‹ La Commission sanitaire des États-UnisChapitre 44 sur 63 · SERVICE DES TRANSPORTS. H · texte numérisé non relu

SERVICE DES TRANSPORTS. H

lions des bureaux centraux, envoient à l'avance, avec les colonnes en marche et sur des points convenables indiques près de la ligne de mouvement, tels trains d'approvisionnements qu'il est nécessaire de fournir aux ambulances et aux hôpitaux de campagne pour les besoins des blessés et des soldats épuisés. Au milieu des armées fédérales, soit campées, soit en marche, on maintient un dépôt ambulant {flyhig dépôt), sous la surveillance des inspecteurs et des agents de secours. Au début de la guerre, ces dépôts ne pouvaient pas être tenus à proximité suffisante des troupes, vu le manque de moyens indépendants de transport. Même plus tard, la nature montagneuse des districts dons lesquels on opérait a plus d'une fois empêché ces convois spéciaux d'arriver en temps utile; mais toutes les fois que cela est praticable, la Commission dispose d'un convoi indépendant ou de quelques wagons que le quartier-maître leur permet de faire avancer en même temps que les troupes. Les quartiers-maîtres eux-mêmes et les officiers médicaux de l'armée se sont presque toujours appliqués à faire parvenir les approvisionnements au dépôt le plus rapproché du champ de bataille. Il ne sera pas inutile de citer ici quelques exemples frappants des services rendus dans les moments d'urgence par ce corps auxiliaire.

Lors de la grande bataille d'Antielam, la Commission tenait une séance extraordinaire à Washing-

Ion. Le télégraphe fut mis en réquisition pour stimuler toute l'activité des agents ; ordre fut donné à tous les dépôts auxiliaires les plus rapprochés du lieu de l'action, d'y envoyer leurs approvisionnements pour un usage immédiat; de la maison même où l'on élait réunij on dépêcha divers trains supplémentaires qui se dirigèrent à toute vapeur vers le champ de bataille. Plus de 50,000 articles d'habillement, plusieurs tonnes d'aliments^ des cordiaux en abondance, etc., furent expédiés en moins d'une semaine du dépôt central de Washington à destination d'Antietam. Un agent s'exprimait dans les termes suivants :

c( Les blessés sont pour la plupart déposés autour des granges; ils occupent les cours, les étables,les écuries, et sont étendus sur d'épaisses couches de bonne paille. Je vis 1,500 blessés rangés sur la paille, autour de deuxgranges en vue l'une de l'autre. Pas de ferme, pas de magasin, pas d'église, pas d'école qui ne soit gorgée de blessés tant unionistes que confédérés; des caisses à grain, des étables à vaches sont remplies, et même en un endroit j'ai vu les crèches occupées. Plusieurs milliers de malheureux gisent en plein air, sur la paille; tous sont, de la part des chirurgiens, des fermiers et de leurs familles, l'objet d'une bienveillante sollicitude... Pour ce qui concerne notre œuvre, elle réussit admi-

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rnblement, grâce à la promplitiide avec laquelle vous nous avez expédié de Washington les provisions nécessaires, et grâce à l'appui du docteur Lettermann et de ses collègues. Nons avons précédé tout le monde; nous avons été de deux jours en avance sur le Bureau médical, et nous devons cet avantage au fait que nous possédons des transports à nous. )>

Subséquemment à cette bataille d'Antietam, livrée sur le sol du Maryland, curent lieu dans l'Ouest les terribles chocs de Corinlhe, Tuka et Perryville. Bien que ces divers points fussent très-distants de la ligne d'approvisionnements, les agents de la Commission s'y trouvèrent en temps utile et rendirent les plus grands services. Dans un rapport daté de Perryville, le docteur Beed écrivait :

f( A notre arrivée, nous apprîmes que nous étions les premiers à apporter assistance, là où les secours étaient le plus nécessaires. Langue ne pourra jamais dire les horreurs de ce champ d'agonie; au moins ^,500 soldats unionistes et confédérés gisaient blessés entre Perryville et Harrodsburg, en proie aux plus grandes souffrances et manquant de tout. En outre, plusieurs des plus grièvement blessés avaient été déjà enlevés du champ de bataille, et nous rencontrâmes par escouades des soldats qui, ayant reçu des blessures moins graves, se traînaient en men-

(liant tout le long de la route jusqu'à Louisville, à 130 kilomètres de là. Sur les chemins, il nous fut souvent possible de donner aide et secours à ces misérables voyageurs, en partageant avec eux quelquesunes de nos provisions Les blessés étaient tous

dans un état de malpropreté déplorable. Quelquesuns reposaient sur la paille ou sur un matelas quelconque, plusieurs n'avaient pas de draps, d'autres pas de chemises; même cinq jours après la bataille, on nous en porta qui sous leurs abris provisoires n'avaient pas encore eu leurs blessures pansées. Chaque maison était un hôpital, toutes étaient encombrées, et la nourriture commençait à manquer. » Peu de temps après l'invasion par les confédérés du Marylandet de laPensylvanie, dans l'été de 1863, survinrent les terribles journées de Gettysburg, durant lesquelles le nombre des hommes laissés hors de combat ne fut pas moindre de 50,000. Il serait trop long de donner un récit détaillé des travaux de la Commission lors de cet événement mémorable qui fit appel à toutes les énergies humaines. Nous empruntons quelques fragments au récit de la femme de talent qui nous a donné l'intéressante brochure : Trois semaiîies à Geltysburg :

a Aux premières nouvelles du combat, le village de Westminster, station du chemin de fer la plus rapprochée du champ de bataille, fut fixé comme

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notre point de ravitnillemonl. En conséquence, la Commission reçut l'aulorisation d'adjoindre un wagon par joui' aux convois que le gouvernement expédiait à cette station. Peu avant que la bataille ne commençât, deux cargaisons avaient été distribuées aux chirurgiens pour subvenir aux lacunes qui auraient pu exister dans leurs approvisionnements. Ces deux wagons retournèrent à Frederick pour y prendre un nouveau chargement, et deux autres, complètement chargés, arrivèrent au moment où Longstreet tombait sur notre aile gauche. C'est sous le feu que nos agents allèrent soigner les blessés, portés en arrière de la mêlée. L'un des employés, arrivant à un endroit où des centaines de patients avaient été déchargés des ambulances et couchés sur le sol, derrière une grange, à moins d'un kilomètre en arrière de notre ligne de bataille, vit un chirurgien lever les bras au ciel, en s'écriant : « Enfin voici la Commission sanitaire! Nous pourrons donc faire quelque chose ! » Déjà les approvisionnements étaient à peu près épuisés ; l'eau-de-vie, le bouillon, les éponges, le chloroforme, les bandages, la charpie, qui lui furent immédiatement remis, sauvèrent certainement la vie de bien des malheureux. »

D'une autre notice écrite le second jour de la ba-

taille par un des agents de secours nous extrayons les détails qui suivent :

(( L'action s'engagea vers 4 heures de l'aprèsmidi. Dès que les chirurgiens eurent fixé l'endroit où l'on établirait les ambulances, nous fîmes immédiatement avancer nos wagons et nous en déballâmes nos provisions, tels que bouillons concentrés, cordiaux, biscuits, conserves de lait et de café, amidon, farine, chemises, caleçons, bas, serviettes, draps, édredons, charpie et bandages. Nous allions en hâte d'un endroit à l'autre, aussi promptement que possible, déHvrant à chaque chirurgien une partie de nos ressources, jusqu'à ce qu'elles fussent à peu près épuisées. Le lendemain nous reçûmes de nouvelles et abondantes provisions de Washington. »

La ville de Gettysburg est éloignée de quatre ou cinq kilomètres du lieu principal de la bataille, sur un ruisseau de l'autre côlé duquel se trouve la station du chemin de fer. Le pont ayant été brûlé par l'ennemi, la station, de laquelle tout le matériel devait être transporté, se trouvait à 1,600 mètres environ de Gettysburg. Cette station fourmilla bientôt de soldats blessés légèrement, qui arrivaient en boitant ou en se traînant, silencieux, pâles et épuisés. En cet endroit, les agents de la Commission établirent aussitôt un asile provisoire. On dressa deux

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lentes, assez grandes pour abriter 75 hommes, et les agents de secours ne cessèrent de fournir à la foule des blessés, sans cesse renouvelée, une nourriture substantielle et abondante. Ces tentes provisoires furent conservées jusqu'à ce que le pont eût été reconstruit, et les wagons purent alors entrer dans la gare proprement dite, auprès de laquelle on éleva d'autres asiles. Pendant une partie da la première semaine de juillet, du mardi au samedi, on fournit à plus de 5,000 soldats plus ou moins blessés, un abri, de bonne soupe, du café, du pain frais. Dans les hôpitaux réguliers et les ambulances de campagne, ainsi que dans les hôpitaux généraux de Gettysburg, il n'y avait pas, d'après le rapport du docteur Winslow, chargé de leur inspection, moins de 5,45*2 confédérés blessés en traitement. En outre, suivant les rapports officiels, d'autres hôj)itaux contenaient 15,050 blessés unionistes et 1,810 confédérés. Le grand nombre de ces derniers s'explique par le fait que les confédérés ayant subi une sérieuse défaite, et se trouvant obligés de repasser en hâte le Potomac pour se rapprocher de leur base d'opération, durent abandonner sur le champ de bataille une forte proportion de leurs blessés.

Au milieu de cette immense agglomération d'êtres humains dans la souffrance, l'œuvre bienfaisante de la Commission continuait nuit et jour sans interruption.

12 i LA COMMISSION SANITAIRE DES ÉTATS-UNIS.

Aux chirurgiens de l'armée, ce secours fut le bienvenu; il ne pouvait venir plus h propos. Pendant les quatre semaines qui suivirent la bataille, les articles suivants furent expédiés, sans parler d'une foule d'autres articles que nous omettons :

Caleçons de laine.

— de coton Chemises de laine.

— de coton

Oreillers

Couvertures de lit

— en laine

Mouchoirs

Serviettes et essuie-mains

Eventails

Cuvettes en fer-hlanc.

Pantoufles (paires). . .

Béquilles

Eponges

Mouton et volaille, kilog Beurre. —

Œufs,

Tamarins,

Citrons,

Oranges.

Glaces,

Bouillon,

douzaines litres. .

caisses.

Ivilog .

tablettes

Lait concentré . . .

B'arine préparée, kilog Fruits secs. —

Gelées. —

Sucre. —

Sirop, bouteilles

Cognac, — .

Vin. — .

Bière. — .

La valeur totale des approvisionnements expédiés pendant ces quatre semaines s'élevait à 400,000 fr. environ.

Les luttes sanglantes qui eurent lieu dans les environs de Chattanooga donnèrent une nouvelle preuve des soins prévoyants de la Commission et de la fécondité de ses ressources. Le docteur Newberry, directeur en chef des opérations de l'Association dans l'Ouest, attendait la marche en avant des

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