‹ La Commune a Lyon en 1870 et 1871Chapitre 51 sur 77 · DÉMISSION DE CHALLEMEL-LACOUR · texte numérisé non relu

DÉMISSION DE CHALLEMEL-LACOUR

mieux que moi soit à maintenir Tordre, soit h galvaniser les lâches, soit à mater la réaction, soit à s'associer, à épurer, à mettre en œuvre les éléments révolutionnaires.

Cliallemel-Lacoiir jugeait sainemenlles sentiments qu'il ins|)irait à ses adminisli'és. 11 quitta Lyon sans laisser dans aucun parti les regrets qui Tcussent accompagné sans doute si l'obstacle d'un tempérament irritable et d'une santé ébranlée, en le rendant inaccessible aux conseils, et impatient de toute contradiction, ne l'eût isolé dans sa préfecture et ne l'eût empêclié de se faire mieux connaître. Littérateur, artiste, bomme d'es|U'it et d'imagination, il n'eut pas les qualités de calme, d'ordre et d'équilibre nécessaires à un administrateur. Parmi tous les préfets de cette époque, il eut plus qu'aucun autre le mérite d'avoir donné une vigoureuse impulsion à la défense nationale ; il put s'honorer d'avoir traversé des jours difficiles sans avoir eu recours à des répressions sanglantes ; mais il n'eutpasla satisfaction d'avoir rétabli le respect des lois et l'autorité du pouvoir central,

et quand il quitta l'iiôtel de ville, s'il jeta un dernier regard vers le beffroi du vieux palais qui durant cinq mois avait abrité ses veilles souvent troublées, il y put voir flotter encore ce drapeau rouge dont il avait dit qu'il était <( un défi à la République et au bon sens ».

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