AU LOUVRE
Communication de M. J. J. Guiffrey.
Lettre de David à M. d*Angiviller.
Monsieur le G>mte, Les dispositions que tx>ntient la lettre que vous m'avez
DAMS l'atelier i>e bavid. 3^5
fait rhonneur de m^écrire, en concernant les artistes qui ont pu &ire dans leurs atteliers un mélange d'élèves des deux sexes, m'ont paru être étrangères à ce qui me regarde personnellement, et j^ai reconnu plus particulièrement votre intention dans le post-scriptum. J^ai en dépôt chez moi trois demoiselles, élèves de M*** Le Brun, et qui doit les reprendre lorsque son bâtiment sera fini; elles sont absolument éloignées de Tattelier de mes élèves, avec lequel elles n^ont aucune communication, et avec lequel il est impossible qu^elles communiquent; leurs mœurs sont irréprochables, et )e suis persuadé que, quelque active que soit la calomnie, elle n^a pu poner atteinte à la justice que leur conduite mérite^ conduite sans laquelle je me serois trop respecté moy-méme pour les garder un instant. Elles appartiens nent à des parents dont la réputation est établie de la manière la plus honorable, et c'est à cette seule considération que je me suis attaché pour rendre un service passager, gratuit et tendant à maintenir d'heureuses dispositions. S^il existe quelqu^abus dans le Louvre et qui soient contraires à la décence, on ne peut qu^applaudir à votre surveillance et aux motifs respectables qui la dirigent; mais votre volonté n'est pas sans doute que àts personnes bien nées, très-sages, ayent un sort commun avec celles dont la conduite vous a été présentée comme coupable. Je n^ai aucun intérêt à deffendre des élèves qui ne font chez moi qu^un passage, mais je connois combien Thonneur est cher à un sexe dont il est le principal ornement, et je me fais un devoir scrupuleux de vous dire la vérité. Si je ne jouissois pas auprès de vous. Monsieur le Comte, de la considération dont vous daignez m^honorer, il me seroit facile de détruire tout doute en recourant aux renseignements