‹ La Commission sanitaire des États-UnisChapitre 56 sur 63 · ASSOCIATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

ASSOCIATIONS DIVERSES

encouragée par les bénédiclions de toute l'armce qui lui savait gré de sa iiiunificence et de sa libéralité, assistée par la coopération précieuse de toutes les autorités gouvernemenlalcs, la Commission sanitaire des États-Unis peut attendre avec une calme et sereine assurance le jugement que l'histoire impartiale prononcera sur son œuvre.

Outre la Commission sanitaire, il existe encore dans les Etats-Unis plusieurs autres sociétés qui s'occupent du bien-être du soldat et qui toutes ont leurs agents, leurs journaux, leurs budgets. Telle est la Western Saniiary Commission, que le général F rémont fonda dès les premiers jours de la guerre pour s'occuper spécialement des armées envoyées par les états de l'Ouest. Telle est aussi la Commission chrétienne^ qui travaille à la moralisation des troupes en répandant des livres et des brochures dans les camps, en ouvrant des cabinets de lecture gratuits dans toutes les villes de garnison, en abonnant les soldats aux journaux politiques et religieux.

Avant de clore cet exposé des réformes accomplies par la Commission sanitaire des Etats-Unis et de ses associations connexes, il n'est que juste de donner aussi quelques détails sur les travaux philanthropiques analogues entrepris dans les étals du Sud. Malheureusement les moyens d'information qui existaient autrefois entre les deux fractions de la com-

108 LA COMMISSION SANITAIRE DES ÉTATS-UiNIS.

miinaulé ayant été suspendus, il ne nous a pas élé possible d'avoir accès aux sources officielles. Nous avons dû nous borner à glaner çà et là quelques renseignements inléressants auprès de personnes dignes de foi.

Pendant les deux premières années de la guerre, les seules institutions du Sud fondées en faveur des combattants furent des associations isolées dans chaque ville et chaque district, connues sous le nom de Soldier'sAid-societies{soc\é[és pour l'assistance des soldats). Elles avaient été formées en toute hâte, au moment où les premiers volontaires quittèrent leurs foyers pour le théâtre de la guerre. Les premiers régiments comprenaient l'élite de la jeunesse, et nombre de soldats appartenaient aux familles les plus distinguées et les plus respectées du pays. Cette circonstance ne manqua pas de stimuler le zèle. Les contributions qui, au début, répondirent à l'éloquent appel adressé par les femmes du Sud, furent très-considérables, et provenaient de toutes les classes de la société. Mais le manque d'une organisation centrale et de direction se fit bientôt sentir. Les dons étaient de nature diverse et faisaient honneur aux petites associations qui les avaient généreusement envoyés; mais en beaucoup de cas, ils ne parvenaient ni aux compagnies ni aux régiments pour lesquels ils étaient destinés. Un très-grand nombre de caisses d'approvisionnements hospitaliers ou au-

ASSOCIATIONS SANITAIRES DU SUD. IGîi

très se perdirent, furent volés en route, ou se moisirent dans quelque gare, faute d'agents pour les soigner et les envolera destination. Plusieurs fois, ces articles furent expédiés sur des points menacés et Ton dut les détruire, afin d'empêcher qu'ils ne tombassent entre les mains des unionistes. Le coulage ei la déperdition qui résultaient à peu près inévitablement de cet état de choses démontrèrent, de la façon la plus concluante, la nécessité d'une centralisation des efforts.

Le cercle des opérations fut alors agrandi. Dans cliaque état on établit une organisation centrale qui fut mise en relation directe avec les groupes secondaires et qui reçut pour fonction spéciale de s'enquérir des besoins des soldats appartenante chaque état et de subvenir à leurs nécessités. Les traits généraux de ces associations étant à peu près les mêmes partout, une esquisse des opérations de l'association centrale de la Caroline du Sud pour l'assistance des soldats fera comprendre quel était leur mode d'action.

Cette société est composée d'hommes exemptés de la conscription militaire et jouissant de la plus haute influence, ministres de toute dénomination, professeurs, magistrats, avocats, médecins. Le comité exécutif est chargé de fonctions purement administratives. Il comprend les membres les plus zélés et les plus expérimentés qui sont chargés de solliciter

170 LA COMMISSIOiN SANITAIRE DES ÉTATS-UMS.

pour cette œuvre charitable l'aide el les conlributions des sociétés succursales. A Columbia, capitale de l'Elal, de grands magasins servent de dépôts pour les approvisionnements de l'association. Le couiilé central a sous ses ordres un certain nombre de courriers qui sont pour la plupart des hommes avancés en âge, ou des soldats invalides, et dont la fonction spéciale est de se mettre en communication avec les officiers commandant les troupes de la Caroline du Sud, et avec les agents des hôpitaux de campagne, de manière à distribuer, en prenant bien soin qu'ils ne s'égarent en route, tous les articles qui seraient requis. En cas de longues étapes, on envoie à la rencontre du régiment un courrier qui se charge des boîtes et paquets expédiés par les parents aux soldais de leur famille, etc., et que suit un fourgon d'approvisionnemenis et de cordiaux pour les hommes les plus fatigués.

C'est ainsi que sont distribués des couvertures, des souliers, des effets d'habillement, etc., à ceux qui en ont le plus besoin. La plupart des troupes de la Caroline du Sud stationnant en Virginie, l'association centrale a loué à Richmond un grand hôtel , connu sous le nom de a maison du bord de la route » [ivay-side home)^ où sont déposées de grandes quantités de provisions. A son arrivée aussi bien qu'à son retour, chaque soldat trouve gratuitement dans cette maison un lit et la nourriture,

Page 1