CHAPITRE IL
PREMIÈRES RÉUNIONS POPULAIRES.— PREMIÈRES DEMANDES ADRESSÉES AU GOUVERNEMENT.
Ouverlure des hoslililés. — Première tcnlalive d'association pour la rcfoime sanitaire, — Initiative des feninnes. — Association centrale fondée à New- York. — Elle se met en rapport avec le pourvoyeur en chef de l'armée. — Réponse de ce fonctionnaire. — Députation d'hommes éminents envoyée à Washington. — Démarches du comité auprès du gouvernement. — Constitution de la Société.
Tel était l'état de l'opinion, tel était le système militaire dans les deux sections du Nord et du Sud, lorsque la guerre commença par l'attaque du fort Sumter, le 12 avril 1861. L'effet immédiat de cette attaque inattendue fut d'exciter dans le peuple entier un sentiment de profonde indignation. Le géant qui sommeillait se réveilla dans la conscience de sa force. Les deux adversaires comprirent à l'inslant que leur lutte devait être une guerre de Titans. Le lendemain du bombardement du fort Sumler, le président Lincoln lança sa première proclamation,
ordonnant la levée de 75,000 volontaires, nombre qui à ce moment paraissait énorme. La réponse à cet appel fut enthousiaste etinstanlanée. De tous côtés on entendit le bruit de terribles préparatifs. Le secrétaire de la guerre fut assiégé d'offres de régiments de la part de patriotes qui croyaient leur zèle une garantie suffisante de capacité militaire. Tant de volontaires se présentèrent, que le gouvernement fut dans la nécessité absolue de refuser un plus grand nombre de recrues. Chaque gare de chemin de fer aboutissant à la capitale était encombrée de trains chargés de milliers d'hommes accourant pour défendre leur pays en danger.
Il est évident que le tumulte et la confusion durent bientôt s'ensuivre , la discipline, et plus encore l'expérience militaire faisaient complètement défaut. Des troupes recrutées à la hâte, organisées au hasard, étaient précipitées sur le champ de bataille. Les officiers n'en savaient pas plus long sur leurs devoirs militaires que les soldats qui les avaient élus ; les fourriers ignoraient jusqu'aux termes à employer pour commander les approvisionnements et les logements nécessaires. Les chirurgiens ne savaient à qui s'adresser pour avoir des médecines et des instruments, ils demandaient au bureau médical des choses qu'on ne pouvait leur donner, et, au mieux, il leur fallait attendre des semaines avant qu'on fît droit à leurs demandes.