‹ La Commune 1871: le coup d'état du 18 marsChapitre 4 sur 14 · DU 18 MARS AU 22 MAI · texte numérisé non relu

DU 18 MARS AU 22 MAI

I&o 18 Hars*

L'histoire ne manquera pas de faire remarquer que le premier jour de rinsurrection du 18 mars finit par Vexéeution des génénmx Clément Thomas et Leeomte. Mais l'observateur impartial qui a suivi, depuis le 18 mars joaqa'au 28 mai, Texplosion révolutionnaire dont nous allons montrer les péripétieS| doit pourtant constater qu entre le commencement et laitnde cette crise, il y a un abtme.

Comment ne pas être â»ppé de cette différence I Après le eataclisme de la semaine qu'on a justement appelée infernale, personne en France n'aurait osé élever la voix en likTear delà Commune; car ces souvenirs maudits, la terreur, le massacre des otages, rincendie et le projet d'anéantir

Parifl, d'où qu ils viennent, n'inspirant et ne peuvent ins« pirer qu'un seul aentiment, l'exécration 1

Mais la révolution du Comité central et de la Commune fat loin, il faut bien le reconnaître, de provoi^uer dans les premiers temps à Paris, cette répulsion universelle. Paris avait été si impitoyablement maltraité par le second empire; il avait tant souffert pendant rinvestissement que, dans son exaspération, il commença par laisser faire les chefs du mouvement, comme pour montrer aux hommes qui avaient conduit le siège, ce qu'il j avait d'incalculable puissance et d'invincible énergie dans cette cité qui avait, pendant près de cinq moiS| juré de se sauver et de sauver avec elle la France l

L'opinion que nous exprimons ici s'atteste d'ailleurs par une série de fiaits irrécusables etqne nos lecteurstrouveront dans le cours de ce récit. Nous ne mettons pas cette observation en avant pour approuver le mouvement du 18 mars, mais pour rendre hommage à la vérité et pour mettre en lumière la volte-face i{\xi se manifeste entre les premiers et les derniers actes de la Commune»

Quant à l'insurrection , en elle-même , il est certain qu'elle ne pouvait, en aucune façon, se justifier. Et, en effet, tout en admettant comme légitimes et profitables ft l'intérêt public les réclamations de la garde nationale, il est clair, à première vue, que ses agissements se poursuivaient de la ft^onlaplus irréguliôre et la plus préjudiciable à la régénération du pays. Si l'armée, la magistrature, les sociétés commerciales, Tindustrie, les associations ouvrières voulaient, chacune de son coté , se constituer en dehors de Tautorité souveraine, que deviendrait la République ? Ce serait le chaos !

Pas de société sans lois, et pas d*existence sociale pos^ sible sans Tobservation delaloi. Nous n'avons plus d*autre pierre angulaire pour nos institutipus que les principes suivants:

Le suffrage universel pour donner la majorité qui lait la loi;

Respect de la loi par la minorité, jusqu'à ce qu'elle devienne à son tour majorité.

Hors de ces deux principes» il n'y a qu'anarchie.

PariS) il faut bien le reconnaître, avait des ressentiments

profonds. Les folies de l'empire, les douleurs du siège, la honte delà défaite, las insolences de Tarméa prussienne, la maladresse du gouvernement, la misère des fianbourgs avaient porté à un si haut degré la colère du peuple qu'il

suffisait d'une étincelle pour faire éclater Tooragan.

L'entrée des Prussiens à Paris avait montré combien était vif, spontané, ardent, le patriotisme qui animait la garde

nationale. En une' nuit, Timpulsion donnée à la garde civique se communiquait à tous les bataillons. Mais, si le patriotisme sut se mettre en éveil, le bon sens sut aussi parler à cette armée intelligente, et, d'un jour à l'autre, chacun rentrait dans son domicile. Ces deux faits attestaient à la fois la vigilance et la sagesse que Ton pouvait attendre de cette grande armée de la garde nationale de Paris, et donnaient une importance considérable & tout ce qui se rattachait à cette ([uestion brûlante. Il fallait ménager cette force immense, et le gouvernement a montré qu'il était résolu à la braver.

Commençons par exposer ce qu'on appelait à Paris la Question des canons.

Sans s'inquiéter outre mesure, la population de Paris s'occupait toujours des armements que Montmartre, Belleville et quelques autres quartiers persistaient à conserver.

Les canons dont s'étaient emparés quelques gardes nationaux, la veille de Tentrée des Prussiens à Paris, étaient de ceux qui avaient été fabriqués pendant ie siège par l'industrie privée, au moyen de fonds provenant principalement des souscriptions particulières. Ce matériel avait été affecté à la garde nationale, formant un effectif de 350,000 hom«

mea, et ayant droit, par son nombre et d*«pr49 les r^ipports admis maintenant, à 875 pièces d'artillerie,

l^f^parUe 4^ e^ i^c^tériel temin^o ayai^ été Uvré^ à la garde nationale à diverses époques et réunie à FaTenue

de Wagram. II y avait le 28 février, sur ce point entouré de clôtures et gardé par la légion de la garde nationale, 245 pié<^ de Qanoa^

Toute rartillerie enlevée à ce parc fut transférée par \^ guides natioa^vg^ et autresi à Montmartre, à Montrouge, 1^ la plao«t des Voigea ou ailleurs.

Ces préliminaires du drame font surgir involontairement cette question >

€k>mment le gouverhemeRt oommit-il Fimprudence de laisjier ainsi à la merci do la garde nationale taui de forces de guepre ?

Comment laissa-t-U arriver à l'état aigu une situation r^uo son devoir lui commandait de counaître et 4'ajWÇr au ^liis vite ?

Nous posons ces points d^interrogation, parce (]u*i)s s'im-^

posent invûlontairomeat à tous les es|)rits. A çhî^cuii §4 rçs{»onsabilit6 devant i'iiistoire.

Cette, question nous conduit au pçiiit, yH d^ i^ di£&aulté. Si lea canons de la garde nationale sont 1&, parqués, gmMéa^

défendus pç^r des postes qui se renouvellent, il foi^t qu'il y ait quelque part une direction qui s'exerce iudépei^dan^r mentdd Vactiç^ gouye^neiQQiitftle; €ït c'eçt précUépiçfLt le périlleux état de choses créé ce.9 far^çreâfiôs ^(^rçt-! visées au centre de Paris.

Sous le coup de la poignante émotion de rçï^tréede*i Prussiens^ deux CoiQités s'étaiéAt inst^^t^néAieat çoQstitués, et tous deqx inspirés par une pensée unique, la d^^feuse do Paris et de la liépubiique. L'un de ces Con^ités s'a^)pclait le Comté central de ta fédéra^tm répahUcaim ; ra^tttrii CoxaUè central de la garde mtmç^le.,

Après le dôp^tfiesi PfttsaienSj les deux Comités ont coû-

œuvre qui ae taudMi h rien moini qn'h une paoPf anigation

dô la garde nationaio, en dehors des autorités actuellement çon9tUtté6«« U m^iii d'éï^oRm le progr^pimp ^t le but de , ces deux eçiitrei d'ft^UQA PQttP ea m^siir^p l'importonoe et

ÀTerti d« la mavehe des événemeats, le geuveraerneiii croit pouvoir dénouer les diMeultésenménagseaat lessitua*

tiens, tant du côté des batteries d'artillerie que du côté des Comités diieoteurs. Une note dvL Journal officiel a déclaré que le pouvoir mettait son honneur à fonder la République. Le g léral d'Aurelles de Paladines a fait la même profidssiou de foi dans une réunion des chefs de bataillons de la garde natioD^lef et le ministre de llatôrieur s'QSt ii)is en oommunication avec des men^bres des Oomités.

Mais ces déclarations passaient inaperçues dans les conseils des deux sooiétés do fédôratioa républioaine.

Les choses ont donc continué à suivre leur cours, et la situation est restée la môme. Les deux Comités ont môme bien ^ite aoquis plus de cohésion par la fusion réunissant les deux eentres d*aetion en une seule assoeiatioa, qui prit pour titre déilnitif ; La Fédération républicaine de la garde mHomle.

Les demandes que les deux Comités adressaient au ^en-*

vernement étaient réellement acceptables. Maïs le pouvoir devait agir promptement, franchement, sans détour, sans arrière-pensée, et le gouvernement, préoccupé autre part, do la grosse question de la conclusion de la paix, ne se doutait certainement pas de Timminence du péril. Il ne vit dans les menées de cas deux Comités que les eilbrts impuissants de ebefe subalternes de la démagogie révolutionnaire dont il se promettait bieu d'avoir facilement raî- SOB. Ma ^^ pour quiconque assistait à ces réunions de la

salle du Wanx hall qui comprenait au moins douse à quinze

cents délégués de la garde nationale, il était clair que le Comité central prenait de jour en j our un tel empire sur les bataillons qu'il en devenait manifestement l'Ame, et que^ par conséquent, le gouvernement^ en ne tenant compte que du Comité central, faisait absolument fausse route. C'est la garde nationale qu'il fallait ayoir en Tue, et, abandonnée à elle-même, la garde nationale se détachait du gouyernement qui se méûait d'elle pour s'unir au Comité central qui prenait si chaleureusement sa défense. La nomination du général d'Aurelles de Paladines n'avait fait que rendre plus hostiles les dispositions de Tarmée citoyenne. Lo commandement de Chanzy eût été accueilli avec enthousiasme. Gomment le gouyemement ne l'a^t-il pas compris?

Lo nuage qu'on aurait pu dissiper se chargea d'électricité et d'éclairs. Il devait éclater, et il éclata*

Dés le matin, on apprend que les quartiers occupés par les canons sont cernés par la troupe, et le même point d'interrogation surgit dans Tesprit do tout le monde ; Les soldats tireront-ils sur les gardes nationaux?

Sur tous les murs est affichée une proclamation signée de M. Thiers et de tous les ministres. En voici les deux paragraphes principaux :

« Des hommes qui vous ont causé déjà tant de mal, que

vous avez dispersés vous-mêmes au octobre, affichent la prétention de vous défendre contre les Prussiens qui n'ont fait que paraître dans vos murs, et dont ces désordres retardent le départ définitif, braquent des canons qui, s'ils faisaient feu, ne foudroieraient que vos maisons, vos enfants et vous-mêmes; enfin, compromettent la République au lieu de la défendre, car, s'U s'établissait dans l'opinion de la France que la République est la compagne nécessaire du désordre, la République serait perdue. I^e le crojez pas, et écoutes la vérité que nous yous disons en toute sincérité I

u Qae les bons eitoyens se séparent des maarais ; qu'ils

aident à la force publique au lieu de lui résister. Ils hâteront ainsi le retour de Taisance dans la cité , et rendront service à la République elle-mdme» que le désordre minerait dans Topinion do la, France. »

L'effet de la proclamation est excellent au centre de Pa* ris, mais il est absolument nul dans les faubourgs*

C'est du côté de Montmartre qu'eut lieu le point important de la lutte.

Là, yers six beutes, d*anciens sergents de yille costumés en gardes nationaux étaient parveinis à surprendre les détachements qui campaient sur la butte Montmartre et à s*emparer des parcs d'artillerie. A six heures et demie , trois coups de canon avaient été tirés à blanc aûD d'annoncer à la troupe que Ton pouvait venir chercher les canons.

Quelques-unes des pièces d^artiUerie auraient été bientôt

descendues. Mais des gardes nationaux du Comité central, suivis d'un grand nombre de femmes, sont arrivés et se sont opposés à renlèvement des canons, qu'ils entrepris et remontés à leur parc.

Yers neuf heures, la circulation est tout à coup interrompue, et des coups de feu se font entendre dans la direction du boulevard. La foule se replie, des femmes, des enfimis courent dans toutes les directions en s'écriant : « On vient de tuer des ofûciers et des gendarmes 1 s Peu d'instants après, un grand nombre de militaires descendent par la place Bréda en tenant la crosse de leur fusil en Tair. Parmi eux se trouvent une dizaine de gendarmes à pied et des soldats des 46*^ et 88« de ligne. La foule les presse de questions au sujet des coups de feu tirés près de la place Pigalle. Ils racontent que des gardes nationaux, accompagnés de soldats de la ligne portant la crosse en Tair, s'é» talent avancés malgré les injonctions du général Leeomte;

que eeltii'd âQfalt alors ûonné VotAtb anx géndannèR de

répousser les gardes nationaux; qu'un coup de fen avait été tiré sans qu^on sût au juste par qui ; que des gardes naiio-^ naui, desgéiidarmet et des soldats de la ligne ayaient^ km

moment donitu, tiré mutuellement les uns sur les autres; que les régimentâ de ligne avaient Uni par refuser de marcher contre la garde nationale et s'étaient débandés; que la cavalerie et rartillerie, ainsi que les gendarmes, ne se sentant plus appuyés, avaient dû, à leur tour, se replier; que la garde nationale était redevônue maltresse absolue de la position et avait reconquis les parcs d^artillerie dtt plateau.

Quelques militaires ajoutaient qu*un capitaine de chasseurs, un officier do la ligne ainsi que des gendarmes avaient été tués; que des gardes nationaux et des gendarmes avaient été blessés; enûn que le général Lecomte avait été enlevé de *son cheval par des gardes nationaux, puis conduit au Château-Rouge, où se réunissaient des commandants des bataillons de Montmartre et les membres du comité directeur de la butte. Des gardes républicains et des gendarmes, faits prisonniers, auraient été conduits également par les émeutiers au Ghàteau-Rouge,

Cette affaire de Montmartre a été le seul engagement de la jouraëei A Montrouge, à Believille, à Ménilmontantg la troupe a de bonne heure fraternisé avec la garde natiosalei

et à midi tout Paris apprenait que la résistance était impossible et que la garde nationale dissidente était maîtresse sur tous les points«

Le gouvernement essaye pourtant de lutter enooroi et la seconde proolamatioû qui suit est afûchée.

a On répand le bruit absurde que le gouvernoment pré» pare un coup d'État.

« Le gétttef iietnent de h République n^à st peut fttoir

d'fttttin but ^tie lé s^iUt dé là RépUbliquè. LèsttëMrdà

qu'il a prises étaient indispensables au maintien de Tordre ; il a voulu et il veut en finir avec un comité insurrectionnel dont lies l^émbi'es» {presque toUs itieonhad à la j^opulatidn, ne représentent qué les doctrines communistes et metti^éht Paris au pillacre et la France au tombeau, si la garde nationale et l'armée ne se levaient pour défeiidre d'un commun accûtrd Uel patt^ie et ik Répûbliqtle. %

Les accMitioiui de communisme et de pillage ne fisnt quMrrlter plus profondément la' garde fiaUonale qui sou*

tient le Comité»

bans là soiréCi le pouToir sé partagé en deux moitiés* Une partie du gouvernement est restée à ^aris ei une autre

s*est rendue à Versailles pour être près de l'Assemblée et pouvoir prendre toutes les mesures nécessitées par les événements.

Les ministres restes à Paris lancent une troisième et dernière proclamation à la garde nationale de Paris, signée de M. E. Picard et du général d'Àurelles de Paladines» Ën - voici quelqnès paragraphes :

« Le gouvernement vous appelle à défendre votre cîté^^ vos fojers, vos familles, vos propriétés.

« Si vous n'étouffez pas la sédition dans son {{erDdd, t'éà eâl fidt de lA République pebl-étre de là Fra&tôél !>

Ce dernier appel ne trouve pas plus d'écho que lés deux

premiers, et les événemonts prennent une tournure telle qu'il est manifeste que rinsurrection est n»altresse de Paris.

Dans la soirée circule un bnnt sinistre et la noUveîto est partout confirmée. Le général LecomtCi fait prisonnier le

AKItai, M le paétdX Cliémeni Thximsâ, lAitètâ ^ là ^tie

nationale, ont été fasiQés à Montmartre, dans on jardin,

rue des Rosiers.

Raooatoxis ces deux abominables exécutions.

Dans la journée, le général Clément Thomas avait appris que le général Lecomto avait été saisi par les insurgés ; il voulut se mettre à sa recherche. G*est ainsi qu'il arriva» vers cinq heures da soir, sur la place Pigalle. Il était en habits bourgeois : pantalon gris, redingote noire et chapeaa de forme haute.

Un des fédérés, Tayant reconnu à sa grande barbe blanche, alla droit à lui et lui dit :

*— N'êtes -vous pas le général Clément Thomas?

— Non, — fut-il répondu tout d'abord .

— Je ne crois cependant pas me tromper, — reprit le fédéré ; — • vous êtes bien reconnaîssable à votre barbe.

— Eh bien! quand ce serait moi — riposta résolument Tex-générai, ^ est-ce que je n'ai pas toujours fait mon devoir?

— Vous n'êtes qu'un misérable et un traître, lui dit alors son interlocuteur en saisissant le vieillard au collet.

Aussitôt survinrent d'autres individus qui entraînèrent le général dans la direction de la me des Rosiers.

Le sort de 1 infortuné Clément Thomas fut décidé séance tenante.

Le groupe chargé de Texécution le mena dans le jardin de la maison.

Ce jardinet, qui a la forme d'un carré long, est coupé par de petites platesp-bandes bordées de buis, comme on en peut voir dans beaucoup de maisonnettes de Montmartre.

Quand nous l'avons visitée, cette pauvre motte de terre était toute piétînée et les bordures de buis retombaient sur les minces allées foulées aux pieds.

Le jardin est clos par deux murs tapissés d'espalier.s. Du côté de l'un de ces murs s'élèvent deux pêchers^ et, détail rappant, ces pêchers étaient, le 18 mars, tout en âeurs. C'est sous ces arbres aux senteurs pénétrantes, que les

deux généranx ont été fasillés. Ici les Tengeances de

rhomme , là Tinaltérable douceur de la nature I Ce fut Clément Thomas qui fut amené lé premier. Dans cette heure horrible et suprême, le vieux général

fit preuve de la plus horoïque fermeté d'âme.

lise tint debout, faisant face aux exécuteurs et tenant son chapeau à la main.

Les exécuteurs tirèrent l'un après Fautre.

A chaque balle reçue, le corps de la victime était agité

d'un tre^saillemert coiivulsif, mais restait ferme en place comme une statue.

Après le quatorzième coup de fusil, le général Clément Thomas était toujours debout , reg:ardaut fixement ses . exécuteurs, et tenant encore son chapeau.

Enfin, une quinzième balle, qui Fatteignit an-dessous de ïœil droit, le Ht tomber.

L'autre victime fat ensuite amenée.

Le général Lecomte était Tun de nos plus jeunes généraux. Au dùbut de la guerre il était encore colonel et venait de commander en second Técole de la Flèche. Il joi« gnait à une grande bravoure une science profonde sur la littérature ancienne et sur la numismatique. C'était l'un de nos plus ardents et plus intelligents coUectionoeurs de livres rares. Rien n'égalait son désintéressement.

Quel lues mois avant sa mort, après Champigny, voulant faire décorer l'un de ses officiers d'ordonnance qui l'avait du reste bien mérité, et ne voulant pas outrepasser le nom« bre des propositions déjà faites, il fit retirer la sienne qui le nommait grand officier. Il resta commandeur, mais son ofâcier d'ordonnance fut chevalier.

Le général Lecomte fut brutalement amené après Texécutionde Clément Thomas.

II était trôs-pâle. Ses bras étaient à demi croisés sur sa poitrine, — Ha fait entendre à peine quelques mots de , protestation.

Cenx qui ramenaient et qui devaient le fusiUdr étaient les soldats du 88'' de ligue.

~ A ion tottr^ lui crlôreUt-ils; ear o'eât toi qUî nous as donné Tordre de tirer sur le peuple.

Un instant après, le générai Lecomte était passé par les armesi

Les exécuteurs ûtaiont au nombre de treize ou quatorze, dix militairôs et trois ou quatre gardes nationaux. Les militaires ont tiré sur le général Lecomte et les gardes natio* naux sur Clément Thomas.

Tel est ce drame, qui a produit dans tout le pajs un saisissement d'effroi.

Il n'y il eu qu'une voix en France pour flétrir une exécution qu'uue proclamation du Comité centrai appela « criminelle» »

Telle fut cette journée du IS mars, journéo terrible qui pèsera douloureusement sur notre histoire. L'observateur impartial qui interroge tons ces événements Néfastes « arrive dans sa eoneluâion à condamner, en bas comme en haut, l'affreuse politique quia été suivie; en bas, parce que toute insurrection, sous le régime du suffrage universel» est un crime; en haut, parce que le gouvernéitient n'a pas stt prévoir la catastrophe et n'a rien lait pour en détourner les formidables conséquences.

A la iû de cette journeé, Paris s'est trôlivé forcément

placé en face de deux pouvoirs, le pouvoir légal qui s'était retiré à Versailles avec TAssemblée nationale, et le pou-* voir de la Commune qui prenait en mains à rHôtei dé Villé le gouvernement de la capitale.

Kous allons les voir tous les deu:^ à Toduvre*

PkRis. — Le 19 mars est un dimanbhe. Pârîs s'éveiiié eli p<Miit millé qui^iiond ^ôi|[hahtél. Quel eili le èéni exdtetv ^ttlèllé ést là poVUé tde élstté joàrnéét Qûé Vettt cÂ

Comité central que le flot révolutionnaire fait montfer à lHôtel de ville ? Quels sont les hoiiimes qui le ci(>hi]^oâent?

Bu l^i?éselice à'îin'é j^ërs^èètiTé si t'M'ébIrenise, là t^6|)ulà^ tien, tout en redoutant lo terrible inconnu qu'offre le problème posé à l'Hôtel de ville, blâme unanimement là conduite te&ué pir le ^buvé^etnébt. Oâ sé âemâtidé be ^ii'biki fait et ce que vont ffidre les représentants et leé inair^tl db Paris.

Les dépiités et lés mâités de Parié sdnt réutiis àla mairie du débtiômeàrrolidiss«méiiiiioto aélibéfer sdrlàéitûatibli;

Déjà, la veille, dix membres de la réunion, M\î. Pejrat, Yaciierot, Tirard, Tolain, Milliêre, députés de Paris; Bonvalet, Mottu^ Hérisson, YaUirin, Mélind, takUten et ibdjoi&ts, s'étaiëht rehdii^, à là Ûh de là jôurhée, vehs é)i toilreft, auprès de M. Jules Favre, au ministère dés affaires étrangôn^Sy pour lui soumettre lés propositions qu'ils jugeaient les plilë procréé a déilbuer les difficùltéé si gi'àVisft ïîUi Tenaient do se produire. Ces mesures étaient les suivahteé:

1** La nomination de M, Laiiglois comme général com* tiaiiiidant éU chef de la gardé nationale ;

M. Edinbiid Adati & la préfectul*é de police;

3° M. Boriari à la tnairie de Paris;

4^ Le général Billot, membre dé TAsséiiiblée nationale, cdmiiiandâht l'Arméé dé Pàris.

>»L Jules Favre répoudil qu'il allnit soumettre au gou- ^ vetnement ces propositioûs; Sur cotte déclaration, les délégués l^tdiirnérént h k ilààiirie du dëiiiiénié àrr&ndissemeîit, où M. Jules Ferry leur ât parvenir une lettro dans la^ltiëttë il

déclarait qa*il abandonnait l'Hôtel de ville et qu^il remettait

ses pouvoirs entre les mains des maires élus.

Avons-nous besoin d'ajouter que cette premiôre démarche des représentants officiels de la députation et des monicipalités parisiennes eut le sort de tontes celles que nons yer^ rons se succéder à Versailles pendant deux mois ? Dès le premier jour» le gouvernement était résolu k ne voir» dans le mouvement du 18 mars» qu^une insurrection dont il devait

triompher à tout prix.

Le Comité centrai ne recule pas devant la lutte. Deux proclamations» sorties de l'imprimerie nationale» sont affichées. Ces deux documents, lus avec avidité, paraissent presque contradictoires. En les lisant, chacun sent que le Comité est loin de représenter une seule pensée et une seule action.

L'une de ces proclamations, adressée aux gardes nationaux de Paris» leur annonce que le mandat du Comité est expiré et que le Comité le rapporte, car il ne prétend pas prendre la place de ceux que le souffle populaire vient de renverser. Cette phrase donnerait à penser que le Comité ne veut absolument pas prendre en main le gouvernement de la République» et qu'il s'en tient à son progranmie, qui consiste, comme nous l'avons dit, en ces deux points: Organisation indépendante de la garde nationale et de la municipalité parisienne par Télection. Tant de bruit pour si peu de chose!

Mais, d'un autre côté, le Comité fait acte de gouvernement en levant Tétat de siège» en convoquant les électeurs pour Télection du conseil communal et en prenant possession de tous les services publics. Que veut donc le Comité ?

Ces deux proclamations sont signées des noms suivants : Assi» Billioray» Ferrât» Babick» Édouard Moreau, C. Dupont, Varlîn, Boursier, Mortier, Gouhier, Lavalette, Fr. Jourde, Rousseau, Ch. Lullier, Blanchet, J. Groilard, Barroud» H. Géresme» Fabre» Pougeret» Bouit» Viard, Ant. Arnaud.

ui^u\^cù by Googi

Ce sont les membres du Comité central. Trois seulement sont connus. Assî, pour sa participation aux affaires du

Creuzot; Ch. Lullier, pour ses démêlés avec les Cassagnac, et Yarlin, pour sa coopération à V Internationale.

YBRSàUiLBS* — Le contre-coup des événements de Paris produisit dans toute la France une impression douloureuse

et profonde. On se demanda ce que pouvait vouloir ce Paris qu'on Tenait d'admirer et qui avait, en réalité, sauvé Thonneur du pays perdu par Tempire.

Versailles fut en proie à une agitation inexprimable. L'action du gouvernement, les conciliabules des différents partis qui composent rAssemblée, la retraite de l'armée, l'arrivée des fuyards de Paris^ tout se réunissait pour fàire de la ville de Louis XIV, ordinairement si paisible, une capitale improvisée, malheureusement trop étroite pour les caravanes qui abandonnaient Paris pour lui demander un refuge.

Un des premiers soins du gouvernemeut fut d'interrompre, par la rupture des fis télégraphiques, toute communication électrique entre Paris et les départements.

Le 19 mars au matin, M. Tbiers envoyait une circulaire à toutes les autorités, dans les départements, pour leur annoncer que le gouvernement tout entier était réuni à Versailles, et que TAssemblée s'y réunissait également avec le pouvoir exécutif.

L'armée, au nombre de 40,000 hommes, s'y était concentrée en bon ordre, sous le commandement du général Vinoy. Les abords de la ville étaioiit occupés par des mitrailleuses. Toutes les autorités, tous les cheù de l'armée y étaient réunis.

Les autorités civiles et militaires ne devaient exécuter d'autres ordres que ceux du gouvernement légal résidant à Versailles, sous peine d'être considérées comme en état de forfaiture.

Un décret, daté du 19 mars, nommait l'amiral Saisset commandant en chef des gardes nationales de la Seine. ,

Ën apprénâtil <Sètte hôminàiiah, èliaetin se àUâii intolôn-

taîrement : Si le gouvernement devait céder sur ce point,

pourquoi nVt*ilfait cette concession que trop tard?

Paris. — Le Comité central a pris en main tous les «ervices : la préfactore de poliee, confiée au commandant DuTal ; le ministdre de rintérieur, confié au délé^é Gré-

lier; la télût^raphie, confiée au citoyen L. Combatif.

Une nouvelle proclamation^ trôs-longue^ du Comité centml| est affichée. Ce document» entre autree explications sur les antécédents et Taction exercée par le Comité^ con* tient, touchant l'exécution des généraux Lecomte et Clément Thomas, une déclaration trôs^explicite.

(( D'ahord, nous le disons avec indignation : la boue sanii giante dont on essaie de fiétrir notre honneur est une n ignoble infamie* Jamais un hrrôt d*exécation h*a été « signé par nous; jamais la garde nationale n'a pris part à u rexécutiôn d'un crime. »

Cettô protestation produit une impression favorable. Mais on se demande ce qu'on peut attendre d*uh Comité dont les ^oiiToiri në sont |»aâ l^est^éètéd dé ceux qui lui obéissènt.

Vkrsaillks. — Le matin, plus de 300 déptîtés se réunissent dans la salle des conférences. Quelq^ies membres tou-* draient que Ton profitât de Toccasion pour déclarer que rAsëemblée l^era constituante. D'autres voudraient quo

Ton se transférât immédiatement à Tours»

Là véritable aâaïuie ft été onTerte à deux heures et ddinie» sous la présidence de M» Qrévy, qui atout d'abord dëltfàtidé

la parole!

a U&nàém, ik'i4i dit, il séttUait 4Uë M mttlhékiM dè la

paU*iè ëtàîêflt épùim. Il n'en ëst l'Iéh. tJdè cf^ifbiHélle in^

Burrection ftg^iâve encore notre situation si terrible. Un goûTernelneilt factieux s'est insUUô & THôtel de tille. Quô la Franod reste oalnié, rangée atitour de ses élus. Quoi q\i*bû fasse, cette fois, la force postera au droit. L'Assemblée saura se faire respecter, et, grâce à sou énergie, elle réussira à fonder la République, que ceS criminels insurgés eompromettent. »

Ces paroles reçoivent une vive approbation de la part de rÀssemblée.

Après ce discours, M. Jules de Lasteyrie demande la nomination d'une commission de quinze membres qui soutiendra le gouyernement dans toutes les mesures à prendre.

M. Picard, ayant accepté la proposition au nom du gouyernement» elle est votée à Tunanimité*

A ia reprise de la séance, M. Tirard, représentant de Paris et maire du deuxième arrondissement, demande la parole et soumet la Chambre les propositions dont quelques-uns de ses collègues et lui se sont oharg^és d'être les organes»

Aussitôt une protestation s'élève contre toute espèce de transaction avec le gouvernement rebelle. Cettâ ]^rotestatioti est faite par M. E. Picard.

Le 21 mars.

PAiitSi — Uil avis du Comité déclaré que « les âtitorités

« ré[>iiblicaines veulent faire respecter la liberté de la « presse, ainsi que toutes les autres. » La déclaration est précise^ ComméM alofel se faitril qu*elle ait été démentie par les MUf Le matin , le Figaro éi le QùnMft n*otit pas paru

palfce qUèj la veille, les bureaux de ces journaux, envahis

par des détachementi éê gardes nationaux^ ont apposé lës

£st-ce ainsi que (( les autorités républicaines entendent faire respecter la liberté de la presse ? n Respecter la liberté de la presse, ce n'est point respecter la liberté de ses amis,

c'est respecter la liberté de ses adversaires. Puisque le Comité prétend avoir la force, comment a-Ml autorisé ou souffert un acte en contradiction absolue avec les principes dont il se prétend le défenseur? Le Comité s'est ainsi, du premier coup, placé, comme conception de la liberté, au niveau de M* le général Yinoy. ,

Notons encore une autre déclaration du Comité qui mérite d'être signalée. Le Comité déclare qu'il est décidé à reconnaître et Ti faire respecte? les préliminaires de paix, tels qu'ils ont été acceptés par FAssemblée nationale.

Et cette déclaration importante se trouve confirmée, sons une autre forme, par le délégué du Comité au ministère do l'intérieur, le citoyen Grélier, qui annonce, dans le Journal affieiel de la Commune^ qu'il est décidé à respecter les eon-

ditions de la paix. * '

Seulement, il lui paraît de toute justice que les auteurs de la guerre mandite dont nous souffrons subissent la plus grande partie de l'indemnité imposée par nos impitoyables

vainqueurs.

Toutefois, nous devons constater que le mouvement unanime de Topinion, dans ces premières journées, emportait

les esprits vers les idées de conciliation et d'apaisement. Chacun reste convamcu que c'est l'idée d'une transaction qu'il doit défendre, encourager et faire adopter par le gouvernement.

Et en effet , une proclamation aliichée partout apprend à la population les résolutions prises par les députés et les maires de Paris.

Ces deux mesures que les représentants de Paris vont proposer immédiatement à l'Assemblée sont : Télection de tous les chefs de la garde nationale et rétablissement d'un conseil municipal élu par les citoyens.

Cette affiche est lue par tous avec une satisfaction

TÎsibld, et chacun se dit : C'est le dénoûment le plus heureux qui paitfse terminer cette crise effroyable 1

NotonsavaiiL de connaître le vote de TAssemblée un fait important delà journée du 21. Unemauifeiitatiou imposante des amis de Tordre a eu lieu. Une foule immense, composée de gardes nationaux, a parcouru tout Paris en criant : Vive Tordre 1 Yive la République !

Tous les citoyens formant le cortège portent des fayeurs bleues à la boutonnière, ils marchent sans armes et engagent tous les amis de Tordre a les suivre.

Ce sont des négociants en partie, qui protestent contre Tusurpation de l'Hâtel de Tille et surtout contre le Comité central.

La maaifeàtationapourbutde rétablir M. Desmarest dans ses fonctions.

Les gardes nationaux du 144* se groupent à Tentrie de

la mairie; à leur tete se trouve un délégué du Comité.

Un lieutenant du 144® répond aux cris de la manifestation en exhibant une lettre du Comité invitant M. Desmarest à revenir se mettre à la téte de son arrondissement.

Cette lettre est datée deTHotel de ville, deux heures et demie.

Quatre des manifestants, parmi lesquels se trouve M. de

Coêtlogon, se rendent au domieile de M, Desmarest, qu'ils ne rencontrent pas.

Les cris de: Yive Tordre! Vive la République! Vive TAssembléé nationale 1 sont prononcés avec enthousiasme.

La manifestation a failli aboutir à une collision, en rencontrant une esconade de gardes nationaux qui conduisait^ * boulevard Sébastopol, un troupeau de moutons,

Versailles. — Dans la jséance du 21, M, Picard, ministre de rintérieur, annonce pour le lendemain la présentation d'un projet de loi ayant pour but de procéder à Télection

des conseils municipaux sur toute la surface de la France. (Applaudissements.)

Lé tuitiistre Aunènce 4}Ue , da i^èsle, V&Nm rè^né éélUn

tous les dé;)artemoiits, qui tous adhèrent h rAssomblée.

Le rapporteur de la commission nommée sur la proposition dë M. de Lastejt*ie la la parole pour fiilre KM^nnaliihé la prbdatktutfon préparée par ttUe.

L'Assemblée, appôléeà voter sur les termeé de Cette proclamation, Tadopte à Tunanimité.

tt Finançais , pour ftl'îre aprtel & vos coaraj^eà, poU!» f éclamer de vous une énergii^uo assistance, Voé représentants sont unanimes. Tous à Tenvi, sans dissidencè» nous vons adjaronÉ de Votks sérrer étroitement antottlr de eétte Assemblée, voire âme, votre iiiiuge, votre espoir, votre unîf^ue salut.

u Vite 1& France ï »

M. Peyrat demande vainement à l'Assemblée qu*èlle ajoute à sa proclamation : Vive la République I La Chambre i*epoudsé la deâiande dtt représëntaht de là gatiche, len {[irôV^èqdant ainsi àiiioii en ja^tiBattt, lA récHknination dé tons les d; mocrcites qui lui reprochent de vouloir renverser le gouvernement républicain.

Xi« 89 manu

PkTùA% ^ Uuo pensée domiâd Inanifestemétit Topittien,

oèlledu rapt^tH[>chcmcnt qui peut se faire entre le gouvernement et le Comité central.

A oè sujets nous dévons raconter Ici ce tjai s^est passé entre les représentants et les maires de Paris, d'un côté, et le Comité central, de Tautre.

Bans ce but, les réunions des réprésentants et déi» iâaîres se inultfplient. Dans tin ûeé nombreut conseils tenui^ k la mairie du deuxième arrondissement, M. Clémenceau a été d'avis qu'au pointoùles chosesenétaientarrivées, alors que des paroles de conciliation avaient été éntendttes pÉlt Vki*

8«ihbiéé natioAalei et qu'un ]»rojet dans ce séns letir avait été pôHé, il fallait éviter de rien faire qui pût compromettre cette conciliation.

L'opiaion de M% Olémenceaa a prévala, et on s^est séparé après avoir adopté les termes de la déclaration qui met le public au courant du vote d'urgence de rAssemblée bur lo projet des élections du conseil municipal de Paris, et qui demande à la garde nationale d*écarter toute cause de con* liit en attendant la décision de rAssemblée nationale.

Mais au fur et à mesure que nous avançons, cette œuvre de cohcUiatton Semble devenir de plus en plus diiûcile.

Le Journal offîciet de Paris publie le matin un avertissement, qui est une menace pour la liberté do la presse. L'avertissement dit, en effet, qu'une répression sévère sera la conséquence « de tels attentats », c*est*à-dire la déda* ration de la presse, signée de vingt-huit journaux et engageant les électeurs à ne pas tenir compte de la convocation pour le 22, s'ils continuent à se produire.

Cet avertissement u d'une répression sévère » est de nature à montrer quo la liberté de la presse sera tout entière entre les mains du Comité centraL

Les c\ ônemcnts se précipitent . Une proclamation *du Comité central, sans tenir aucun compte des efforts tentés pour nne oeuvre de conciliation, annonce les élections corn* munales de Parispôur le 24 mars.

COxMITÉ CENTKAL.

Le Comité central, n*ajant pu établir und entente parfaite avec les maires, se voit forcé de procéder aux élections sans leur concours.

En conséquence, le Comité arrête :

P Les élections se feront dans chaque arrondissement

par les soins d*une eofnmSssidn éléôtorale nommée a cet effet plur le Comité eeiittral ;

29 Les électeurs de la Tille de Paris sont oonvoqnés ,

vendredi 2i mars 1871, dans leurs collèges électoraux, à reffet d'ôlire le Conseil communal de Paris ;

3" Le vote ee fera au scrutin de liste et par arrondissement ;

4^ Le nombre des conseillers est fixé à 90, soit un pour 20,000 habitants et par fraction de plus de 10,000 ;

Ds sont répartis diaprés la population, ainsi qu'il suit :

Nombre

AmndiBBementi» Population, de conseillen*

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