‹ La Commune a Lyon en 1870 et 1871Chapitre 14 sur 77 · LYON CONTRE PARIS · texte numérisé non relu

LYON CONTRE PARIS

laisser après lui ni une afTection, ni un regret. La République le remplace. C'était de droit.

Le Courrier de Lt^ou, passant de Tadiilation à l'injure par un brusque coup de barre, semblait vouloir faire oublier un passé de servilité :

L'aventure du second Empire est terminée, écrivait son rédacteur en clief, M. A. Jouve. 11 s'est effondré sous le coup de ses propres erreurs, et par suite d'une guerre mal conçue, mal préparée, mal menée, et dans la conduite de laquelle ont été accumulées fautes sur fautes, dont les principales doivent être attribuées à rtiomme qui fut empereur et qui s'est, jusqu'au dernier moment, obstiné à peser de tout le poids de son faste, de ses irrésolutions et de sa présomptueuse incapacité sur les opérations militaires. Assez sur ce régime, qui déjà n'appartient plus qu'au domaine de l'histoire. La l{épubli([ue est proclamée. En présence d'une dynastie ([ui s'engloutit dans l'abîme, il faut bien reconnaître qu'elle est une nécessité.

Le général Espivent de la Villeboisnet, tout en consignant les troupes et en gardant l'attitude réservée que lui commandaient les circonstances, avait envoyé un de ses officiers au Comitéde Salutpublic pour nouer de bons rap-

ports entre l'autorité militaire et la nouvelle autorité civile.

Cette autorité nouvelle, devant laquelle chacun semble s'incliner, c'est la Commune.

Elle ne sera proclamée à Paris que six mois plus tard; mais, à Lyon, dès le 4 septembre, c'est la Commune qui gouverne. Quand elle devra bientôt se retirer, en maugréant, devant un Conseil municipal élu, elle se réfugiera dans les Comités révolutionnaires, d'où elle menacera le représentant du pouvoir central, provoquera des prises d'armes et, en des retours éphémères, apparaîtra de nouveau à l'hôtel de ville, sans avoir besoin d'y rapporter son drapeau, qui n'aura pas cessé d'y délier les couleurs nationales.

Son esprit lui survivra d'ailleurs dans la majorité du Conseil municipal. Elle peut, dès le 4 septembre, s'approprier cette déclaration de principes qu'on liia le 19 avril 1871 au Jownal Officiel de la Commune de Paris : « La Commune est le pouvoir unique ; son autonomie est absolue; elle vote le budget communal; elle

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