‹ La Commission du museum et la creation du Musee du LouverChapitre 71 sur 134 · Lenoir a Leblond · texte numérisé non relu

Lenoir a Leblond

Lenoir an citoyen Leblond^ secrétaire de la Commission des monuments.

3 août 1793.

Citoyen, J'ai la faveur de vous faire passer copie collationnée de ce qui m'a été notiiié ce matin par le ministre de l'Intérieur. J'espère que la Commission des monuments voudra bien se concerter de manière à remplir les intentions du ministre, qui n'a d'autre désir que celui de mettre la Nation à même de connaître ses richesses en fait d'arts et d'autres objets qui l'intéressent.

La Commission ne doit nullement douter de mon zèle et de mon dévouement.

Lenoir, Garde du Dépôt des monuments.

3 août 1793.

Au nom de la République, une et indivisible. Il est ordonné au citoyen Lenoir, garde du Dépôt provisoire des monuments établi dans les bâtiments du ci-devant couvent des Petits-Augustins, de faire ouvrir ce Dépôt tous les jours, matin et soir, depuis le 3 août prochain jusqu'au 18 du même mois inclusivement, et de prendre avec la Commission des monuments toutes les mesures d'ordre et de décence qui pourront se concilier avec les facilités que nos frères des départements doivent trouver dans l'examen des objets d'art que ce Dépôt renferme.

Le ministj'e de l'Intérieur^ Signé : Garât.

Pour copie conforme à l'original, le 3 août 1793,

l'an 2^ de la République, une et indivisible.

Lenoir, Garde du Dépôt des monuments.

Archives nationales, F^' io36.

La Commission du Muséum a Garât.

Paris, 2 août 1793, l'an 2« de la République, une et indivisible.

Citoyen ministre.

Les tableaux et l'armure acquis pour le compte de la Nation à la vente de Praslin nous ont été remis aujourd'hui par le citoyen Le Brun^ à qui nous en avons donné la décharge. Nous profitons de cette occasion, citoyen ministre, pour vous informer que les fonds qui nous avaient été confiés pour les menues

dépenses du Muséum sont épuisés. Nous vous prions en conséquence de vouloir bien nous en faire délivrer d'autres; nous croyons qu'il faut au moins trois mille livrés en ce moment pour satisfaire à plusieurs dépenses journalières et urgentes.

Il est inutile de vous rappeler qu'indépendamment de cet objet il est dû six mois d'appointements aux commissaires, ainsi qu'aux deux garçons gardiens du Muséum.

Vincent, Regnault, Jollain, Pasquier, . bossut, p. cossard.

Archives nationales, F^^ loSy, n° 6.

La Commission du Muséum a Garât.

Paris, ce 2 août 1793, Tan 2^ de la République, une et indivisible.

Citoyen ministre, L'ouverture publique du Muséum étant très prochaine, nous ne différons pas un moment de vous prier de vouloir bien nous procurer une garde, qui est indispensablement nécessaire pour préserver de tout accident des objets infiniment précieux. Les deux faces latérales de la galerie sont chacune de quatre-vingt-seize toises, et nous estimons qu'il faudra au moins dix hommes de chaque côté^ Nous vous prions, citoyen ministre, de prendre à cet égard,

I. Le milieu de la galerie était occupé par des tables garnies de sculptures, de vases et d'objets divers, ce qui ne permettait pas aux mêmes gardiens de surveiller suffisamment les deux côtés de la galerie.

le plus promptement qu'il vous sera possible, les mesures que vous jugerez convenables.

Vincent, Regnault, Jollain, Pasquier, bossut, p. cossard.

Archives nationales, F'' i285.

Garât a Boileau, huissier-priseur.

Le ministre de l'Intérieur an citoyen Boileau^ huissier-priseur.

3 août 1793.

Je viens d'être informé, citoyen, du refus fait par le citoyen Le Brun de remettre aux commissaires du Muséum les tableaux et armures acquis à la vente de Praslin pour le Musée de la République, sous le prétexte que le payement n'en a pas encore été effectué. Vous avez dû recevoir, sous la date du 3o juillet, une lettre par laquelle Je vous ai prévenu de l'expédition du mandat de 36,48oft, délivré en votre nom pour toucher cette somme à la Trésorerie nationale sur le fonds mis h ma disposition par le décret du 27 juillet. D'après cette lettre, qui vous prévenait de la remise de ce mandat à la Trésorerie nationale, il ne vous restait plus qu'à vous présenter au bureau du citoyen Gislain, payeur des dépenses diverses, pour en recevoir le montant payable à vue du mandat. .Te présume, citoyen, que vous n'avez point différé de vous présenter h la Trésorerie pour ce remboursement urgent et qu'il a été effectué. La remise de ces tableaux appartenant à la République ne pouvant plus, dès l'instant de l'expédition du mandat, être différée, je

VOUS prie de faire sur-le-champ retirer ces tableaux dans quelques mains qu'ils se trouvent et de les remettre aux commissaires du Muséum et de la Commission des monuments, chargés de mon autorisation ad hoc, pour qu'ils soient placés sans délai dans le Musée des arts conformément au vœu du décret. Archives nationales, F*'' loSg, n° i.

Garât a Le Brun.

Le ministre de l'Intérieur au citoyen Le Brun.

3 août 1793.

Vous avez été prévenu, citoyen, par ma lettre du 3o juillet, de l'expédition du mandat que je me suis empressé de délivrer au nom du citoyen Boileau pour le payement du prix des tableaux et armures achetés à la vente de Praslin pour le Musée de la République ; je viens d'être informé du refus que vous faites de remettre ces tableaux aux commissaires de la Commission des monuments et à ceux du Muséum qui sont chargés de les y faire placer, sous le prétexte que ces tableaux n'étaient point encore payés, le citoyen Boileau, à qui j'ai écrit en même temps qu'à vous pour qu'il eût à se présenter à la Trésorerie à fin de toucher le montant de ce mandat, ayant pu, d'après mon avis, en être pavé à vue. vous avez dû dès le moment même regarder le payement comme effectué, et dès lors le refus que vous avez fait de la remise de ces tableaux n'était aucunement fondé. Je viens d'écrire à raison de ce refus au citoyen Boileau pour le charger expressément de remettre aux commissaires

ces tableaux et armures qui appartiennent à la République et qui ne peuvent plus être retenus, comme vous le voyez, puisque le* mandat du payement a été délivré.

Archives nationales, F'' loSg, n" i.

Garât a Le Brun, marchand de tableaux.

Le ministre de l'Intérieur au citoyen Le Brun.

Paris, le (3) août 1793, etc.

Je suis informé, citoyen, que vous différez d'effectuer le transport au Muséum des tableaux provenus de la vente de Praslin, sous le prétexte que le prix ne vous en a pas encore été payé. Ce prétexte m'étonne d'autant plus que l'huissier-priseur Boileau a dû recevoir, en un mandat à votre acquit, le prix des tableaux dont il s'agit. J'attends donc de vous que vous effectuerez très incessamment le transport au Muséum de ces tableaux, dont, d'après l'avis que je vous donne, vous ne pouvez plus alléguer le défaut de payement.

Garât a Boileau, huissier-priseur.

Le ministre de l'Intérieur au citoyen Boileau.

Paris, le ... août 1793, etc.

Je vous ai fait passer le , à l'acquit du

citoyen Le Brun, un mandat de la somme de

, pour le prix des tableaux achetés par

ET LA CRÉATION DU MUSÉE DU LOUVRE. 24g

ce citoyen à la vente Praslin, et qui sont en sa possession. Vous avez pu toucher cette somme à l'époque même du mandat, et, dès lors, le citoyen Le Brun a pu disposer des tableaux conformément à sa commission. Cependant, il allègue le défaut de payement de ces mêmes tableaux pour différer de les transporter au Muséum. Je vous prie de faire cesser ce prétexte en donnant à l'acquéreur des tableaux un reçu du prix de leur estimation.

Archives nationales, F'''io59, n° i.

Le ministre de l'Intérieur AUX commissaires du Musée de la République.

Paris, ce (3) août 1793, Tan 2« de la République française, une et indivisible. D'après la lettre que vous m'avez adressée le 2 de ce mois, je me suis empressé, citoyens, d'écrire au Directoire du Département de Paris, chargé par une loi expresse de la réquisition de la force armée, pour l'inviter à prendre dès ce moment, avec le commandant général de la gendarmerie nationale, les mesures convenables afin qu'il soit établi une garde au moins de 24 hommes pour la sûreté du Musée de la République, dès l'instant de son ouverture, ordonnée par la Convention pour le 10 août. Comme vous êtes à portée, citoyens, de donner des indications plus particulières sur la distribution et le service de cette garde, j'ai pensé qu'il pouvait être utile de vous rendre à cet effet auprès du Directoire pour lui transmettre vos observations, qui serviront à régler ses mesures avec le commandant de la gendarmerie. J'ai,

en conséquence, prévenu le Département de l'invitation que je vous ai faite à cet égard.

Garât.

Nota. — N'a pas eu lieu., attendu celle écrite au ministre de la Guerre.

Archives nationales, Fi"i285.

Garât au Directoire du Département.

Circulaire.

Départements de Paris, j ■ • ^ i i,t ^' •

de Seine-et-Oise, de -^^ ministre de l Intérieur au l'Oise, de Seine-et-Marne. Directoire du Département

Translation ordonnée au de Paris.

Musée de la République des monuments de peinture , sculpture, etc., existant dans les maisons nationales, maisons d'émigrés, etc.

Paris, ce 3 août 1793, Tan 2= de la République française.

Je m'empresse de vous adresser, citoyens, une expédition en forme du décret de la Convention nationale du 27 de ce mois, qui me charge de donner les ordres nécessaires pour faire transporter au Musée delà République, dont l'ouverture doit se faire le 10 de ce mois, les monuments, les tableaux, statues, vases, meubles, marbres déposés dans la maison des Petits-Augustins, dans les maisons ci-devant royales, sauf celles réservées audit décret, et d'y faire également transporter les peintures et statues, bustes antiques qui se trouveront dans toutes les maisons ci-devant royales, châteaux, jardins, parcs d'émigrés, ainsi que les autres monuments nationaux.

D'après les dispositions de cette loi, qui veut que ce transport soit fait sous la surveillance des commissaires de la Commission des monuments, je viens de donner aux membres composant la section des arts et monuments de ladite Commission des autorisations individuelles et spéciales à Feffet d'exécuter ledit transport au Musée de la République et de décharger les gardiens desdits objets d'arts, dont l'enlèvement sera en conséquence effectué. Je vous prie, citoyens, pour la prompte exécution de cette loi, de donner de votre côté tous ordres nécessaires aux gardiens dépositaires en les chargeant d'assister aux procès-verbaux d'enlèvement et inventaires qui seront dressés dans cette opération par les commissaires de la Commission des monuments, que vous devez seconder de toute l'autorité qui vous est confiée pour ce qui regarde la mission qu'ils ont à remplir. Archives nationales, F''' 1057, n° 6.

Rapport au ministre de l'Intérieur.

4 août 1793.

Les commissaires inspecteurs du Muséum national exposent que l'ordonnance de cet établissement exige des mesures d'autant plus instantes que l'époque de l'ouverture qui doit en être faite est plus prochaine; que ces mesures, consistant surtout en transports et travaux de journaliers et gens de peine, exigent des dépenses actuelles et au comptant; qu'en conséquence, il est indispensable que le ministre mette à leur disposition, pour subvenir à ce genre de dépenses, un fonds d'avances, qu'ils estiment ne pouvoir être

fixé au-dessous de 3,oooft; ledit fonds d'avance à imputer, à charge de justifier de l'emploi, sur le fonds de 100,000 ft décrété le 27 juillet 1793 pour la formalion et l'entretien du Muséum de la République, et attendu l'urgence et la nécessité d'appliquer aux avances demandées le fonds destiné à l'acquit des dépenses de cet établissement, on propose au ministre d'ordonner que sur le fonds de 1 00,000 <t décrété le 27 juillet dernier pour la formation et l'entretien du Muséum national, il fera sur-le-champ verser entre les mains du citoyen Pasquier, commissaire, trésorier de la Commission du Muséum, sur sa quittance et par forme d'avances, une somme de 3,oooft, à la charge, par les membres de ladite Commission, d'en justifier l'emploi par pièces probantes, et ce en vertu d'un mandat à échanger contre une ordonnance de pareille somme, qui sera ensuite expédiée, ledit mandat devant être employé dans la plus prochaine distribution.

A Paris, etc.

Mandat. — Décret du 2 y juillet lygS.

Fonds de ioo,oooft mis à la disposition du ministre de l'Intérieur pour la formation et l'entretien du Muséum national du Louvre.

Je prie les commissaires de la Trésorerie nationale de faire verser entre les mains du citoyen Pasquier, trésorier de la Commission du Muséum, sur sa quittance et par forme d'avances, pour subvenir aux dépenses actuelles de cet établissement, en vertu du présent mandat à échanger contre une ordonnance de pareille somme, qui sera ensuite expédiée, ledit man-

dat devant être employé dans la plus prochaine distribution, la somme de 3,ooott, à imputer sur le fonds annuel de ioo,ooott, provisoirement mis à la disposition du ministre pour la formation et l'entretien du Muséum national, par décret du 27 Juillet dernier. A Paris, ce (5 août) 1793, etc.

Approuvé par le ministre le 4 août et remis au citoyen Bergeron le 5 avec le ^nandat.

Archives nationales, F"' loSy, n" 6.

La Commission du Muséum a Garât.

Paris, le 5 août 1793, Tan 2^ de la République, une et indivisible.

L'ouverture du Muséum français étant très prochaine, nous nous empressons de vous informer que nous venons de livrer à l'impression le catalogue énonciatif des objets qui le composent. Ce catalogue est indispensablement nécessaire pour mettre le public à portée de connaître les richesses qui vont être exposées à ses yeux^.

Vincent, Pasquier, Bossut, Jollain, Regnault, p. Cossard.

I. Catalogue des objets contenus dans la galerie du Muséum français, décrété par la Convention nationale du 2 j juillet 1 7g3, Van II de la République française. De l'imprimerie de C.-F. Patris, imprimeur du Muséum national. In-8°, 120 p. — Tableaux, 537 numéros. Bronzes, bustes, tables de marbre, porcelaines, pendules et autres objets, 124 numéros. Avertissement de II pages. Les objets sont mentionnés dans l'ordre de leur placement.

Nota. — Inviter les commissaires du Muséum à donner^ s'il y a lieu, connaissance du bénéfice que produirait la vente du catalogue, afin que ce bénéfice^ s'il existe^ puisse être employé aux dépenses du Musée, à la décharge du fonds décrété.

Archives nationales, F'" loSg, n° i.

Page 1