I. Moreau et Lemonnier furent désignés. L. Tuetey, t. I
curé les moyens de faire payer les objets achetés pour le compte de la République à la vente de feu Praslin et m'imposant l'obligation de les faire réunir au Dépôt qui vous est confié, je vous préviens que je viens d'engager la Commission des monuments à nommer sans délai des commissaires pour retirer les objets dont il s'agit et dont je joins ici l'état des mains du citoyen Le Brun, chez qui ils sont déposés, en donner toutes décharges et récépissés et les mettre de suite à votre disposition. Je vous invite à ppesser en ce qui vous concerne l'exécution de ces dispositions, ainsi qu'à vous concerter à cet effet avec la Commission des monuments, et je vous autorise même, pour accélérer, à prendre dès ce moment connaissance des objets dont il s'agit chez le citoyen Le Brun afin de pouvoir, d'après leurs dimensions, déterminer d'avance la place à leur réserver au Muséum en attendant que la Commission des monuments ait pris les mesures et rempli les formalités convenables pour leur enlèvement.
Archives nationales, F^^ loSg, n" i.
Rapport.
3o juillet 1793.
Le citoyen Le Brun, peintre, a fait acquisition à la vente du mobilier de feu le citoyen Praslin de quatre tableaux que le citoyen David, député à la Convention nationale, a jugé être d'une importance particulière pour le Muséum des arts * . Ces tableaux, suivant l'état
I. Il est très intéressant de savoir que c'est David qui avait désigné ces trois tableaux exécutés par des maîtres dont la
qui en a été remis au ministre de l'Intérieur, soit par ie citoyen Le Brun, soit par le citoyen Boileau, huissier-priseur, qui a été chargé de la vente, sont :
1° Un tableau capital de P. -P. Ruhens représentant le Portrait d'une dame flamande^ délivré à la vente pour la somme de sept mille sept cent cinquante livres, ci 7, 7^0**
2<> Un tableau capital de Rembrandt représentant un intérieur avec le sujet de la Sainte- Famille', dix-sept mille cent vingt livres, ci, 17,120»
3° Un tableau de F. Jordaens représentant Un repas ^ vendu 4,800 h
Il a été en outre acheté à la même vente pour le Muséum un 4^ article qui est, suivant ledit état, un Casque et un Bouclier riches, ciselés en or et émaillés sur un fonds de bas-relief en fer (objet très rare et précieux, outre que toute la valeur s'y trouve en matière d'or fin), vendus moyennant six mille huit cent dix livres, ci ... . 6,810* Total 36,480 tt
Le payement de cette somme n'ayant pu être effectué, attendu qu'il n'avait été jusqu'ici affecté aucun fonds pour les acquisitions qui intéressent le Muséum, le ministre a sollicité ce fonds auprès de la Convention nationale qui, sur le rapport de ses Comités d'Instruction publique et des monuments, a rendu, le 28 du présent mois de juillet, un décret relatif au Musée de la République.
L'article IV de ce décret, par lequel il a été statué sur la demande du ministre, est ainsi conçu : « Il « sera mis à la disposition du ministre de l'Intérieur
manière était si éloignée, opposée même à l'esthétique que David de\ait bientôt enseigner et imposer.
« par la Trésorerie nationale provisoirement une « somme de ioo,oooft par an pour faire acheter dans « les ventes particulières les tableaux ou statues qu'il « importera à la République de ne pas laisser passer « dans les pays étrangers et qui seront déposés au « Musée sur la demande de la Commission des monu- « ments. »
On propose au ministre, en exécution de ce décret, d'approuver qu'il soit délivré un mandat au nom du citoyen Boileau, huissier-priseur, de la somme de trente-six mille quatre cent vingt livres pour le payement du montant des trois tableaux et du casque ainsi que du bouclier, détaillés au présent rapport, dont l'acquisition a été faite pour le Muséum, laquelle somme sera acquittée par la Trésorerie nationale sur le fonds de 100,000 «; qu'elle doit tenir à la disposition du ministre pour les acquisitions de ce genre conformément à l'article IV dudit décret du 28 juillet 1.793. Et sera au surplus ledit mandat converti en une ordonnance de pareille somme, qui sera expédiée en vertu du présent rapport et employée dans la distribution du au
Fait ce 3o juillet 1793, l'an 2 de la République française.
Approuvé par le ministre et expédié par mandat, le 3 o juillet ijgS.
Archives nationales, F'^ loSg, n" i.
Garât a Le Brun, marchand de tableaux.
Le ministre de l'Intérieur au citoyen Le Brun.
Paris, ce 3o juillet 1793.
La Convention nationale vient de décréter, le 27 de
ce mois, citoyen, un fonds de 1 00,000 it et de le mettre à ma disposition pour subvenir aux frais d'achat et aux dépenses relatives au Muséum. Ce fonds que je sollicitais me donne la possibilité d'acquitter les 36,480^ dues à la succession Praslin pour l'acquisition que je vous avais chargé de faire en mon nom à la vente de ses tableaux. Je vous invite en conséquence à voir le citoyen Boileau, que j'en préviens également, pour vous concerter avec lui et vous transporter ensemble à la Trésorerie nationale, où sera payé le mandat de la somme formant le prix de cette acquisition. Je vous autorise à délivrer, sur la réquisition des commissaires réunis des monuments et du Muséum, les objets achetés en prenant toutes précautions de droit pour votre décharge; et, en attendant que les formalités de la Commission des monuments soient remplies, j'autorise les commissaires du Muséum à prendre néanmoins d'avance connaissance des objets ainsi que toute mesure dont ils auraient besoin pour préparer leur place; je vous invite à seconder à cet égard leurs intentions et les miennes et à leur faciliter cette connaissance en attendant l'enlèvement définitif des tableaux.
La Commission du Muséum a Lenoir.
3o juillet 1793.
Nous vous prions et conjurons, citoyen, vu l'urgence de l'arrangement des tableaux du Muséum, de nous envoyer par les porteurs de la présente le tableau de Le Brun représentant un Christ mort avec la Vierge
de douleurs^ qui vient d'être réparé par le citoyen Giiillemard^ il nous est absolument indispensable pour une place; nous vous serons très obligés. Salut et fraternité.
Pasquier, Regnault, p. Cossard, Jollain.
Remis le dit tableau, ledit jour 3o juillet 1 75/ j, l'an deux de la République .
Au citoyen Lenoir, garde du Dépôt national des Petits-Augustins, aux Petits-Augustins, à Paris.
Archives nationales, Fi^*243, fol. 93.
Garât a la Commission des monuments.
Le ministre de l'Intérieur aux membres composant la Commission des monuments.
Paris, ce 3i juillet 179?, l'an 2= de la République, une et indivisible.
Un décret rendu par la Convention nationale, le 27 de ce mois, sur le rapport de ses Comités d'instruction publique et des monuments, vient de me charger de donner les ordres nécessaires pour que le Musée de la République soit ouvert le 10 août prochain dans la galerie qui joint le Louvre au Palais national. L'article 2 de ce décret m'autorise à y faire transporter aussitôt, sous la surveillance des commissaires des monuments, les tableaux, statues, vases, meubles précieux, marbres déposés dans la maison des Petits- Augustins, dans les maisons ci-devant royales, tous
I. Le Christ mort sur les genoux de la Vierge signalé dans l'état n° 112 et dont la remise avait été retardée, la restauration du tableau n'étant probablement pas terminée.
autres monuments publics et dépôts nationaux, excepté ce que renferment actuellement le château de Versailles, les Jardins, les deux Trianons, qui est conservé par un décret spécial dans ce département, et, d'après l'article 3, je dois également faire transporter au Musée les peintures et statues, bustes antiques qui se trouveront dans toutes les maisons ci-devant royales, châteaux, jardins, parcs d'émigrés et autres monuments nationaux.
Je m'empresse, citoyens, pour hâter l'exécution de ce décret, de vous en adresser un nombre d'exemplaires égal à celui des membres qui composent la section des arts de votre Commission, à la suite de chacun desquels j'ai cru devoir vous donner à tous individuellement une autorisation spéciale et expresse pour toutes les opérations qui y sont ordonnées et qui doivent être faites sous votre surveillance.
Comme le même décret m'autorise à faire les
dépenses nécessaires pour le transport des tableaux
et statues dans le Musée des dépôts particuliers où
ils sont maintenant, vous voudrez bien, après avoir •
visé les états des frais qui auront été faits sous vos
ordres pour cet objet, me les transmettre afin que je
fasse en conséquence pourvoir à leur payement.
Garât.
Archives nationales, F'" io3G, loSy, n" 6.
Garât a la Commission des monuments.
I. — Le ministre de l'Intérieur AUX membres de la Commission des monuments.
Paris, ce 3i juillet 1793, l'an 2^ de la République une et indivisible.
Je vous préviens, citoyens, que je viens d'adresser
au citoyen Lenoir, garde du Dépôt provisoire des Petits-Augustins, l'ordre de faire ouvrir ce Dépôt pendant i5 jours, matin et soir, pour nos frères des départements qui viennent célébrer avec nous la fête de la Réunion du lo août prochain.
Vous voudrez bien vous concerter avec le citoyen Lenoir et avec les autres personnes attachées au service du Dépôt, dont je viens d'ordonner l'ouverture, afin que cette disposition qui tend à augmenter l'éclat des fêtes nationales ne compromette en aucune manière la sûreté des monuments qui seront exposés à la curiosité publique.
Garât.
Archives nationales, F"' io36.