CONTROLE PER-OPÉRATOIRE DU RÉSULTAT
Le résultat anatomique conditionnant le résultat fonctionnel définitif, il est nécessaire d'être exigeant sur le degré d'élargissement de l'orifice mitral, qui doit atteindre environ 3 centimètres dans son grand axe. Pour juger du résultat, on pourra être utilement quidé par l'exploration digitale, l'auscultation directe sur le cœur, et par la manométrie auriculaire gauche.
A. - L'exploration digitale.
Elle précise les dimensions de l'orifice, et dans la majorité de nos cas, les comptes rendus opératoires révèlent que d'un diamètre antérieur d'une pulpe d'index, la commissurotomie a permis d'obtenir un diamètre de deux travers de doigt environ. Bien que l'appréciation des nouvelles dimensions de l'orifice soit difficile, l'impression purement digitale de l'opérateur est, en général, en parfait accord avec les données des pressions et avec la qualité des résultats éloignés.
L'index intra-auriculaire peut, par ailleurs, déceler après commissurotomie, comme avant, l'existence de reflux. C'est ainsi que 15 fois sur 160 cas, nous avons eu l'impression que l'intervention avait fait naître un reflux systolique soit dans 9 % des cas. Trois fois l'insuffisance mitrale était importante et le résultat médiocre, mais avec disparition des crises d'œdème aigu pulmonaire : dans ces trois cas, il s'agissait de forme souple, une fois la commissuro-
tomie avait été instrumentale, deux fois purement digitale. Dans les autres cas, un léger reflux n'a pas compromis le résultat.
Bi: D eultation cardiaque directe.
Elle n'apporte que des résultats fragmentaires, et il ne faudrait. pas en exagérer l'importance. Nous la pratiquons avec un stétoscope métallique stérile, que le chirurgien place au contact des diverses cavités. L'exiquité de la voie d'abord rend d'ailleurs difficile la mise en place exacte du sthétoscope. D'après notre expérience, c'est, en effet, à-la pointe du ventricule gauche qu'on entend le mieux le roulement qui va en diminuant d'intensité, en remontant vers l'anneau auriculaire. C'est à cet endroit, au contraire, que se perçoivent le mieux les souffles orificiels d'insutfisance mitrale ; c'est sur l'infundibulum pulmonaire que sont perçus les souffles d'insuffisance pulmonaire fonctionnelle. Compte tenu des circonstances opératoires, nous avons l'habitude d'ausculter de suite avant la cardiotomie, et immédiatement après la commissurotomie ; le roulement est le symptôme qui diminue le plus nettement et qui peut servir de guide. Une différence insuffisante demande en principe un geste plus efficace.