‹ La Commission sanitaire des États-UnisChapitre 51 sur 63 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Merveilles que peut accomplir l'iniliative unie à la discipline. — Efforts de la Société genevoise d'Utilité publique. — Visite du docteur Gurlt aux hôpitaux prussiens du Slesvig-Holstein. — Congres international. — Convention signée à Genève. — Précédents historiques. — Maintien de la discipline mililaire. — Témoignages rendus à la Commission parles généraux américains. — Associations sanitaires dans les étals séparés — Commission chrétienne. — Avenir de la Commission sanitaire.

Dans les pages qui précèdent, nous avons essayé modestement de présenter aux lecteurs un récit clair et explicite de l'origine, du développement et des œuvres de la Commission sanitaire des Etats-Unis. L'auteur, qui aurait pu dire bien davantage et entrer dans beaucoup plus de détails, a préféré être concis, tout en donnant l'exposé des faits le plus impartial et le plus sincère. Il pourra sembler que trop d'importance a été donnée aux difficultés personnelles et administratives qui ont embarrassé la marche de l'œuvre philanthropique à ses débuis; mais notre conviction réfléchie est que la mention de ces obstacles élait absolument nécessaire pour donner la véritable

iiilelljgcntc du sujet. Toutes nos critiques sur des personnages officiels ou sur des faits politiques nous ont été inspirées par un seul motif, celui de servir la cause de la vérité, et de faciliter en d'autres pays la cause de la réforme sanitaire. En indiquant nettement les périls qui ont environné l'institution naissante, en montrant avec quelle prudence et quelle sagacité les dangers qui en menaçaient l'existence ont été heureusement écartés ou surmontés, nous avons été animé de l'espoir que ce récit pourrait contribuer, dans les pays étrangers, à préserver les entreprises analogues de sombrer sur des écueils de même nature. Les progrès et le succès complet de cette œuvre colossale, au moyen de laquelle on a distribué des secours représentant une somme de la valeur pécuniaire de 60 millions de francs, doivent être considérés comme le produit légitime et spontané du caractère et des institutions nationales. Ces sommes presque incroyables versées entre les mains des collecteurs volontaires, ces millions d'objets, œuvre de femmes américaines, qui se dévouaient de tout leur cœur au soulagement des défenseurs de la République, sont pour nous d'irréfragables preuves de ce noble esprit d'individualisme qui a fait des Etats-Unis l'une des premières nations pour l'éducation populaire, pour les améliorations d'utilité publique, pour tout ce qui constitue la véritable

PUISSANCE DE L'LNIKATIVE PERSONNFXLE. 149

gloire d'un pays. C'est à ceUe initiative personnelle, c esta ce sentiment de confiance en soi-même qui ne requiert l'assistance d'aucun pouvoir extérieur pour concevoir des plans ou pour les réaliser, que nous attribuons les développements extraordinaires de la Commission. L'occasion lui était favorable, en tant qu'il existait un courant naturel de sympathies et d'affection entre le peuple et ce million de volontaires partis pour défendre tout ce qu'ils avaient de plus cher, la préservation de l'Union et de leurs institutions républicaines. Mais à ces sympathies il fallait ime direction appropriée, et, par-dessus tout, la capacité pratique pour diriger sagement ce grand élan national; et c'est ici que se montrèrent dans toute leur admirable énergie le bon sens si cultivé et l'étonnante présence d'es{Jkrit qui distinguent ce peuple et le mettent en état de se plier à toutes les circonstances. Du moment que la nation eut pris à cœur d'accomplir cette œuvre philanthropique, de longs préparatifs ni des expériences prolongées ne furent point nécessaires pour préparer les agents. Chacun, dans sa sphère d'action, offrit ses services. Aussitôt après avoir compris ce dont il s'agissait, le médecin, le légiste, le ministre, le négociant, l'étudiant, tous étaient prels, chacun voulait consacrer son temps et ses moyens à l'accomplissement de cette mission bénie. Les milliers de volontaires qui offraient leur concours furent joyeu-

sèment accueillis et placés sous la direction d'employés expérimentés dont le nombre n'excédait pas deux cents, et qui se trouvaient eux-mêmes sous le contrôle du comité exécutif. Avec ce personnel, restreint en apparence, ont été accomplies les grandes choses qui ont illustré le nom de la Commission sanitaire. On peut manifestement inférer que pour mener à bonne fin une œuvre semblable, il n'est pas besoin d'un nombreux et fastueux étatmajor. Avec une administration entendue, quelques hommes intell igents^ inspirés par un amour sincère de leur œuvre, peuvent accomplir des miracles qui, à première vue, sembleraient incroyables. Comme l'a si bien montré la Commission, distribuant indistinctement ses ressources aux amis et aux ennemis couchés côte à côte sur un lit de douleur, le sentiment d'humanité n'est arrêté par aucune frontière, et ne dépend point des conditions du climat. Il n'attend que l'occasion pour répandre ses bienfaits au près et au loin.

Il est à peine nécessaire d'insister sur l'opportunité et sur l'importance qu'il y aurait à établir des institutions de cette nature dans les divers pays de l'Europe. L'œuvre a déjà été inaugurée par l'initiative dévouée de la Société genevoise d'Utilité publique, qui doit son origine au zèle incessant de M. Henry Dunant, si bien secondé par M. Gustave

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