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si sec que nul fruit n'i pooit venir, nulle âme n'i pooit estre plantée; si que il Tarousa de son precieus sanc qui s'esspandi parmi ce jardin en vij ruissdès; et au bout de ces ruisselès sont les vij Sacremens de sainte Eglise y de quoi elle est toute arrousée, qui issirent et eurent vertu du costé Jhésu Crist, selonc les clers.
Encore autrement je expose ce crucefis, et est tout paint ce que je di ici qui bien i regarde. Par la crois, qui est ou jardin delicieus, j'entent le fruit de vie^ et par Jhésu Crist, le fruit. Et par bas, au dehors du jardin, est Eve, la première famé, qui cueilli le fruit contre la volenté et l'ordenance de nostre Seigneur. Et au devant de lui est le mauves Angle qui li nunça qu'elle le preist. Et au desous de la crois est le bon Angle qui annunça à la seconde feme, c'est à la Vierge Marie, que elle preist ce fruit JhesuCrist de l'ordenance du Seigneur. Et ce est celle qui ot doucement la nouvele et tent la main vers le fruit, et dist en un rouliau : « Veci le fruit de vie que je rent. »
Or avons comment les Apostres, exécuteurs du Nouvel Testament, ont quelli et aporté les clauses de l'Ancien Testament à Jhesu Crist en la crois; or fu confermé et scellé le 'Noviau Testament, et l'Eglise ordenée et confermée, et saint Pierre establi fondement et premier curé de sainte Eglise, et Jhésu Crist qui li tent les clés de Paradis, et il tent la main pour recevoir.
Or vient l'autre page oîi sont les quatre tabellions de ce Testament; ce sont les quatre Evangélistes et les iiij bestes, à qui il sont appropriés, qui leur tiennent les iiij Instrumens de la passion Jhésu Crist.
Premièrement, l'ègle tient à saint Jehan les iij clous qui seneiient la divinité et quant au nombre de iij
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deux autres niM., inacrits l'un agus le n* 18,014, Tautre sous le n* 919 du fonds latin. Ces deux livres d^heures sont précédés de calendriers, ornés de miniatures et exactement faits sur le modèle de la notice que je viens de publier.
Chaque mois, divisé en deux colonnes, occupe le milieu d'une page, ornée en haut et en bas de miniatures que je vais essayer de décrire : en haut, à droite, les deux grandes lettres KL qui signifient kalendœ et qu'on retrouve si souvent dans les calendriers du moyen fige; puis, presque au milieu, une ligne courbe peinte en bleu; c'est la voûte du ciel sur laquelle se trouve un point rouge, représentant le soleil et placé à différentes hauteurs selon les mois; soys cette ligne courbe, un sujet en rapport avec les différentes époques de l'année; par exemple, au mois de janvier, des arbres complètement dépouillés de leurs feuilles; au mois de mai, des fleurs; au mois de décembre, un individu tuant un porc. Plus à gauche, mais toujours en haut de la page, se trouve une construction fortifiée, avec une porte à demi entr'ouverte, devant laquelle on voit le signe du zodiaque répondant au mois de la page. Du haut de cette sorte de forteresse sort à mi-corps la vierge Marie qui tient un a panoncel » de forme triangulaire au-dessus d'un groupe placé tout à fait à gauche, et représentant saint Paul dans les diverses phases de ,-8on apostolat; à la première page, il est ravi en extase; à la page suivante, il prêche aux Romains, puis aux Corinthiens, puis aux Galates, et ainsi de suite, jusqu'à la dernière où il est représenté préchant aux Hébreux. Au-dessous de chaque scène se trouve une phrase tirée des épîtres de saint Paul, et la représentation figurée de ce texte, que l'apôtre est censé expliquer à ses auditeurs, est peinte très-délicatement sur le « panoncel » que tient la vierge Marie; ainsi nous trouvons les l^endes suivantes (ms. 18,014): Qui omnia creavit, Deus est (Hebr. 3, 4). Predestinatus est filius in virtute (Rom. i, 4). Misit Deus filium suum, natum ex muliere (Gai. 4, 4). Jésus Christus prescriptus est, et in vobis crucifixus (Gai. 3, i). Eripuit nos de potestate tenebramm (Col. I, i3). Resurrexit propter justificationem nostram (Rom. 4, 25). Ascendit super omnes celos ut adimpleret omnia (Ephes. 4, 10). Judicaturus est vivos et mortuos (2 Thtm. 4, i). Dédit spiritum suum sanctum in nobis (x Thess. 4, 8). Ipse est caput corporis ecclesie (Coloss. 1, 18). Habemus per saoguinem
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«lus remissionein peccatonim (Ephes. i, 7). Omnes quidem resurgemut (i G>r. iS, 5i). Et sur le « panoncd » sont peints les sujets suivants dont le rapport avec la l^ende est évident, et que je vais citer dans le même ordre : la tête de Dieu — la tête de Jésus- Christ — Jésus enfont — Jésu8F<3hrist en croix — Jésus foisant sortir un homme de la gueule d*un monstre, c'est-à-dire retirant les justes des limbes — Jésus-Christ ressuscitant -^ Jésus-Christ montant au ciel— Un mort se réveillant au jour du jugement — L'Esprit saint sous la forme d'une colombe — Un clocher d'église — Une main donnant la communion à un individu agenouillé — Enfin un mort se levant de son tombeau. Je passe maintenant à la description des miniatures qui ornent le bas de chaque page; la composition en est beaucoup moins compliquée : à gauche une église, au milieu un prophète, à droite un apôtre. L'église représente « la Synagoge qui fîi ou temps de l'Ancien Testament; 9 on va la voir démolir pièce à pièce; entière à la première page, elle n'est plus qu'un monceau de ruines à la dernière. Les Prophètes en arrachent une à une les pierres qu'ils donnent aux Apôtres et qui serviront à construire la nouvelle église. Les noms des différents Prophètes sont écrits au-dessus de leur tête; ce sont, par ordre : Jérémie, David, Isaîe, Zacharie, Osée, Amos, Sophonias, Joël, Michée, Malachie, Ézéchiel et Daniel; quant aux Apôtres, ils 7 sont tous, leur nombre concordant avec celui des mois de Tannée ; saint Pierre i la première page, saint Mathias à la dernière. Un nimbe entoure la tête de chacun des Apôtres. Mais l'auteur de la notice nous a dit qu'il s'adressait à nous a de deux manières, et quant au sens gros et matériel, et quant au sens soutil et esperituel. » Aussi trouvons - nous une légende écrite à la main près de chaque personnage; celle du Prophète est tirée de l'Ancien Testament; celle de l'Apôtre est une phrase du sjrmbole des Apôtres qui a été à cet effet divisé en douze parties. Je vais d'al)ord transcrire les légendes des Prophètes en suivant l'or* dre où elles se présentent dans le ms. 18,014; js les accompagnerai d'une traduction ancienne trouvée dans un autre livre d'Heures de la Biblioth. nationale (n* 1 3,091, fonds français) qui n'a certainement pas avec la notice que j'ai publiée le même rapport que les mss. 10,488, 18,014 et 919, mais qui est orné de vingt-quatre très-belles et grandes miniatures, représentant
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dowse Prophètes ot les douze Apôtres. Elles occupent cliacnne une page; elles sont plscées en r^srd l^une de Tsulre, et sous chaque personnage on retrouve les légendes du ms. 18,014, ^™~ duites envieux français; les voici:
Patrem invocabitis qui terram fecit et condidit celos. Le père vous apeleres qui a fet le chiel et la terre. ^ Dominus diût ad me : Filius meus es tu (Psalm. 2, 7). Le Seigneur m'a dit : Tu es mon fiz. — Ecce virgo concipiet et pariet filium (Isaiae, 7» 14). Vechy une vierge qui conchevra et un fis enfentera. ~ Aspicient in me Deum suum quem confixerunt (Zach. 12, 10). En moi regarderont leur Dieu lequel cruchefièren t. — O mors, ero mors tua, morsus tuus ero, iuferne (Osée, i3, 14]. Mors, tu es trop dure; enfer, par moy sera mors. — Âpem [sic] est qui edificat ascensionem suam in celo (Amos, 9, 6). Ch'est cheluy qui edefie ou chiel son assencion. — Accedam contra vos in judicio, et ero teste [sic] velox (Malach. 3, 5). Contre vous en jugement je venray comme tesmoign apert. — Effundam de spiritu meo super omnem carnem (Joël. 2, 28). Sur tous je donray de mon esprit. — Invocabunt omnes nomen Domini et servient ci. Tous l'apeleront et bien le serviront. — Deponet Dominus omnes iniquitates nostras (Mich. 7, 19). Toutes nos iniquités il ostera. — Educam de sepulcris tuis, popule meus (Ezéch. 37, 12). Je remueray mon pueple hors de vos sepulcrez. — Ëvigilabunt omnes, alii ad vitam, alii ad obprobium (Dan. 12, 2). Tous se resvelleront, lez uns en gloere, lez autres en obprobre.
J'ajoute maintenant la traduction du symbole des Apdtres (ms. 13,091, fonds français), mais sans donner le texte latin ; j'indique par un trait où les coupures ont été faites :
Je croy en Dieu le père tout- puissant, créateur du chiel et delà terre, — et en Jhésu Crist, son seul fix, nostre sdgneur, — qui est concheu du saint Esperit, nés de la vierge Marie, — qui souffrit desous Ponce Pilate, crucifié, mort, enseveli, — descendit en enfer, le tiers jour de mort resuscita -^ Monta es chieux, siet à la destre Dieu le père tout puissant. — Il est à venir jugier les vis et les mors. — Je croy ou Saint Esperit, — Sainte Eglise catholique, de sains la communion, — des péchies rémission, — de la chaer resulreccion, — Vie pardurable. Amen.
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Il suffira de rapprocher les trois légendes qui se trouvent à chacune des pages du calendrier, pour saisir le lien qui les unity et pour voir qu'elles se rapportent à une même idée; je veux parler de la lége^nde écrits sous la miniature représentant saint Paul dans une des phases de son apostolat, de la légende du Prophète, et enfin de la légende de TApôtre. Je me contenterai de citer celles de la première page : « Qui omnia creavit, Deus est* — Patrem invocabitis, qui terram fecit et condidit celos. — Et enfin Credo in Deum patrem omnipotentem, creatorem celi et terre. Évidemhient, ces trois phrases se rapportent à l'idée du Dieu créateur, de Dieu le Père.
J'ai terminé la tâche que je m'étais proposée; je voulais seulement publier la notice du ms. 10,488, sans l'accompagner de trop longs commentaires; j'espère qu'elle ofirira quelque intérêt aux personnes qui s'intéressent à l'art du Moyen-âge.
Marcel de FmtnuM^