TEND
Est-ce assez d'impudence , et n'y avait-il pas là de quoi faire comprendre à M* Thiers qu'en tournant le dos à la démocratie , il noua faisait retomber dans les ornières do
Le dd avril
Paris. — La Commune institue une délégation scientifique, qui est confiée au citoyen PariseL Un arrôté du
délégué scientifique ordonne aux détenteurs de produits chimiques et do pétrole d'en faire immédiatement la déclaration à rHôtel des traraux publicSi rue Saint-Dominique. Cette réquisition de pétrole et de produits chimiques,
([ui doit avoir plus tard une si grande action sur les derniers éYônements de la Commune, passe tout d'abord inapersne.
Ybrsaillbs. — L'Assemblée, comme le gouvernement,
continue à repousser toute proposition qui intéresse la situation de Paris. M. Jean Brunet ajant demandé à interpeller M. Tbiers suc la conduite qu'il se proposait de tenir à Tégard de Paris, la proposition, renvoyée à trois jours p^ir M. Ernest Picard, a été renvu/ée à un mois sur la demande de M. Baze*
I<ed8aTrlU
Paris.-*- La Commune, qui a touche à tout sans rien organiser à iond, supprime les notaires, les huissiers, les commissaires-priseu», les agréés, et prend des mesures pour les remplacer par des fonctionnaires qui recevront on traitement ûxe.
Il est à remarquer qu'on décret aussi important n'était précédé d'aucun expo£é des motifs.
Versailles.— «. Le gouvernement et l'Assemblée se préoccapent de la situation des choses à Paris, et particulièrement de TarcheTéque de Paris. Ce prélat et M. Dcguerrj ont écrit à M. Thiers pour le prier de démentir le fait des fusillades que la Commune reprochait aux soldats de Versailles. M. Thiers a répondu que les faits articulés étaient absolument faux , et il a exprimé son étonnement de voir un prélat aussi distingué se laisser aller au moindre doute à cet égard.
Le M awU.
Paris.*— Plus les événements se pressent, et plus la
Commune montre qu'elle résistera jusfj[u*au bout. On arrête les citoyens q,ui refusent le service, on les désarme, on arrête de nonreanx otages, on fait des visites domiciliaires pour rechercher les gardes nationaux qui font partie des bataillons de marche.
£t la lutte continue sans interruption. Deux nouveaux combats acharnés viennent d'avoir lieu à Neuîllj et & Asniôres. Le général Dombrowski , qui conimaiide de ce côté, n'a pu empêcher Tarmée de Versailles de s'emparer du château de Bécon.
Dans Paris, les visites domiciliaires continuent.
M. Pilotell s'est présenté chez M. Polo, directeur do VÉcl^my qu'il a conduit en prison, après s'être emparé de Fargent en caisse.
Il s est éi^alcment présenté chez madame Chaude j et u opéré la saisie de ÔOO francs, qu'il a emportés aprôs avoir donné un reçu.
M. Polo a été mis en liberté, et le Réveil du peuple annonce que M. Pilotell a été destitué à la suite de Tarresta-
tion illégale dont il s'càL rendu coupable sur la personne de M* Polo. Mais c'est bien eu pareil cas qu'U serait préférable de pr^yeoir, pour ne pas avoir À réprimer.
Malgré le Tote de la Commune qui maintient les élections du 16, le citoyen Rogeard et Félix Pyat ont domié leup déiiii80loii.Mai8 le oitoyen Félix Pjat sur Tayta formel de divers groupes d'électeurs et de citoyennes du dixième arrondissement, déclare quil restera à son poste» ao^iiao membre de la Commune.
Versailles. — La durée et racliamement de la lutte exaspèrent la population , qui manifeste à l'arrivée des prisonniers les sentiments les plus hostiles. Les prisonniers
sont également traités par le gouvernement avec une rigueur extrême. Ces nouvelles arrivent à Paris, et sèment pm^mi les bataillons de violents sentiments de haine et de vengeance.
Aux remparts, on raconte ces mauvais traitements et les fédérés se disent : « C'est encore pis qu'en juin 1848 1 Le gé*
néral Cavaignac avait fait du moins une proclamation dans laquelle il disait : « Que mon nom reste maudit, si je devais a yoir en vous d'autres hommes que des frères égarés I p
Les délégations se succèdent toujours auprès du gouvernement. Après celle de Lyon , viennent celles de Marseille et du Havre. Les délégués du Havre n'ont pn voir M. Thiers tout occupé des opérations militaires ; maïs les délégués de Marseille ont pu exposer à M. Thiçrs le but de leur misiion*
Avons-nous besoin d'ajouter que ces délégués n'ont emporté de Yersailles d'autres réponses que gelles que noua avoni déjà enregistrées; Atroce politique que celle qui ne connaît q,m la çri barbare : Malheur ^nx v^inaus I
I«e M avril
Paris. — Le grand événement du jour est rarmistice â^un jour conclu entra le0 deux armées pour nviiaill^ Neuillj et pour donner à la population le temps de démé^ nager.
Partout des détails navrants» lei, ce sont des ea&nti
malades et qu^on n'a pu soigner; ailleurs, une &mnie est
devenue folle d'épouvante, et il a fallu garder cette malheureuse d^nsuae cavô) au milieud^enfants tremblant de peur.
A cinq heures du soir» TaTonue était encore pleine de voitures, Taniciâté était des plus vives. On s'est empressé de gagner au plus vite Paris et les postes de ^'arniée d# Y§V' sailleSy et la canonnade a recommencé.
Tons ceux qui ont Mt ee triste pèlerinage renennent ie cœur navré. Les obus de Versailles ont fait de NeuiJly ae que les Prussien^ ont fait de Saint- Cioud.
Versailles. — La grande préoccupation du mpndc poli*» tique, à Versailles, est maintenant Télection de^ conseils municipaux. La loi est votée et le jour des éleotions est fixé au 30 avril. Chacun des membres de ht majorité se donne rendez'^'vous à cette grande journée eu disant ; a Vous aUe;s voir avec quelle écrasante majorité ce serattu populaire va frapper tout ce qui s'appelle Commune et République 1 n
Le 2ô avril.
Paris. ~ C'est la journée des manifestes et des manifes*
tations.
Manifeste des délégués de Lyon qui approuve, encourage et jn8tiÛ6 la politique et les tentatives de conoiliation.
Manifeate nn peu nnageiix de M. Victor Considérant qui propose un moyen d'arriver à la pacliication générale eu vingt-quatre heures.
Manifeste de M. Cii. Besiay qni demande à M. Tbiers de donner sa démission pour rendre l'œuvre de conciliation plus facile.
Manifestation de la franc-maçonnerie qui s'est produite ayeoane solennité imposante et qae les membresde la Commune ont accueillie à THotel de ville avec les démonstrations les plus chaleureuses.
Le cortège delà manifestation maçonniqnea trayersé en-* snite tout Paris pour aller planter la bannière de Fassociation sur les remparts. La Laine bleue du. drapeau a donc flotté sur les fortiflcations, et deux membres sont partis en délégation ponr Versailles; mais les francs-maçons n*ont pas obtenu plus de concessions que les associations de citoyens, les maires et les représentants de Paris et des départements»
Versailles. — Toujours mômes dispositions à Té^^ard do Paris. C*est la guerre qui est Valpha et Voméga de toute la politique.
Trois nouvelles divisions sont arrivées : la première sous les ordres du général Douajr, venant d'Auxerre; la seconde sous les ordres du général Clincbant, venant de Cambrai; 1a troisième venant de Cherbourg. Ces trois divisions porteut reffectif de Tarmée à 142,000 hommes.
Les attaques sont incessantes jour et nuit, et c'est toqjours le fort dlssy d'un cdté et Nenillj de l'autre qui restent les objectifis principaux du plan d'attaque.