir s'ils se mettront à la remorque des socialistes ouvertement ou hypocritement révolutionnaires. H s'agit de savoir si, pour conserver ou obtenir une popularité de mauvais aloi dans certains milieux, ils con^ sidéreront que, devant les prétentions que certains meneurs inspirent à certains ouvriers, il n'y a plus ni loi, ni égalité, ni liberté, ni principes de justice. U s'agit de savoir s'ils deviendront les courtisans de toutes les passions qu'on aura déchaînées et s'ils éri-^ geront la violation de la liberté du travail, la tyrannie menaçante exercée par des groupes ou par des syndicats, l'abrogation des sentences des tribunaux, en règles de leur politique.
Nous disons, nous, qu'il est du devoir de tous les républicains qui ont donné des preuves de leur républicanisme sous l'empire, sous le 24 mai, sous le 16 mai, pendant le boulangisme, de prouver, par leur union contre de tels événements, que le gouvernement républicain est un gouvernement d'ordre et de légalité.
S'ils se dérobaient à cette tâche par faiblesse ou par irréflexion sentimentale, ils feraient courir à la République un risque facile à apercevoir.
Dans un temps plus ou moins court, il y aurait un cri de réprobation contre cette politique de désordre, semblable à celui qui sest élevé contre le boulangisme. Le pays se soulèverait contre elle comme il s'est soulevé contre les prétentions du fameux général. Mais si les républicains de la veille, les républicains dont le passé répond des convictions, n'avaient pas fait
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l'union contre la démagogie socialiste, savez-vous ce <jui serait à craindre?
Nous voulons .maintenir ferraemenf tous les résultats acquis par la République ; nous voulons une politique progressive qui appelle à la lumière tous les droits méconnus, qui mette en œuvre les principes de la Révolution : et c'est en nous reportant à ces souvenirs que nous disons aux républicains ; Prenez §arde de céder à ces entraînements qui, après l'avoir fait passer par la Terreur, l'ont conduite au Directoire, puis à Bonaparte! Chargez-vous énergiquement de maintenir le respect de la loi et la sécurité publique, pour que d'autres n'en soient pas chargés à votre place. Contre la coalition démagogique qui réunit aujourd'hui certains radicaux aux socialistes révolutionnaires et aux boulangistes, faites l'union de tous les républicains.
Au lieu de fn'écouter, on m'a injurié, on m'a excommunié : et parce que je refusais de me mettre à la remorque des collectivistes révolutionnaires, parce que je les combattais, on a crié que « j'avais changé », ce qui eût été mon droit; mais ce qui n'était pas. Et ce qu'il y avait de charmant, c'est que c'étaient ceux qui m'adressaient ce reproche qui, après avoir été centre gauche, comme M. Goblet, se réveillaient tout d'un coup affiliés aux socialistes collectivistes révolutionnaires et faisaient commerce d'amitié avec des hommes qu'ils avaient flétris jadis.
Non seulement les républicains qui entraient dans l'Union socialiste, comme MM. Goblet et Millerand,
mais d'autres qui se tenaient sur la lisière, votaient la proposition Terrier, puis le 7 juillet 1893 signaient le manifeste qui opposait la Bourse du travail au gonvernement et lui adressaient une sommation menaçante de s'incliner devant elle.