‹ La comédie socialisteChapitre 91 sur 199 · LE MANIFESTE DU 7 JUILLET · texte numérisé non relu

LE MANIFESTE DU 7 JUILLET

Rédigé par M. Millerand. — Endossé par d*anciens ministres. — Appel à l^insurrection. — La Bourse du travail contre le gouvernement. — « Oser jeter l'armée dans nos querelles civiles. » — Platitude déshonorante. — Sa récompense.

Au lendemain de la fermeture de la Bourse du tra- Tail, M. Millerand, en collaboration de quelques socialistes . de la Petite République française, comme MM. Fournière et Goullé, rédigea un manifeste, le publia et signa : « Les élus de Paris. » Après Tavoir signé ainsi, il les convoqua : et des hommes qui ont été ministres de l'intérieur, présidents du conseil des ministres, MM. Floquet, Brisson, Goblet se rendirent à cette réunion et revêtirent de leurs signatures le manifeste que leur lut M. Millerand.

Le voici :

Citoyens ,

Les violences gouvernementales contiouent.

Après avoir, pendant trois jours, fait assommer les passants inoffensifs, sabré la foule et envahi les hôpitaux, le gouvernement s'attaque aujourd'hui à la Bourse du travail.

La ville de Paris avait, sur la demande du préfet de la

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Seine, représentant le gouvernement, ouvert la Bourse, qui lui appartient, à tous les travailleurs, sans distinction. Toutes les associations corporatives y trouvaient place, aussi bien celles qui se réclament de la loi de- < 1884 que celles qui n'ont pas cru de leur intérêt d'y recourir, trouvant dans le droit commun un abri suffisant.

Tout d'un coup, « brutalement », sans attendre lés décisions de la justice, le ministère vient de faire occuper militairement la maison municipale des oumers et d'en chasser ses légitimes occupants.

Citoyens,

En face de ces provocations, vos élus vous adjurent d'opposer le sang-froid à la violence. Ne tombez pas dans le piège qui vous est tendu. Ne fournissez pas aux ennemis du peuple l'occasion d'une journée.

Uestez calmes dans votre force et dans votre droit.

On ose jeter dans nos querelles civiles Tarmée, défense de la patrie contre ^'agression extérieure; songez à la République et laissez passer les provocations de ce gouvernement d'un jour, qui ramasse, pour s'en servir contre le peuple, les armes do l'Empire.

Vos élus sont avec vous pour défendre vos droits.

Le verdict prochain de la France républicaine vengera Paris.

Vive la République !

Députés : MM. Rarodet, Raulard, Henri Rrisson, Chassaing, Gliautemps, Camille Dreyfus, Dumay, Charles Floquet, Hovelacque, Jacques, La vy, Henri Mathé, A.Maujan. Mesureur, Millorand, Pichon, Tony-Révillon.

Conseillers municipaux : MM. Attout-Taillefer, Bassinet. Piorre Raudin, Rellan, P. Rernard, Rerthaut, Blondeau, Blondel , Brard , Brousse , Gaumeaa , Champoudry» Chausse, Chauvière, Deschamp, Delhomme, Dubois, Poussier, Faillet, Fourest, Girou, Gros, Alphonse Hunabert, Lampué, Charles Laurent, Levraud, Lopin, Lucipia, Lyon-Allemand, Marsoulan, Maury, Navarre, Opportun, Patenne, Piperaud, Prudent-Dervillers, Picau, Petrot, Puech, Réty, Rouanet, Rousselle, Sauton, Paul Strauss, Thuillier, VaillanI, Viguier, Vorbe, Weber.

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