‹ La Commune a Lyon en 1870 et 1871Chapitre 39 sur 77 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

« FLÎSILr.EZ-MOI CES f.EXS-LA ... — CARAYON-LATOUR Eï LES MOBILES DE LA GIRONDE

Parmi les troupes qui séjournèrent ù Lyon ou dans la banlieue, il faut, k raison crincidents qui émurent l'opinion, rappeler le bataillon des mobiles de la Gironde, commandé par M. de Carayon-Latour.

Cantonné provisoirement à Vénissieux, dont la municipalité, à l'exemple de celle de Lyon, avait arboré le drapeau rouge, le commandant de Carayon-Latour, dès son arrivée dans celle commune, faisait abattre ce drapeau par ses bommes sous les yeux du maire courroucé.

A ce crime de lèse-majesté, les Girondins avaient-ils ajouté quelques menus faits de maraude ou quelques excès de galanterie ? Carayon dit « non » ; le maire de Vénissieux dit u oui h. Toujours est-il que le premier ma-

gislrat de la commune adressa au préfet un rapport fulgurant, où il dépeignait le commandant Carayon et ses mobiles sous les traits d'aventuriers, vivant à Vénissieux comme en pays conquis, et ne respectant ni les femmes, ni les poulaillers, ni la République.

Challemel partagea l'indignation du maire, et transmit le rapport au général commandant la division, avec cette annotation tracée d'une plume irréfléchie : «■ Fusillez-moi tous ces gens-là! »

Fort heureusement le général Bressoles connaissait l'humeur de Challemel pour l'avoir éprouvée lui-même; il ne prit pas au tragique son annotation. Les mobiles d'ailleurs partaient quelques jours après pour l'armée de l'Est, où ils se comportaient vaillamment.

Deux années s'étaient écoulées; devenus collègues à l'Assemblée nationale, Challemel y représentait les Bouches-du-Khône, et Carayon la Gironde.

Le 30 janvier 1873, Challemel-Lacour fît ses débuts à la tribune dans la discussion du rap-

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