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CONCENTRATION DES EFFORTS

les membres de la Commission, il était une difficulté qu'ils ne pouvaient surmonter sans un tact et un jugement vraiment exquis. A la première impulsion qui jeta les volontaires dans l'armée, et lors des premiers efforts tentés en vue de leur donner aide et assistance, les associations de secours formées dans les divers états étaient toutes plus ou moins imbues de prédilections locales. Chaque petit village, chaque comté qui avait fourni soit une compagnie, soit un régiment, désirait naturellement envoyer ses contributions à quelque agent de confiance qui les remît directement aux soldats en faveur desquels elles avaient été amassées. La noble armée des hommes et des femmes qui, restés chez eux, travaillaient jour et nuit à l'intention des volontaires, sentaient leur zèle s'accroître, en pensant que des amis et des camarades profiternient de leurs dons et de leurs sacrifices. C'est ainsi qu'à la trop grande apathie de l'Etat se joignait l'enthousiasme mal dirigé de l'action individuelle et locale pour se mettre à la traverse des efforts de l'Association centrale. Toutefois les terribles exigences de la guerre, les changements continuels des régiments sur les nombreux champs de bataille et la refonte des cadres eux-mêmes rendirent peu à peu bien difficile et finalement impossible aux institutions locales d'accomplir leur objet. La Commission dut alors placer devant les yeux du peuple, dont elleétaitl'aumônière,

un principe plus large el plus patriotique, qui, pour manquer du surcroît de zèle que donne l'intérêt personnel et local, n'en est pas moins capable de produire les résultats les plus grandioses. Ce principe est celui de l'intérêt collectif, infiniment supérieur à l'avantage des sociétés indépendantes et isolées. En se mettant au-dessus de la vanité qu'il peut y avoir d'appartenir à tel ou tel état, et qui aurait pu devenir fatale; en sacrifiant, grâce aux représentations de la Commission, les préjugés locaux sur l'autel du bien public, le peuple des États- Unis a" donné la preuve la plus convaincante de son patriotisme sincère et d'une énergie capable de surmonter la crise. C'est surtout à la chaude et généreuse sympathie des femmes américaines qu'est due la sympathie unanime qui soutint et fit triompher les efforts de la Commission . En relation directe avec les quinze succursales de l'institution-mère, il n'existe pas moins de trente-deux mille sociétés d'assistance pour les soldats \ qui sont dirigées et contrôlées par des femmes liguées dans l'intérêt de la grande œuvre nationale.

Pour donner une image saisissante de la généreuse ardeur avec laquelle la population, sans distinction de rangs ni de classes, se mit en devoir

1 Voir ï Œuvre d'un grand peuple, p. 2J .

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