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OUVERTURE DES HOSTILITÉS

Le désordre était lamentable. En prévision des énormes difficultés qui ne pouvaient manquer de se faire bientôt sentir, quelques hommes de cœur agirent sans plus larder. Déjà l'on s'occupait dans les familles de fournir et d'expédier aux soldats les objets qui pouvaient en quelque sorte suppléer aux comforts domestiques. Dans les églises et dans les écoles, dans les salons et les boudoirs, des mains actives travaillaient à faire de la charpie, des bandages, des costumes d'hôpital. Les membres les plus considérables de la profession médicale faisaient chaque soir des cours dans lesquels ils donnaient les prescriptions les plus minutieuses pour la préparation de ces objets indispensables. Dans les villes, dans les villages et jusque dans les hameaux les plus reculés, des associations se formaient ; chacun demandait à être instruit et guidé.

La première réunion tendant à quelque organisation définitive fut tenue au Dispensaire des femmes de New-York [Neiv-York Infirmary for women), le 25 avril 1861, neuf jours après la première proclamation présidentielle. L'assemblée était composée de près d'une centaine de dames appartenant toutes aux familles les plus distinguées et les plus honorables. De cette source, modeste encore, a jailli le fleuve de charité qui a répandu ses bénédictions sur tout le pays. On suggéra l'idée d'organiser sys-

lémaliqucment tous les efforts individuels en une «Association centrale »; puis on mûrit l'idée, el, suivant l'usage indispensable aux Etals-Unis, on nomma un comité pour mettre le plan à exécution. Ce comité rédigea une a Adresse aux femmes de New-York et particulièrement à celles qui se préparaient à pourvoir aux maladies et blessures que la guerre devait inévitablement amener après elle. » Ce manifeste, qui reçut une grande publicité dans les journaux, s'exprimait catégoriquement sur la nécessité de donner à l'armée une assistance médicale plus complète. Il insistait sur ce fait que de nombreuses sociétés travaillant sans enlente préalable, sans direction ni organisation, sans aucune relation avec les autorités militaires, et sans aucune instruction quant aux besoins probables ou immédiats de l'armée, ne pouvaient que dépenser leur enthousiame en efforts sans proportion avec leur but, négliger certains besoins pour donner à quelques autres une attention exagérée, et mettre dans un fâcbeux embarras b s au* torités médicales, tant par la variété et l'irrégularité de leurs offres d'assistance que par d'inutiles demandes de renseignements. L'adresse pressait ensuite les femmes américaines de continuer à témoigner leur bonne volonté à l'égard de l'armée, d'abord en contribuant par leur travail et leur argent à la préparation decbarpie, de bandages et de provisions, qui seraient mis à la disposition du service des am-

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hulances, puis en s'offrant personnellement comme infirmières. Sur ces deux points, il élait absolument nécessaire d'avoir des renseignements exacts et précis qu'une association centrale embrassant toute la république pouvait seule obtenir. Quatre-vingt-onze signatures de dames bien connues du public se trouvaient au bas de cet émouvant manifeste, qui se terminait en convoquant pour le 29 avril, et au Cooper- Institute^ une nouvelle réunion plus considérable que la première.

L'assemblée eut lieu. C'est probablement la réunion de femmes la plus nombreuse qui ait eu lieu aux États-Unis. La direction des débats fut confiée à des hommes haut placés dans la confiance du pays. M. Hamlin, vice-président des Etals-Unis, fit un discours, et les révérends docteurs Bellows et Bethune, de même que le vénérable docteur Mott, tous philanthropes bien connus en Europe, prirent une part active à la discussion. Le président nomma un comité d'organisation, réunissant les dames de New-York en une a Association centrale des femmes pour l'Assistance médicale [Womens Central Association of Relief). » Les statuts exposent ainsi le but de la société :

c( Recueillir et distribuer des renseignements pris aux sources officielles et concernant les besoins actuels ou probables de l'armée ;

ce Elablir une correspondance oflicielle entre la société et le corps médical appartenant aux (roupcs fédérales ;

(c S'allier avec TÂssociation médicale de New-York (une société très-recommandable de médecins et de chirurgiens) pour l'approvisionnement d'un magasin central de charpie et de bandages;

ce Solliciter et accepter l'aide des associations locales ;

c( Ouvrir un bureau pour l'examen et l'enregistrement d'élèves devant recevoir une éducation médicale en qualité d'infirmiers et d'infirmières;

c< Prendre les mesures nécessaires pour assurer des gardes-malades expérimentés en nombre suffisant pour les besoins de la guerre. »

Le célèbre médecin Valentin Mott fut nommé président de l'Association, et le docteur Bellows reçut le titre de vice-président. Un publiciste très-dislingué, M. T. Law Olmsted^j fut choisi comme secrétaire général .

La première occupation de l'Association centrale fut de se procurer des renseignements précis et authentiques sur les besoins de l'armée. En conséquence, elle s'empressa de poser au pourvoyeur en

* Nous citerons surtout parmi ses ouvrages : « Joiirneys and Eocplorations in the Cotton Kingdom. London, 1862. — Journey in the BackCoimtry. New-York. — Seaboard Slave-States. New-York, »

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