‹ La Commission sanitaire des États-UnisChapitre 32 sur 63 · VENTE DE CHICAGO · texte numérisé non relu

VENTE DE CHICAGO

d'encourager la noble entreprise, nous insérons ici la description que V American Quarterly Review du mois de janvier 1864 a faite de la grande vente de Chicago, dans un intéressant article sur la Commission sanitaire. Cette vente fut la première d'une série de grandes fêtes entreprises dans l'intention de procurer des fonds à la Commission ^

« L'Association de Chicago a récemment organisé une vente colossale à laquelle la population du Nord-Ouest était invitée à se rendre en masse en apportant des présents de toute espèce. Le 26 octobre 1865, jour de l'ouverture de la vente, on vit dans les rues de Chicago une procession composée, sur une longueur de cinq kilomètres, de charrettes de marchandises et de provisions et d'une multitude de gens. Les magasins étaient fermés, la ville était en fête. Pendant les deux semaines que dura cette manifestation patriotique, chaque jour c'étaient de nouveaux convois d'approvisionnements et de nouveaux renforts d'acheteurs. D'un rayon de plusieurs centaines de kilomètres, les gens de la campagne expédiaient par le chemin de fer les divers produits de leurs champs, de leurs moulins, de leurs enclos. Ceux qui n'avaient rien autre chose donnaient les vo-

' Le montant des sommes réalisées à Chicago a été de beaucoup surpassé dans les grandes cités de New-York^ de Philadelphie et de Saint-Louis. — Plus loin, nous dirons quelles sommes immenses ont été réalisées par ces démonstrations populaires.

lailles de leurs basses-cours. Bœufs, taureaux, génisses étaient envoyés de l'étable; des fermiers offraient les titres de propriété de (juelques arpents de terre; de pauvres cultivateurs apportaient des boisseaux de grain ou de pommes de terre, ou bien encore des cordes d'oignons. Même des charretées de foin, expédiées de dix ou vingt kilomètres de distance, étaient vendues sur le marché. Sur toutes les roules qui convergent vers la ville, on rencontrait des chars plus ou moins vacillants et disloqués, avec un plein chargement d'objets divers : choux, chaussures, canards, barils de navets, pots de beurre, sacs de haricots. Le bon fermier conduisait fièrement l'attelage; sa femme prenait soin du bébé; deux ou trois enfants, juchés sur les barriques ou sur les boîtes, se disputaient un petit coin pour s'asseoir et s'étendre. Des milliers de tableaux semblables témoignaient du zèle dévoué de ces nobles paysans du Nord-Ouest, dont les wagons entraient en longues caravanes dans la ville de Chicago, et s'arrêtaient pour décharger leur contenu devant les portes du bazar, ouvert au profit de la Commission sanitaire.

c( Les ouvriers et les artisans des villes ne le cédaient pas en patriotisme aux paysans; les fabricants envoyaient leur meilleur piano, leur meilleure charrue, leurs batteuses, leurs machines à coudre. Tous les instruments agricoles, tous les produils remarquables de l'art mécanique figuraient à la vente.

Page 1