CHAPITRE IL
Antiquité et perpétuité de Capplication des principe* de ta
communauté.
L'homme ne saurait vivre seul, car vivre c'est penser et agir, dans toute )a plénitude de ces deux facultés protogénitrices des actes qui appartiennent en propre à l'être intelligent, et n'appartiennent qu'à lui. Or, l'homme seul ne penserait pas, puisqu'il n'aurait ni souvenir ni prévision : il n'agirait pas, puisque ses mouvements ne seraient que le résultat instantané de ses sensations actuelles. L'homme ne pouvant ni penser ni agir, ne serait plus qu'une modification homogénéitique, comme la brute, ou modification inintelligente; et, au lieu de penser et d'agir, il ne pourrait plus que sentir et se mouvoir.
L'homme ne pourrait même pas exister dans l'isolement; car, pour peu qu'on l'examine de près, on reconnaît bientôt qu'il lui serait impossible, dans un tel état, de satisfaire aux besoins essentiels à son organisme, et de se prémunir contre les influences physiques qui toutes tendent à sa conservation , modifiées par le concours, et qui presque toutes aussi tendraient à sa destruction si elles n'étaient modifiées de la sorte, ou maîtrisées par l'intelligence. L'homme doit donc à son contact perpétuel avec les autres modifications de son homogénéité non seulement l'exercice des facultés qui le distinguent
essentiellement de la brute, mais encore la conservation de sa propre existence.