DÉMARCHES AUPRES DU GOUVERNEMENT
mission sanitaire, telle qu'on voulait l'organiser, eût travaillé de concert avec le Bureau médical, et progressé sans obstacle dans sa mission philanthropique. Mais a ce moment décisif, et avant que le secrétaire de la guerre eût apposé sa signature au décret autorisant ofiiciellement la Commission sanitaire, il survint un événement qui menaça sérieusement de disloquer et même de ruiner tous les plans.
11 a été mentionné incidemment que le docteur Wood agissait à ce moment comme chirurgien-général et chef du Bureau médical. Son supérieur, le chef en (itre du service médical, était le docteur La\YSon, auquel une maladie prolongée avait interdit le travail. Sa mort, depuis longtemps prévue, rendit la place vacante. Le docteur Finley, qui venait immédiatement après le docteur Lawson par ordre d'ancienneté, remplaça le docteur Wood comme chefdu Bureau médical.
Cette complication nouvelle, qui pour quelque temps arrêta tontes les négociations pendantes, ne découragea point le comité, ne refroidit point son ardeur. Les documents qui avaient élé rédigés, et au moyen desquels on comptait donner au comité une existence semi-ofticielle, furent arrêtés in tramitu entre le secrélariat de la guerre et le Bureau médical. Le nouveau chirurgien-général avait, pour la routine ordinaire, la même superstition que le pourvoyeur médical en chef de New-York; il était aussi
convaincu et aussi déterminé que celui-ci à ne pas permettre qu'une chose quelconque, aussi insignifiante qu'elle fût, s'accomplît autrement que par lui et son bureau. Après un mois de celle attente inutile «qui fait languir le cœur» et le fait désespérer parfois, les délégués réussirent en parlie à gagner le secrétaire de la guerre à leurs vues. Même alors, le chirurgien-général invalida partiellement l'autorisation accordée, en y ajoutant une clause qui limitait l'action de la Commission aux troupes de volontaires. Les officiers de l'armée dite régulière regardant depuis un temps immémorial avec un mépris suprême les miliciens, la stipulation ci-dessus mentionnée a peut-être été inspirée par le désir peu déguisé de livrer les volontaires à la merci d'une Commission qui, le chirurgien-général en était persuadé, serait incapable de rendre le moindre service.