‹ La Commune a Lyon en 1870 et 1871Chapitre 52 sur 77 · LES ÉLECTIONS DU 8 FÉVRIER · texte numérisé non relu

LES ÉLECTIONS DU 8 FÉVRIER

Au moment de remettre à Emmanuel Ara2:o le portefeuille de Tlntérieur et par décret daté du 4 février, Gambetta lit un heureux choix en donnant poursuccesseurà Challemel-Lacour, Edmond Valenlin, ancien préfet de Strasbourg, qui nous arrivait précédé d'une glorieuse légende de patriotisme et de courage.

Valentin avait d'ailleurs été désigné à Gambetta par Challemel-Lacour lui-même qui lui avait télégraphié le 2 février : « J'ai sous la main l'homme qu'il me faut pour préfet du Rhône; Valentin, le préfet de Strasbourg, est ici; il déjeune avec moi. Envoyez-lui télégraphiquement sa nomination. 11 accepte. »

Né à Strasbourg en 1853, Edmond Valentin, sorti du rang, était sous-lieutenant aux chasseurs à pied, quand, en 1850, ses compatriotes,

les élecleurs du Bas-Khin, l'envoyèrent siéger à l'Assemblée législative. Après le coup d'Etal, il se réfugia en Angleterre et devint professeur à rÉcole d'Artillerie de ^^'ool\vich. A peine rentré en France, il fut nommé, le 5 septembre, préfet du Bas-Rhin.

C'était pendant les jours héroïques du siège de Strasbourg; Valentin, pour se rendre à son poste, traversa les lignes ennemies et pénétra dans la place en franchissant à la nage, sous le feu de l'ennemi, la rivière l'IU et le fossé des fortifications. Emmené en Allemagne après la capitulation de Strasbourg, il sortait des casemates de la forteresse d'Ehrenbreitstein quand il fut nommé préfet du Rhône.

il n'a jamais songé à tirer vanité de ce passé; il était intrépide avec simplicité; il n'avait ni la liante culture, ni hi supériorité intellectuelle de son prédécesseur; mais sa nature loyale et bonne, sa figure ouverte, son regard franc, sa rude et sincère poignée de main lui conciliaient les sympathies; il fut pour moi un véritable ami.

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