‹ La comédienneChapitre 4 sur 48 · LE CERCUEIL SOUS LES ROSES · texte numérisé non relu

LE CERCUEIL SOUS LES ROSES

ouRQUoi Victor Hugo n'eut-il pas le loisir de passer cinq minutes de plus à ce spectacle. A peine il était à vingt pas qu'Esther, tout

Une étoile qui se lève

en disant ses vers, leur donnait l'accent de la poésie et du sentiment, comme s'ils lui eussent été inspirés à elle-même.

On lui demanda de les dire une seconde fois. Valia saisit le préx;ieu.x autographe du poète pour dire à son tour les strophes; mais Esther, offensée, voulut les reprendre. Combat des deux sœurs. Colère farouche d'Esther. On intervint.

— N'est-ce pas que c'est à moi que le monsieur les a données.

— C'est à nous deux.

— C'est à moi seule!

Le feuillet fut déchiré.

— Oh! si M. Victor Hugo vous voyait! dit un des graves personnages de l'assemblée.

Ce nom apaisa la tempête comme un signe de Jésus. Valia, désarmée, rendit à Esther la moitié de la feuille qui lui restait entre les mains.

— Il faut qu'elles s'embrassent ! cria-t-on. Valia prit Esther dans ses bras et la souleva

bien haut. On applaudit. Esther consolée et triomphante se mit à redire les vers avec une émotion qui gagna tous les cœurs.

Le cercueil sous les roses i3

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